Depuis quelques jours, les médias français font un battage inouï autour d’un livre qui sortira le 7 octobre prochain.

Le très sérieux  « NOUVEL OBS » en  a publié ce qu’il est convenu d’appeler les bonnes feuilles.

En même temps, les journaux people s’intéressent aussi à ce fameux livre. CLOSER et VSD et PURE PEOPLE en parlent.

Les journaux étrangers ne sont pas en reste et en font toute une tartine !

Il s’agit finalement de quoi ? D’un livre  signé  un certain Jamal DATI, dont la seule vertu est d’être le frère cadet de Rachida DATI. Signé seulement, car en fait il a été rédigé par  le journaliste Xavier Bénéroso.

Pourqoui alors tout ce ramdam?

Rappelons-nous, d’un coté, nous avons Rachida Dati, la beurette qui a réussi et a été ministre de la justice, actuelle députée européenne, qui a des visées très nettes sur la mairie de Paris !

rachida_dati

De l’autre, nous trouvons Jamal Dati, le beur qui a raté le coche, qui a mal tourné et qui a fini en taule pour trafic de drogue !

dati frere

Donc tous les ingrédients d’un mauvais drame socio-familial, qui remet les choses en place.

Dans ce livre, le petit voyou règles ses comptes avec sa sœur qui a brillamment réussi !

Qu’y apprend-on ? Des bêtises et des banalités  qui n’intéressent personne mais que les médias présentent comme  les scoops du siècle !

Pour lier la sauce médiatique, on y ajoute des pneus crevé, un avocat viré, des regrets…TOUT pour  que l’on parle de ce “livre”!

Décidément l’édition française est tombée bien bas et la presse de pays n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était !

P.S. 1 : Rachida Dati affiche sa volonté de briguer la mairie de Paris. Pour l’arrêter, certains ne reculeront devant rien.

P.S. 2 : Pour ceux que ce genre de “littérature” intéresse, le livre est question est édité par Calman-Lévy sous le titre “A l’ombre de Rachida”.

16 Comments on CE LIVRE QUE JE NE LIRAI SUREMENT PAS

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  3. richard says:

    Notre socièté est ainsi faite que beaucoup sont fascinés par la vie des stars et le goût des petits potins……… de plus ,en les humanisant avec des défauts et des difficultés cela rassure

    ……en se penchant sur le passé on se rend compte que cela n’est finalement pas si nouveau …..avec une touche d’humour on pourrait je crois ecrire qu’il y avait “du people” chez Homère : les dieux de l’Olympe y étalaient bien leurs histoires de famille….celles que nous lisons avec tant de bonheur!!!!!!

  4. aïsha q. says:

    Je pense que la littérature (française, je précise!) n’a jamais autant barboté au fond des caniveaux.
    Si les dieux de l’Olympe se nourissaient d’ambroisie et de nectar, les dieux de l’édition se nourissent de fange et de sordides réglements de comptes qui sont à la littérature ce que jamal dati est aux divinités de l’Olympe.

  5. too banal says:

    Le jour où la tour Eifel aura des couilles, Dati deviendra mairesse de Bariz !
    ça vole vraiment pas haut la rentrée littéraire!

  6. hmida says:

    @ too banal

    La politique étant ce qu’elle est, il n’est pas illusoire d’imaginer Dati à la t^te de mairie de Paris. Qui aurait pensé qu’elle serait ministre de la justice?

    Mais on peut imaginer toutes les peaux de bananes qu’on lui glissera et qu’on a commencé à lui glisser allègrement sous ses jolis talons-aiguilles!

    @ aicha et @ too banal

    En effet, la rentrée littéraire n’est pas fameuse..Mais sur les 700 titres proposés se ne seront les plus médiatisés qui seront les meilleurs!

    @ Richard

    Sauf que Homère avait bien plus de talent littéraire que les “nègres” actuels qui prêtent leurs claviers à n’importe qui pour raconter n’importe quoi n’importe comment.

  7. richard says:

    @hmida,entièrement d’accord avec toi…c’était juste un clin d’oeil !

    @ aïscha votre commentaire à partir de mon clin d’oeil est un pur délice de finesse intellectuelle …bravo

  8. aïsha q. says:

    Merci Richard (et en même temps, désolée!!), je suis une grande amoureuse des Belles Lettres. J’aime passionément la littérature française (la plus belle manière dit-on de connaître un peuple, son histoire, ses mentalités…) mais je suis navrée de la voir elle aussi, sacrifiée aux dieux du temple.

