N’en déplaise à la réputation qu’ils traînent, les poètes ne sont pas tous romantiques, transis d’amour, mélancoliques et rêveurs !
Ils ont de l’humour, et parfois un humour décapant, corrosif mais toujours teinté d’une grande finesse.
Nous comprenons la pertinence de la phrase d’Alphonse ALLAIS, le maître français de l’humour du début du XXème : « Les gens qui ne rient pas ne sont pas sérieux », mise en exergue dans la préface du livre que je vais vous présenter :
« EN RIRES – Poèmes d’humour pour en voir de toutes les couleurs ».
Il s’agit d’une anthologie établie par Christian POSLANIEC, parue chez les éditions SEGHERS en février 2009.

En vous laissant le plaisir de découvrir les textes retenus par l’auteur, qui vont des poèmes de François Villon (1431- ?) à Jean Tardieu (1903-1995), en passant par Arthur Rimbaud et même Victor Hugo qu’on ne présente plus bien sûr, je vous présente une petite sélection pour vous faire sourire.
Dans la rubrique « humour noir », que pensez-vous de cette petite phrase de Pierre MOUNIER :
« Les culs-de-jatte ne courent pas les rues ».
Ou encore, de la chute d’un petit poème où il est question d’un curé qui se trouve face à un fauve et que demande à Dieu que « ce fauve soit chrétien » :
« Le fauve en tout cas s’agenouille :
Seigneur, dit-il, bénissez ce repas ».
Pour la rubrique « humour bleu » réservée à l’amour, je vous laisse apprécier la finesse de ce vers de Théodore KONEING :
« Les Eros sont fatigués ».
Tout comme cette remarque admirative prêtée par Georges FOUREST à Chimène voyant déambuler fièrement Rodrigue, qui vient de tuer le père de la belle :
« Dieu ! » soupire à part soi la plaintive Chimène,
« Qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! »
L’humour grinçant n’est pas oublié et sous la couleur « humour jaune », sont regroupées de piécettes délicieuses.
Je citerai la désarmante remarque de WOLINSKI :
« Le premier homme qui est mort a dû être drôlement surpris ».
Après une description dévastatrice au vitriol, Claude LE PETIT assène un coup fatal à ces collègues. Admirez la touche finale :
« Quand, dis-je, avec ces traits vous trouverez un homme,
Dites assurément : c’est un poète français ! »
D’autres formes d’humour – rouge pour la colère, blanc pour l’absurde, rose pour la moquerie et rose pour le langage – sont répertoriées par l’auteur dans, avec justesse et bien sûr beaucoup de goût.
Comme par exemple :
« On construit
Des gratte-ciel !
Comme si le ciel avait des démangeaisons » (Michel BRUNEAU)
Et pour finir, savourons cet aveu de modestie de Louise AKERMAN :
« Pour écrire en prose, il faut absolument avoir quelque chose à dire ;
Pour écrire en vers, ce n’est pas indispensable ».
Pour compléter ce travail, l’auteur a joint des notices biographiques et des repères bibliographiques fort utiles.

Assurément le billet littéraire devient de plus en plus fréquent. Prémisse d’un revirement probable vers les belles-lettres?
@ Le jardinier des mots
Depuis que je blogue, j’ai touché à tout ce qui m’intéressait: actuellement c’est ma période” littéraire”…en attendant autre chose …
Merci, Citoyen !
Gravement géniale l’hypothèse ! C’est logique, le premier homme qui est mort n’a pu qu’en être surpris, vu que l’humanité n’avait encore capitalisé aucune expérience à ce sujet !
Sacré Wolinski, aussi désarmant que savent l’être les enfants quand ils ont soudain le sentiment d’avoir tout compris de la vie et qu’ils vous le font savoir d’un mot bien envoyé.
J’en profite pour me pencher sur la question et réfléchir à la perspective du moment fatal qui m’attend. J’en conclus que ça me surprendra moi aussi, que je sois le premier à y passer ou pas. Sauf si je mourais de rire auquel cas je ne me rendrais compte de rien. C’est toujours ça de pris comme réconfort en attendant ! A moins également que la mort soit programmée en nous autant que la vie, ce qui fait qu’il me paraitra aussi naturel de mourir que de vivre, ce qui serait trop cool !
Comme quoi, c’est pas forcément tuant, de réfléchir…
Ce qui est bien et appréciable sur les blogs, c’est qu’à partir de billets sans intérêt, on réussit à réunir des commentateurs qui n’ont rien à se raconter.
@ le penseur
Alors passe ton chemin…et ne dis rien puisque tu n’as rien à raconter!
Je tiens à saluer la fair-play de Hmida, qui a eu la gentillesse de répondre à mon commentaire, qui quoique provocateur s’inscrit parfaitement dans le thème du billet, puisque c’est d’humour qu’il s’agit.
J’ai posté le même commentaire CHEZ UN AUTRE BLOGGUEUR et il a supprimé mon commentaire.
J’en arrive à comparer les deux comportements :
- Hmida, qui a l’habitude de respecter les gens avec lesquels ils est en désaccord, n’a pas censuré mon commentaire, il lui a même consacré une réponse (et c’est tout à mon honneur).
-L AUTRE, qui a l’habitude de manquer de respect et de se moquer de tout ce qui ne lui convient pas, a censuré mon commentaire (et c’est tout à mon honneur aussi).
Ce petit essai confirme ma thèse : il faut toujours se méfier des grandes gueules qui prétendent défendre des principes ou je ne sais quoi d’autre, il sont les premiers à refuser le désaccord. L’histoire du 20ème siècle nous l’a bien enseigné, et pourtant …
NOTE DU PROPRIÉTAIRE DE CE BLOG : J’ai pris la liberté de supprimer le nom de l’autre bloggueur mis en cause
@ Le penseur
J’ai pris la liberté de “recadrer” ton commentaire (ce n’est pas de la censure) ; c’est une juste une question de déontologie : je ne veux de querelles personnelles sur mon espace!
Pour ce qui est de ma réponse, elle s’inscrit dans le cadre de ma philosophie de la vie : c’est en parlant que les gens se comprennent et finissent par s’apprécier!
@Hmida
Supprimer le nom de L’AUTRE, d’accord ; mais tu aurais pu garder comme précisé dans le texte d’origine “l’AUTRE, qui en l’occurrence SUPPRIME PAR LE PROPRIÉTAIRE DU BLOG
Puisque le nom n’y figure pas
@ Le Penseur
La blogoma est déjà moribonde: Ne contribuons pas à sa disparition par une fausse guerre fratricide entre les bloggueurs qui s’accrochent!
En tout cas, personnellement, je me refuse d’être entrainé dans ces combats inutiles : chacun fait comme il veut, comme il le sent!
Personne n’est parfait, personne, pas plus sur la blogoma qu’ailleurs!