Il serait presque devenu un parti “laic”.
Maniant le paradoxe, toujours avec sa lourdeur habituelle, Lahcen Daoudi, le numéro 2 du Parti de la Justice et du Développement, affirme la chose et son contraire dans un entretien accordé au quotidien « Aujourd’hui le Maroc » du vendredi 16 février 2007.
Deux volets dans cette interview : politique et religieux.
Comme toujours, Lachen Daoudi s’est emmêlé les pédales en parlant de politique.
A propos des déclarations de son patron Abdelilah Benkirane à l’encontre du ministre de la Culture, notre ami Daoudi s’en tire par une vague pirouette en utilisant l’argument traditionnel des PJDistes qui consiste à affirmer que « si l’on prend ces déclarations de manière isolée, on peut les interpréter d’une certaine façon ». Il ne dément rien, ne confirme rien, pour avoir dans tous les cas de figure une marge de manœuvre suffisante.
En ce qui concerne les événements de Fez (selon le PJD, tentative d’agression contre Benkirane), la même tactique est reprise : « Evènement à caractère local sans répercussion nationale ». Il sauvegarde ainsi la possibilité d’un éventuel et hypothétique rapprochement avec le Parti de l’Istiqlal.
A la question de savoir quels seraient les portefeuilles ministériels qui intéresseraient le PJD en cas de participation au gouvernement, Daoudi utilise là une formule d’une profondeur sidérale : « quand la médiocrité plane à l’horizontale, elle finit par s’imposer à l’horizontale ». Sans apporter le moindre début de réponse.
Pas plus qu’il n’apporte de réponse en ce qui concerne les possibilités d’alliance avec d’autres formations affirmant de manière péremptoire que « son parti ne forcera la main à personne ». Comme j’ai un respect infini pour les femmes, je n’ai pas saisi pourquoi il a parlé à ce sujet de « vieille fille ». Mais Daouidi ne doit pas avoir beaucoup de respect pour LA femme en général.
A propos du découpage électoral, Daouidi semble oublier – de manière totalement démagogique – que dans tous les pays du monde, même les plus démocratiques, le découpage électoral relève des prérogatives du gouvernement car aucun découpage ne satisferait l’ensemble des partis politiques en compétition.
Quand il a abordé l’aspect religieux, sa confusion a été encore plus manifeste. Pour peu, il affirmerait que le PJD prône la laïcité.
A l’instar de Jean-Marie Le Pen qui veut devenir « fréquentable » à l’approche des échéances électorales, Lahcen Daoudi affirme que « l’islam n’a jamais été une dominante dans le programme de son parti ». Bizarre, tous les marocains avaient cru comprendre que depuis la création du PJD, l’important pour Saad Allah Othmani et ses compagnons étaient « le référentiel islamique » (même pas musulman, non ISLAMIQUE ).
Il déclare aussi qu’un marocain de confession juive peut adhérer à ce parti et qu’il avait vérifié qu’en 2002 des nationaux de cette confession avaient voté pour des candidats PJD. Nos compatriotes de confession juive ne sont sûrement pas des masochistes.
Lahcen Daoudi, quand il avance qu’un imam n’a pas le droit d’adhérer au PJD provoque plusieurs remarques :
- Le PJD est un parti anti-démocratique et qu’il sélectionne ses adhérents. – Monsieur Daoudi se moque de nous.
Lahcen Daouidi affirme bien par ailleurs « c’est bien pour cela que nous sommes restés un PETIT groupe pour BIEN MAITRISER nos troupes ». Cela donne froid dans le dos et rappelle certaines pratiques utilisées par les partis qui ont connu jadis leur heure de gloire.
Mais le comble est atteint par ce responsable politique quand il aborde les liens du PJD avec le MUR : « la vérité est que chacune des structures travaille indépendamment de l’autre » ! Soit, sauf que les personnes qui forment l’une et l’autre structures sont les mêmes, pas vrai, ya Si Daouidi ?
A la fin de l’interview, nous n’en savons beaucoup sur le programme de gouvernement du PJD, sur ses orientations, ses priorités, ses coûts. Mais à cela, nous y étions habitués.