  9. MG says:

    Impossible de placer une réponse pour ton article:les lettres persanes, alors je met mon commentaire ici !:

    Au delà du coté anéctodique et moralisateur des lettres persanes, Montesquieu l’auteur visait la critique de la société dans laquelle il vivait pour dénoncer habilement ( censure oblige) la dictature, l’injustice et l’asservissement d’un peuple maintenu dans l’ignorance.
    Maintenant que les lumières sont faites ( tout du moins en occident), le champs reste ouvert pour des lettres modernes pour dénoncer l’ordre nouveau maquillé de démocratie mais combien porteur d’injustices et d’aliénation de l’homme et de son environnement.

  10. Le Penseur says:

    @ richard, #3
    @ hmida, #6

    Vous voulez parler de Homère Simpson ?
    Merci de préciser.

    @Aïsha q.
    J’ai cherché le clin d’oeil de richard, je l’

  11. Le Penseur says:

    @Aïsha q.

    J’ai cherché le clin d’oeil de richard, je ne l’ai pas trouvé.
    Peut être qu’il a ouvert l’oeil entre temps.

  12. hmida says:

    @ Le Penseur

    Richard étant un visiteur,un commentateur et même un invité de cet espace, je peux dire qu’il ne se référait certainement pas à Homère Simpson!

    Pas plus que moi-même je n’ ai pensé à ce personnage!

    Mais…. chacun sa culture!

  13. aïsha q. says:

    Le Penseur, c’est que tu dois lire en diagonale…ou les yeux fermés!

  14. demosthene says:

    Et bien moi je l’ai lu ce bouquin, et je trouve surprenant que vous en parliez de cette façon sans l’avoir fait vous même…
    Bref, cela n’a jamais eu pour ambition d’être de la “littérature” et cela ne vise manifestement aucun prix littérraire…
    Pour autant, ne doit on publier qu’un certain type de bouqins? Calmann-Levy n’est pas, à ce que je sache, une maison qui publie des torchons.
    On découvre dans ce livre des choses que l’on ne trouve nulle part ailleurs, en plus ça ne parle que très peu de RD. En revanche, on y apprend la drogue, la prison, les manoeuvres “politiques” sordides pour faire taire des journalistes, des avocats…
    Alors ce n’est pas de la littérrature, mais ça nous en apprend un rayon sur notre société et sur nos moeurs politiques…
    En cela, ce livre mérite largement d’être lu avant d’être critiqué sans savoir…
    Incroyable!

  15. Houcine says:

    S´exprimer et écrire pendant les années de plom,

    Ben Slimane gouverneur à Tanger, Oufkir grand Wazir à Rabat!

    Le général Benslimane intègre les forces armées royales depuis sa formation à l’Ecole Saint-Cyr. Il est nommé commandant de la compagnie mobile d’intervention (CMI) en 1965 (émeutes tragiques de Casablanca), puis à partir de 1967, directeur général adjoint de la Sûreté nationale avant d’occuper les fonctions de gouverneur de Tanger, Kenitra puis de Meknès.

    1- Les malheuras de Skhirat!

    Au lendemain du coup d’État contre Hassan II, il est promu commandant de la Gendarmerie, poste qu’il occupe toujours aujourd’hui.

    2- Le sort des policiers de l´esprit marocain!

    Après le suicide d´Oufkir en honneur de son Führer, plus tard, le nom du général Hosni Benslimane apparaît dans une liste de 44 personnes accusées de torture. Cette accusation est basée sur des témoignages de plusieurs victimes des Années de plomb.

