Un jeu qui montre comment on a été formaté!
Depuis que je « blogue », j’ai toujours essayé de ne pas dévoiler ma personnalité.
Mon pseudonyme « Citoyenhmida » m’oblige à ne laisser filtrer que ma « citoyenneté ». Bien que parfois, mon égo prenant le dessus, je me laisse aller mais dans des rubriques dont l’intitulé est explicite, comme « Je me lâche… » ou bien « Personnel, mais…. ».
J’ai découvert récemment ce petit jeu, appelé « Questionnaire de Procuste ». Intrigué par le nom de Procuste, personnage mythologique symbole de conformisme et de l’uniformisation – en termes modernes du formatage intellectuel – je me suis décidé à y jouer et à répondre aux questions prévues.
Sauf que le nombre choisi pour les réponses possibles – QUATRE – me semble totalement irraisonnable.
Pourquoi les « quatre » livres de notre enfance ? On devrait parler DU SEUL livre de notre enfance, celui qui nous a ouvert la voie de la lecture, les autres ont simplement suivi.
Pourquoi les « quatre » auteurs que je lirai et je relirai encore ? Ou alors les « quatre » auteurs que je ne relirai jamais ? Chaque semaine de nouveau auteurs apparaissent sur les étagères des librairies. Certains marqueront leur temps, d’autres disparaîtront après une semaine. D’aucuns auront un succès immérité et un certain nombre ne sera reconnu qu’à titre posthume. Les livres – malgré les critiques littéraires – ont une vie bien à eux, qui dépend en grande partie des lecteurs.
Mais bon, après tout, ce n’est qu’un jeu et la période s’y prêtant, je me jette à l’eau et je réponds à ce fameux questionnaire. Mais c’est un jeu qui va montrer comment j’ai été “formaté pour devenir ce que ce qu’est devenu “Citoyenhmida”.
1/ Les quatre livres de mon enfance :
• Les albums de « Tintin » et « Spirou » et auparavant…… MICKEY (j’avais même une carte de membre avec une photo affreuse !!!!) • « Le tour du monde en 80 jours », de Jules Verne., le premier livre que j’ai lu en entier. • « Vipère au poing », d’Hervé Bazin ; je n’oublierai jamais « Folcoche » et la fameuse phrase du père Rézeau : « Pas avec la pointe, Folcoche…. ». • « Le vieil homme et la mer », d’Ernest Hemingway : « Tout en lui était vieux, sauf son regard, qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer. » Pour l’enfant de la mer que je suis, cette phrase voulait tout dire !
Mais je pourrais aussi citer « Le petit prince » d’Antoine de Saint –Exupéry, ou bien « Le comte de Monte-Cristo » d’Alexandre Dumas, ou encore « 1984 » de George ORWELL.
2/ Les quatre auteurs que je lirai et que je relirai encore :
• Albert Camus • Les pièces de théâtre de Jean-Paul Sartre. • N’importe quel livre d’histoire. • Les penseurs musulmans « réformateurs » contemporains.
3/ Les quatre auteurs que je ne relirai probablement plus jamais :
• Tahar Benjelloun, qui est tout sauf authentique • Mohamed Choukri, qui n’a rien écrit. • Georges Simenon dont les romans ont pourri ma jeunesse. • Les auteurs russes classiques dont le noms des personnages m’ont toujours désorienté et gâché le plaisir de la lecture.
4 / Les quatre livres de ma liste à lire ou à relire :
• « La peste » d’Albert Camus, parce qu’il redonne confiance dans l’homme. • « L’espion qui venait du froid » de John Le Carré parce qu’il met à nu la duplicité des dirigeants. • « Le Cid » de Pierre Corneille dont je connais encore maintenant des tirades entières par cœur. • « Les raisins de la colère » de John Steinbeck qui replace le rêve américain à sa juste place.
5/ Les quatre livres que je suis entrain de lire (vers le 15 Juin 2007)
Je lis tout et n’importe quoi ! Je peux lire en même temps un San Antonio et un ouvrage de Mohamed Akroun, décortiquer LenouvelObs ou Télérama et savourer l’inanité de l’édito de notre inénarrable « Matin du Sahara ».
Choisis par curiosité intellectuelle :
• « Ma boite noire » de Driss Ksikes (roman autobiographique). • « La porte de la chance » de El Mostafa BOUIGANE (récit ayant pour cadre les quartiers déshérités de Fez)
Choisi pour le sujet traité :
• « Le tourbillon des génies – Au Maroc avec les Gnawas », de Bertrand Hell (étude ethnologique de cette confrérie qui pratique le culte de la possession)
Choisi pour lire avant de dormir :
• « VADIM BRONSKY, Dernière mort avant l’oubli » de René DZAGOYAN (roman policier français, du genre glauque)
6/ Les quatre livres que j’emporterai sur une île déserte :
• « Les fleurs du mal » de Charles Baudelaire. • Les recueils de poèmes de Jacques Prévert « Paroles » et « Histoires », que je passerai mon temps à lire à haute voix. • L’intégrale de Pierre Corneille, pour pouvoir déclamer ses plus belles tirades. • « Les Fables » de Jean de Lafontaine, pour avoir le monde sur mon île déserte.
7/ Les premiers mots d’un de mes livres préférés :
« L’Etanger » d’Albert Camus : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués ». Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »
8/ Les derniers mots d’une de vos livres préférés :
La dernière réplique de « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand ( scène VI – acte V) que Cyrano fait à Roxane, juste avant de mourir, heureux d’être aimé pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il parait : – Cyrano :
Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose ! Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose Que j’ emporte, et ce soir, quand j’ entrerai chez Dieu, Mon salut balaiera largement le seuil bleu, Quelque chose que sans un pli, sans une tache, J’ emporte malgré vous, (il s’ élance l’ épée haute) et c’ est… (L’épée s’échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.)
- Roxane, (se penchant sur lui et lui baisant le front). C’ est ?
- Cyrano, rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant. Mon panache.
Rideau.
