Je vous invite à mon propre salon du livre : trois petits ouvrages que j’ai découverts, simultanément, passant de l’un à l’autre, sans aucun effort, tellement ils sont différents.En fait, quelques moments de lectures croisées!
Le seul point commun entre ces trois livres est qu’ils ont été écrits par des femmes.
Le premier que j’ai entamé est un roman de Laila LALAMI, la blogueuse marocaine, la première ou l’une des premières !
« DE L’ESPOIR ET AUTRES QUETES DANGEREUSES », paru aux Etats-Unis, en 2005 sous le titre « Hope and other dangerous pursuits », a été publié dans sa version française par les Editions LE FENNEC en 2007.
Dès les premières pages, l’auteur nous plonge dans l’ambiance des « patéras », des traversées du Détroit par des nuits noires et froides, avec des passeurs vénaux, des noyades, des postes de police espagnols !
Pour faire bonne mesure, Laila LALAMI essaie de construire un roman, avec des chômeurs, des femmes battues, des bidonvilles, un Tanger qui rêve encore de Bowles et de hippies, des étudiantes voilées, des fonctionnaires corrompus, des gardes civils espagnols véreux, une prostituée au grand cœur. Cela suffit-il pour réussir un roman ? Sûrement pas ! Mais peut-être que pour le public américain il en est autrement : la misère des autres est vendeuse !
Je ne sais si le texte original relève de la littérature, mais la traduction en français demeure très laborieuse, sinon indigeste !
Je me suis quand même forcé, par acquis de conscience, à en terminer les 167 pages.
Mais, auparavant j’ai ouvert un autre petit ouvrage intitulé « LE MUEZZIN AUX YEUX BLEUS » de Fadéla M’RABET, édité en 2008 par RIVENEUVE.
Je ne connaissais l’auteur ni le livre : mais j’ai été immédiatement emporté par la prose de Fadela M’Rabet. Son récit de sa double culture, arabo-islamique et française, est entrepris dans une langue pure, mais belle et sensuelle, à la fois ample et rigoureuse !
Cette algérienne, francophone accomplie, sait nous la langue arabe avec amour et respect :
« La langue arabe est liée aussi à la solennité et à la générosité de l’accueil malgré la misère ».
« J’avais tant de plaisir à réciter cette langue limpide qui, sans le Coran, serait devenue une langue fossile ».
Mais elle sait tout aussi bien dénoncer les ravages de l’arabisation imposée :
« Les kabyles, en 1962, découvrirent qu’ils étaient des Arabes ».
Tout comme elle sait nous parler de son islam :
« Les versets du Coran que mon père nous a appris étaient beaux, à la fois accessibles et abstrais ».
En moins d’une centaine de pages, denses, vibrantes et intelligentes, Fadéla M’Rabet nous réconcilie avec la lecture.
Entre la relative lourdeur du roman de Laila LALAMI et les envolées du récit de Fadéla M’Rabet, j’ai pris le temps de feuilleter « MÂLES EN MOTS, portraits d’hommes » de Marie-Annick MAURIN, française installée au Maroc depuis quelques années, édité en 2009 chez MARSAM.
Je dois reconnaître que le titre accrocheur et surtout la couverture folklorique, m’ont interpellé !
En fait, le livre consiste en une vague liste de spécimens de « mecs » et une improbable description de leurs supposées caractéristiques.
Marie-Annick Maurin passe ainsi en revue une bonne trentaine de « modèles », le prince charmant et le vieux beau, l’homme à femmes et le tonton gâteau, le jaloux et le manipulateur pervers, le fils à maman et le gigolo ! Elle a même trouvé un cas assez spécial : le confesseur du dessert !
L’exercice demeure, somme toute, assez plaisant à lire, surtout que l’auteur ne se prévaut d’aucune prétention, parlant « d’esquisses » à propos de ses portraits et n’hésitant pas à qualifier sa recette de « parfois fade ».
Cela autorise une certaine indulgence et n’enlève rien au plaisir de lire ces pages, écrites dans une langue simple et fluide.
Un petit détail : compte tenu des modèles d’hommes retenus par Marie-Annick Laurin, je n’ai quand même pas compris le choix de l’illustration de couverture.


@Hmida: “Cela suffit-il pour réussir un roman ?”
Laila ne tente pas d’écrire un roman.Laila défini le livre comme un recueil d’histoire courte et non un roman. C’est de la littérature alternative, que certains trouverons fraiche, et que les conservateurs traiterons de tout les noms. Laila défini le livre comme un recueil d’histoire courte et non un roman.
Le livre, dans sa version originale, est un chef d’œuvre de la littérature Anglophone moderne. Trés bien peaufiné.
Mais comme toute œuvre de fiction, c’est fait pour susciter des émotions. Pas ma tasse de thé! J’étais juste curieux de voir ce que cette femme aux racines marocaines pouvait produire. Et c’est bluffant en terme de créativité!
@Hmida:
« Les kabyles, en 1962, découvrirent qu’ils étaient des Arabes».Disait cet auteur d’”algériennes en guerre”.
Les kabyles, en 1962, découvrirent qu’ils étaient des Arabes?!Oui c’est vrai ça,avec le même esprit dont tu t’es découvert démocrate,défenseur d’un régime démocrate!
« Les versets du Coran que mon père nous a appris étaient beaux, à la fois accessibles et abstrais ». Même auteur.