    3- Réclamations francaises

    En 2006 Patrick Ramaël, chargé de l’affaire Mehdi Ben Barka, a délivré une commission rogatoire pour entendre au Maroc le général Hosni Benslimane dans le cadre de l’enquête sur la disparition de l’opposant marocain. Les autorités marocaines affirment ne pas avoir reçu d’informations de leurs homologues français! Le 22 octobre 2007, le meme juge fait savoir au cours de la visite du président français, Nicolas Sarkozy, qu’il a délivré des mandats d’arrêt internationaux contre cinq Marocains. Parmi les personnes visées figurent deux personnalités du régime marocain. L’une est ce général, actuel chef de la Gendarmerie, l’autre est le général Abdelhak Kadiri, inspecteur général des armées après avoir été très longtemps à la tête de la Direction générale des études et de la documentation (DGED) -, principal service de renseignement. La justice marocaine n’a pas reçu ces mandats qui ont été bloqués au niveau du ministère de la justice française, jusqu’au 1er octobre 2009, date à laquelle ils ont été transmis à l’Interpol. Mais moins de 24 heures après, ils ont été retirés pour insuffisance de renseignements; d’après le parquet de Paris!

    4- d´où lui vient cetter immunité?

    Hosni est le neveu d´Abdelkrim Al Khatib et proche parenté de Mohamed Saâd Hassar et Moulay Ismaïl Alaoui. Il est aussi le neveu de Fatmi benslimane, Président du Conseil du trône en 1955. Sa fille est mariée a Hassan Karim Lamrani fils du tout puissant premier ministre Mohammed Karim Lamrani.

    À Morocco, tout est un héritage! L´ignorance et la misère aussi__

  16. Houcine says:

    @Demosthene

    Pour comprendre le passé de toute une génération marocaine qui a craché trop de sang, je ne peux que me référer au comportement des bourreaux, vus et décrits par un de leurs collègues militaires.

    (Mahjoub Tobji),

    Des mémoires maroco-marocaines à la réminiscence approximative, des regards d’outre-mer à l’approche distante laborieusement élaborée; des bonnes feuilles de presse diligemment livrées; nous sont régulièrement administrés. C’est notre passé récent et notre vécu présent qui nous tombent sur la tête.

    Devant ce déballage en avalanche éditoriale, on écarquille des yeux à la lecture, on tend l’oreille aux commentaires. Des fois on en revient; des fois à peine; des fois pas du tout.

    Les derniers habitués des librairies qui n’ont pas perdu le réflexe acquis du compagnonnage livresque et les internautes qui vont à la pêche des mises en bouche avant parution, viennent d’être sollicités par le livre de Mahjoub Tobji: Les Officiers de Sa Majesté, publié chez Fayard et mis en vente depuis le 13 septembre 2006. Sur le coup, on hésite entre le livre de plus et le livre en plus. Et puis, avant même d’y entrer, on se dit, quelle que soit l’appréciation sur ce nouveau-né, ou les précédents et les avenants, c’est bien qu’il en soit ainsi.

    1- Hosni Benslimane

    Il fut un temps très proche où, pour écrire sur la dynastie alaouite séculaire et sa succession de monarques, il fallait attendre qu’il y ait prescription historique. Le temps que des historiens d’une énième génération s’emparent, enfin, d’une époque devenue quasi-archéologique et nous parlent de Hassan II comme s’ils nous contaient Moulay Ismaïl, ou, mieux encore, Mehdi Ben Toumert. Évidemment que nous ne serions plus là pour les lire; mais leurs écrits n’auraient aucun impact immédiatement opératoire sur notre continuum actuel. C’est tout l’intérêt, a priori, du livre de Mahjoub Tobji. Nul doute qu’il aura du succès parce qu’il est édité à Paris et parce que le Maroc est devenu vendeur, depuis quelque temps, sur ce registre de littérature. Mais, au-delà, voilà un officier à la retraite qui nous prend par la main et nous fait voyager à l’intérieur de l’armée. C’est une première en son genre. Un tabou est tombé; un autre verrou est levé; la citadelle hermétique complètement insonorisée renvoie, désormais, des échos de son for intérieur.

    2- Abdelhak Kadiri

    C’est cela, aussi, la marque d’une nouvelle manière d’être d’une nation qui n’a plus peur de s’introspecter, y compris sous des angles jadis considérés potentiellement dangereux et strictement interdits au grand public. Il y a comme un processus immunitaire qui s’enclenche, lentement mais sûrement.

    3- Mahjoub Tobji,

    né le 2 mars 1944 à Meknès, est militaire de carrière. L’appel des armes, il y a succombé très jeune, à l’Académie de Meknès pour sa formation d’officier. Après, son parcours a balancé entre deux pôles, la pratique de la guerre au front et non pas dans une sinécure d’arrière ligne; et la connaissance des grands képis d’état-major.

