Le quoditien leur donne carte blanche pour faire leur numéro!

Le numéro du 8 octobre du grand quotidien économique et financier français LES ECHOS est entièrement écrit par des PARLEMENTAIRES.

En effet, 80 députés, toutes tendances confondues, ont accepté de se prêter à cette expérience et de rédiger ou de participer à la rédaction d’un article qui paraîtra dans ce numéro un peu spécial.

Dans la liste des 80 candidats – journalistes stagiaires (qui ont officié chacun en binôme avec un journaliste professionnel), nous relevons des noms de grands ténors du palais Bourbon.

De Bernard ACCOYER (UMP) – Président de l’Assemblée nationale à François HOLLANDE (PS) – Député de Corrèze et secrétaire général du P.S., de Noël MAMERE, député vert de la Gironde et lui-même ancien journaliste ayant présenté le J.T. de 20 heures à Christiane TAUBIRA (PRG) – l’exubérante députée de Guyane, en passant par des noms moins connus, sinon totalement inconnus, des parlementaires de tous bord se sont métamorphosés en journalistes d’un jour. Avec plus moins plus de bonheur, ou de talent, ou d’inspiration.

A tout seigneur tout honneur, le président de l’Assemblée Nationale a eu droit à l’éditorial, dans lequel il a traité de l’euro. Laurent Fabius a choisi d’écrire sur le scandale de l’EADS pour demander de « faire la lumière, réformer, sanctionner ». François Hollande a, quant à lui, « pondu » un papier sur l’entraîneur de l’équipe de France de rugby Bernard Laporte, et il a joué avec les mots, chose qu’il fait le mieux.

Henri Emmanuelli, l’ombrageux député socialiste a opté pour la critique d’un livre : « « Petites Leçons d’économie à la portée de tous », Jean-Marc Sylvestre (chez Buchet Chastel) dont il ne recommande la lecture « que si l’on veut découvrir qu’il ne faut pas confondre science et économie politique, information et endoctrinement. » François Bayrou pour sa part a mis le doigt sur le « détail » que constituent les tests A.D.N. dans un articler intitulé : « Un détail, l’ADN et l’essentiel » et appelle le conseil d’état à « dire que ce texte n’est pas conforme aux valeurs républicaines, philosophiques et spirituelles de la France. ».

Une anecdote caractéristique de la classe politique en général : aucun des 80 parlementaires qui participé à cette expérience n’a accepté de se pencher sur le problème des régime spécial des retraites des parlementaires. Retenue, devoir de réserve ou simple discrétion ?

Ainsi les parlementaires ont eu carte blanche pour ce numéro très spécial qui devrait faire date dans l’histoire de la presse française et dans celle de la classe politique.

Je me laisse aller au rêve que demain peut-être un grand quotidien national – mais existe-t-il de grand quotidien national ? – ouvrirait ses portes et ses colonnes à un groupe de parlementaires. Mais la majorité de nos représentants sauraient-ils écrire autre chose que récriminations, lamentations et revendications ?