Il y’en a aussi de mauvais versets, qui font référence pour A Alaoui M’daghri, ancien ministre des habous, actuel Amin Bayt El Mal Al Qods, et idéologue du régime en place, et qui dit que l’Islam condamne le suffrage universel et que la démocratie est la jungle.
@Hmida:
Pour le billet c’est bon, je l’ai apprécié, mais ne m’en veux pas, je suis un lecteur, j’ai le droit de juger comme les autres.Merci pour l’effort.
Je ne savais pas que Hmida et A.Alaoui M’daghri étaient cités dans l’ouvrage de Fadéla M’RABET. Et c’est à quel chapitre ? quelle page ?
@Le Penseur: “Je ne savais pas que Hmida et A.Alaoui M’daghri étaient cités dans l’ouvrage de Fadéla M’RABET. Et c’est à quel chapitre ? quelle page ?”
Au chapitre “la 3ala9a”!
@lixy
On devrait aussi disposer d’un billet “la 3ala9a” pour y mettre tous les commentaires hors sujets et perdus, une sorte de corbeille quoi.
@ Le penseur
Un certain nombre d’intervenants veut absolument me pousser à modérer les commentaires, pour crier ensuite à la censure.
Je ne leur donnerai pas cette joie! Mais je saurai protéger mon espace!
@ Lixy
Des critiques plus au fait que moi de la chose littéraire ont présenté le livre de Laila Lalami comme un “roman sensible” (Le Figaro Magazine) ou comme “un roman réussi” (Librairie Virgin, St-Denis-Page des Libraires).
L’éditeur lui-même signale la chaleur de l’accueil réservé “par la presse américaine pour ce premier roman” et il classe l’ouvrage dans sa rubrique “Roman”.
Toi tu affirmes que Laila Lalami “ne tente pas d’écrire un roman”.
Personnellement, je n’en fais pas un plat! Ce genre de littérature pour usage externe n’est pas ma tasse de thé !
Pour ce qui est de la créativité, je crois qu’on peut repasser, car certaines scènes de ce livre sentent le déjà lu!
J’attends de lire le second opus de Laila Lalami pour me faire une idée véritable de son talent de romancière : il s’agit de “SECRET SON” qui avec ses 300 pages semble devoir être un véritable “roman”.
@ Oualidia
1/Je me demande ce que ce Aloaui M’Daghri vient faire dans la discussion et ce qu’il pense ou ne pense pas de la démocratie et du suffrage universel!
Fadela M’Rabet est algérienne et elle ne doit surement pas connaitre l’existence de ce monsieur.
2/Je ne suis pas découvert démocrate : j’ai appris à l’être et crois-moi c’est un exercice très exaltant! Bien plus exaltant que de s’auto-proclamer démocrate et donneur de leçon en matière de démocratie!
@le penseur:
je ne savais pas que tu as lu le livre de fadela mrabet,comme tu es au courant de l’interrogatoire de nakir et mounkir fait à hassan 2 dans sa tombe!
ton complice hmida, qui nous a fait le plaisir de lire ce billet, y a cité:
« La langue arabe est liée aussi à la solennité et à la générosité de l’accueil malgré la misère ».« J’avais tant de plaisir à réciter cette langue limpide qui, sans le Coran, serait devenue une langue fossile ».(fadela mrabet)
hmida a évoqué l’islamisme en allusion, suivant le proverbe arabe:”c’est toi qui est concernée,ma voisine écoute moi”,moi j’ai voulu que le makhzen ne combatte l’islamisme tant qu’un de ses idéologues les plus en éclats,c’est a alaoui m’daghri, il est extrémiste au moins autant que fizazi.
hmida:
“Ce genre de littérature pour usage externe n’est pas ma tasse de thé”, je suis de ton opinion, ce que je reproche à tahar ben jelloun, driss chraibi ou abdelwahab meddeb.
mais la communication officielle est aussi “pour usage externe”.
“Je ne suis pas découvert démocrate : j’ai appris à l’être et crois-moi c’est un exercice très exaltant! Bien plus exaltant que de s’auto-proclamer démocrate et donneur de leçon en matière de démocratie!”,
je t’ai rien reproché pourquoi t’indigner ainsi?
@Hmida:
Je ne suis pas celui qui dit que cet ouvrage n’est pas un roman. C’est l’auteur elle même. Mais je n’oserais pas débattre au point de te contredire sur un sujet que tu maîtrises infiniment plus que moi. Ma culture littéraire est presque non-existante.
J’ai juste précisé la vocation du l’œuvre du point de vue de l’auteur et j’ai donné mon opinion (de novice) dessus.
Laila a déclaré que “Secret Son” est son premier roman.
Bonne lecture.
Perhaps Laila LAlami herself could have some input regarding the genre of her work, though she has a blog that she regularly updates; she doesn’t allow her readers to give any feedback, her blog is a one way street, she even made a public invitation to one of her reading in London and when I enquired about the exact venue of the meeting, Laila replied that she wouldn’t be able to make it. I have caught up with the last 20 minutes of her interview in Radio 4 this morning this morning and I was extremely disappointed to hear her talking about tourism in Morocco and nothing about her literary work, one of the questions asked “do you think that Casablanca will ever live up to it’s reputation of the film Casablanca?” a typical daft question that every American would throw at you once he/she knows you re Moroccan( I am sick of being constantly associated with the movie and/ couscous) .Layla replied “I am sure it will.” Judging from the synopsis available about the Secret Son it sounds like the author is making a desperate cry “I am one of you” the west that is.