    Deux expériences aussi rudes l’une que l’autre. C’est dans ses souvenirs et jugements sur ces deux extrémités de son itinéraire d’officier que Mahjoub Tobji nous invite à le suivre dans une narration forcément subjective. On le suit volontiers, au regard de son livret militaire, qui le crédite de son intégration dans la Garde royale de 1972 à 1978, de l’équipée élogieuse du Golan en 1973; de la guerre du Sahara, qui ne dit pas son nom, entre 1978 et 1983; et de son titre d’aide de camp de deux grands “patrons” de l’armée marocaine, les généraux Sefrioui et Dlimi. Jusqu’à la mort problématique de ce dernier, un 23 janvier 1983.

    4- Abdelaziz Bennani

    Par rapport à une rentrée politique à peine meublée par le renouvellement du tiers-sortant d’une deuxième Chambre menacée d’euthanasie, le livre de Mahjoub Tobji a fait l’événement. La question légitime que l’on se pose, en le feuilletant, est toute simple: qu’est-ce qu’il nous apporte de plus que ce que nous savions déjà, sans jamais avoir été écrit? Et on part à la découverte de réponses décoiffantes et de révélations inédites.

    L’armée marocaine, nous dit-il, est sous la coupe d’une caste de gradés qui sont autant de businessmen de haut vol, avec ou sans uniforme. Sur ce chapitre, le commandant Tobji -c’est son grade inchangé et on y reviendra- n’y va pas de main morte. «La prévarication de nombreux généraux et officiers supérieurs marocains est si connue que la presse satirique a même parlé de “généraux de haute mer”, en raison du grand nombre de bateaux de pêche que d’aucuns possédaient»; écrit-il. Pour un scoop qui se voulait fracassant, c’est plutôt raté. Sur ce type de prévarications dénoncées, la presse, pas spécialement satirique, a ratissé plus large en direction des fermes agricoles et des carrières de sable du domaine public généreusement cédées à la nomenklatura militaire. La même presse a même fait état d’une circulaire confidentielle enjoignant aux heureux bénéficiaires étoilés de se débarrasser de leurs chalutiers par trop voyants, même à ciel couvert dans une mer démontée.

    5- Ahmed Dlimi et Driss Basri.

