Les désorientés ou ceux qui ont perdu l’Orient ?

Amine MAALOUF, de l’Académie Française, n’a jamais oublié qu’il était avant tout libanais, fils de cet orient compliqué où tout se mêle, s’imbrique, s’enchevêtre pour former une population d’un genre unique au monde, vivant dans un environnement social, politique et même géopolitique unique au monde!

Dans son oeuvre littéraire, Amine MAALOUF semble réécrire le même livre de cents et une manière différente pour raconter et expliquer, autant que faire se peut, ce maelstrom que le monde a renoncé à comprendre.

Dans “LES DÉSORIENTÉS”, paru chez GRASSET EN 2012 et en LIVRES DE POCHE EN AVRIL 2014, l’auteur nous invite encore fois à un voyage initiatique avec la rencontre ou plutôt les rencontres d’un groupe d’amis qui sortaient de l’adolescence et entraient de bien pied dans la jeunesse au début de la guerre civile qui a ravagé le Liban à partir de 1975.

les désorientés

J’ai mis plusieurs jours pour finir et ouvrage et pour venir au bout de cet incessant aller-retour entre le présent des années 2010 et le passé de ces jeunes libanais, qui en 1975 étaient une bande d’étudiants insouciants et pleins d’espoir.

La mort d’un des leurs a été l’occasion de ces retrouvailles!

Le narrateur revient au pays qu’il a quitté dès le début de la guerre civile pour ne plus y revenir! Ces autres amis ont réagi à la guerre civile, chacun à sa manière : celui-là en restant sur place et en y plongeant dans tout ce qu’il y a de plus sordide et de plus malsain: celui-là en fuyant pour ne pas en être la victime innocente, l’autre en s’éloignant et en apportant avec lui ses secrets intimes : celle-là en traversant cette sombre période en passant sans dommages à travers les gouttes belliqueuses.

Ces amis sont musulmans, chrétiens, juifs; arabes, non croyants, riches, très riches,écrivains, ruinés, journalistes, Ils ont quitté leur Liban meurtri pour la France, les USA, le Brésil et simplement pour un monastère en pleine montagne libanaise.

Il faut lire ce livre – l’auteur parle de roman, mais c’est autant une autobiographie qu’une biographie des autres personnages, qui sont autant de personnes ayant réellement existé – pour avoir une idée sur la difficulté d’être libanais et peut-être aussi celle d’appartenir à ce Moyen Orient déchiré actuellement par une guerre sans fin!

Attendez-vous à une lecture âpre, dure, douloureuse, car l’auteur y a mis beaucoup de lui même, deses souffrances, , de ses souvenirs, de ses espoirs aussi! Mais comme MAALOUF a la plume (ou le clavier) alerte, cette lecture reste cependant agréable.

3 thoughts on “Les désorientés ou ceux qui ont perdu l’Orient ?”

  1. @ Hmida

    j’ai lu presque tout de Maalouf en italien, à partir de Leone l’Africano jusqu’à I disorientati.
    toujours de grandes émotions.

  2. @ FAT OWL

    Je ne comprends pas que Amine Maalouf ne suscite aucune réaction de la part mes compatriotes qui interviennent sur ce blog pour un oui ou pour un non!

  3. @hmida

    pourquoi voudrais-tu que l’on s’intéresse à une chimère qui n’a jamais existé : le Liban.

    d’ailleurs Amine Maâlouf parle de “musulmans, chrétiens, juifs; arabes, non croyants, riches, très riches,écrivains, ruinés, journalistes …” (je reprends ton texte)

    c’est-dire d’individus catalogués selon leur religion, leur niveau de richesse ou encore leur fonction … il ne nous parle pas de Libanais.

    et puis les détails sur des personnes du style que tel est maronite, ou sunnite, ou chrétien orthodoxe, ou chiite, ou druze, … ou encore, émigré aux USA, ou homme d’affaire en Afrique, … on s’en bat les c.

    maintenant si Amine Maâlouf veut bien nous faire une analyse critique de “sa” société et de l’éducation que subissent les bambins chez eux, élevés à être encore plus fier que les voisins du quartier d’en face, là je veux bien, je suis lecteur.

    et puis des libanais, j’en ai suffisamment fréquenté à l’étranger, leur histoires de confessions, de communautés ou encore de réseaux de cousins ayant réussi dans le business ne m’intéressent pas.

    vois-tu, je m’intéresse au Liban de Amine Maâlouf, mais à ma manière 🙂

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