LECTURES ………..pour relever un défi lancé par ma cadette!

Dernièrement, ma fille cadette m’a reproché la dureté de mon appréciation de l’oeuvre littéraire de notre ancien prix Goncourt national Tahar BENJELLOUN. En effet, le travail de cet auteur n’est pas ma tasse de thé et je le fais savoir quand j’en ai l’occasion.

Elle m’a même lancé un défi : elle se proposait de me présenter “sous couvert d’anonymat” un texte de Tahar Benjelloun, me laissant le soin de porter un jugement disons….”à l’aveugle“. Un peu comme un juré de “THE VOICE” !

Mais j’ai préféré choisir moi-même deux livres de l’écrivain marocain, j’ai opté pour deux titres assez anciens qui m’étaient complètement inconnus et dont je n’avais par conséquece la moindre idée. Il s’agit de “L’ANGE AVEUGLE“, un recueil de nouvelles ayant pour thème central la mafia sicilienne, paru aux éditions du Seuil en 1992 et de “LES RAISINS DE LA GALÈRE“, un roman sur les immigrés algériens en France et leurs difficultés, publié en 1996 par les éditions Fayard -Libres.

ange aveugle

raisins_galere

Premier constat que je veux objectif mais sans aucune réserve : notre auteur sait écrire et il domine à la perfection la langue écrite française. . Cela semble évident pour un écrivain, conu et reconnu, mais ce nest pas toujours le cas! Alors, j’en donne ici acte, pour ce que vaut mon constat : Tahar Benjelloun est un grand écrivain, si l’on retient une des acceptions de ce mot retenue par le C.N.R.T.L. En effet, c’est “une personne habile dans l’art d’écrire “.

Dans ces deux ouvrages, très différents dans le genre, très éloignés dans le sujet, le lecteur éprouve un plaisir certain à dérouler les pages, tant la fluidité et le justesse de la langue sont présentes.

La petite beurette, ambitieuse et battante, héroïne de LES RAISINS DE LA GALÈRE, est très convaincante et presque attendrissante.

Le recueil de nouvelles sur la mafia, s’il se laisse lire, ne laisse par contre aucune trace affective : cet ouvrage de commande, malgré une interlocution bien pompeuse, reste lisse et sans intérêt.

Deuxième constat, moins enthousiaste, et qui est constitue la pierre d’achoppement de ma froideur pour ne pas dire maon inimité envers l’oeuvre de Tahar Benjelloun dans son ensemble : dans ces deux livres que j’ai choisis totalement au hasard – le seul critère étant que je ne ne les connaissais pas – Tahar BENJELLOUN exploite le travail des autres pour produire et signer ses œuvres.

LES RAISINS DE LA GALÈRE reprend la galère des enfants d’immigrés que lui a lui racontée SAADIA et qu’un rapport de chercheurs sur le terrain a consigné dans un rapport éponyme. L’auteur le reconnait en quelques lignes à la fin du livre.

L’ANGE AVEUGLE pour sa part compile de manière “littéraire” – puisque c’est ainsi qu’un faut qualifier le travail d’un écrivain – des témoignages, des articles de presse, ou des déclarations.

Il faut se rendre à l’évidence que Tahar BENJELLOUN a très souvent procédé de la sorte : il a toujours su raconter (ou parfois juste re-conter) ce que l’on lui a conté, parfois sous le sceau de la confidence, d’autre fois sous le sceau du secret, souvent sous celui de l’amitié, de la confiance ou de la tendresse. On peut apprécier l’exercice, mais sa répétition devient gênante.

Ceux qui connaissent bien l’oeuvre de Tahar Benjelloun et sa genèse ne me contrediront pas.

Je n’ai jamais pu apprécier cette manière de procéder : bien écrire ne suffit pas à faire un grand écrivain, bien que Tahar Bejelloun prétende que “la fonction principale de la littérature est de cambrioler le réel apparent”.