    Dans «cette clique de ripoux et d’incapables», telle qu’elle est littéralement persiflée et pourfendue par Mahjoub Tobji, deux généraux, et pas des moindres, en prennent pour leurs grades: Hosni Benslimane et Abdelaziz Bennani, respectivement commandant de la Gendarmerie royale et inspecteur général des FAR (Forces armées royales) tout en continuant à assurer le commandement de la zone sud, dont fait partie le Sahara marocain. Inversons l’ordre de haine préférentielle, et commençons par le second. Le général Bennani est qualifié de trafiquant de tout ce qui bouge sous couvert militaire, dans le grand Sud marocain. «Il a son dû, écrit-il, sur tout camion franchissant le fameux mur du Sahara, y compris le transit et le commerce de chameaux». Mais la palme revient à la cible préférée de Mahjoub Tobji, celle qui parcourt tout le livre, le général Hosni Benslimane, abondamment cité et richement décrit. Il ne le rend pas seulement responsable, mais grand ordonnateur de tous les maux qui minent l’armée marocaine, et, pire encore, de tous les dérapages programmés des services sécuritaires. Réel détenteur du pouvoir, d’après lui, sans jamais se mettre en avant, Hosni Benslimane est systématiquement diabolisé.
    Une véritable fixation. Pour l’illustration, à ce sujet, par “des morceaux choisis”, il n’y a que l’embarras du choix. Exemples: «Ceux qui le connaissent bien disent de lui que c’est un individu tellement gluant, qu’il est insaisissable, un homme sans foi ni loi qui a depuis belle lurette remisé au placard ses principes et son courage, et vendu son âme au diable par amour du pouvoir». Et d’ajouter, comme pour enfoncer le clou, «une méchanceté foncière et peu de compétences militaires». En somme, une attaque frontale qui sent à plein nez le règlement de compte. À distance. Et ce n’est pas fini, Hosni Benslimane est accusé d’avoir organisé la distribution de bidons d’essence à des pyromanes embrigadés pour attiser la révolte populaire à Fès, en décembre 1990. Là, comme pour tous les anathèmes à l’encontre du général, Mahjoub Tobji pousse le bouchon trop loin. L’abattage fixatoire atteint des limites peu crédibles, même si l’auteur appelle à la rescousse l’AMDH (Association marocaine des droits de l’Homme) pour accréditer l’implication de Hosni Benslimane dans le fonctionnement et la pérennisation du terrible bagne de Tazmamart.
    Au fil des pérégrinations mnémoniques de Mahjoub Tobji, on en arrive à se demander quel traitement il va réserver à des personnages tels Ahmed Dlimi, Hamidou Laânigri, ou Driss Basri. Va-t-il au moins nous éclairer, par des faits jamais avoués, sur les véritables circonstances de la mort “accidentelle” du Général Dlimi? Tout laissait croire qu’il allait cracher le morceau. Et pourtant, rien! Même s’il en a été le plus proche; même s’il a été l’un des derniers à le voir pour des consignes de service; même s’il a été mis au secret pendant vingt mois après la disparition du général Dlimi; même s’il a été, par la suite, maintenu au grade de commandant pendant vingt-deux ans, alors que d’anciens subalternes, sous ses ordres, ont été faits, entre temps, généraux. Ce n’est pas pour autant qu’il ménage le général Dlimi, qu’il qualifie de «fêtard invétéré», entre autres amabilités. Pourquoi les colonels Ben Athmane, Khamlichi, Taj, Abrouk, Oualit, Haïk et lui-même, sont-ils passés à la trappe? Mahjoub Tobji n’en souffle mot. Pourquoi dit-il trop, par-ci, par-là, sans dire assez, alors que l’on sent qu’il en sait plus qu’il ne dit? Le général Dlimi n’était-il pas, par exemple, sur le point de “tenter sa chance” par une tentative de putsch, après celles de juillet 1971 et août 1972? Avec qui il devait être de mèche dans les milieux militaires et civils? Là aussi, Mahjoub Tobji est muet comme une carpe. En passant en revue tous ces pontes de l’armée et de la sécurité, Mahjoub Tobji revient constamment à son point de mire, Hosni Benslimane. Les généraux Abdelhak Kadiri et Hamidou Laânigri, ainsi que Driss Basri, tous auraient été instrumentalisés par Hosni Benslimane. Ce dernier, dit-il, «est resté constamment dans l’ombre, manipulant tout un chacun… ». C’est à croire que tous ces gardiens du temple étatique n’ont ni ressorts nerveux, ni un tant soit peu de quant à soi.

    À ceci près qu’un zeste, savamment dosé, de sympathie envers Driss Basri exfiltre au travers de plusieurs passages. C’est ainsi que Hosni Benslimane a laissé «Driss Basri occuper le devant de la scène et jouer les boucs émissaires en étant la cible de toutes les critiques».

    Mahjoub Tobji a servi au Sahara marocain, pour la défense d’une partie intégrante du territoire national. Il peut se prévaloir de faits d’armes reconnus. Depuis son premier départ en France en 1984, son retour en 1985 et son exil volontaire depuis 2002, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Lui soutient que c’est plutôt beaucoup de trafic «d’alcool, de corruption et de prostitution» qui ont inondé le Sahara marocain. Il dit aussi qu’il y a eu utilisation «de basses méthodes de police pour tenter d’acheter les populations sahraouies». Il relate également des faits de guerre pure où l’aviation marocaine a mitraillé soldats nationaux et séparatistes du Polisario encadrés par des commissaires algériens. Il dénonce, enfin, le peu de cas réservé à nos militaires tombés sur le champ d’honneur ou faits prisonniers et embastillés à Tindouf. Et de finir par cette conclusion aux allures “d’adieu aux armes”: «Le climat de ni guerre ni paix qui prévaut au Sahara n’a servi que les intérêts d’une poignée de généraux et de colonels algériens et marocains… On a assez dit que la sécurité militaire algérienne était le véritable détenteur du pouvoir à Alger; on n’a malheureusement pas mesuré à quel point la monarchie marocaine est démunie face à sa propre hiérarchie militaire». Ces déductions, qui transpirent l’amertume, peuvent être sujet à débat tant qu’elles se réfèrent aux hommes. Mais pas au territoire. À ce niveau, on ne fait pas que friser l’inadmissible, on y est. Surtout de la part d’un militaire__