Entamée depuis le 6 avril dernier, la grève dans le secteur des transports commence à prendre une tournure assez spéciale. Lancé pour s’opposer à certains points particuliers du nouveau code de la route voté par le Parlement et soumis à la Chambre des représentants, ce mouvement de protestation ne semble pas près de s’arrêter.
Quelques questions importantes doivent nous interpeller, en tant que citoyens.
En premier lieu, il faut nous interroger sur la genèse de ce nouveau texte destiné à régir les activités de transport ? Toute nouvelle loi est forcément motivée ; le législateur ne légifère pas pour le plaisir, il ne crée les textes ex-nihilo. Le nouveau code de la route a, selon les autorités gouvernementales, vocation à assainir et professionnaliser le monde du transport, à endiguer l’hémorragie en vies humaines due aux accidents de la circulation et à limiter les dégâts financiers qui en découlent. A priorité, en tant que citoyens et usagers de la route, nous devrions applaudir cette initiative !
Pourtant ce texte semble focaliser les mécontentements des professionnels du transport qui ont lancé, depuis plusieurs jours, une grève contre ce texte. Donc, seconde question à nous poser : quelles sont les revendications des grévistes ?
Si l’on entend bien les différentes voix opposées à l’application de ce texte, les revendications porteraient essentiellement sur les mesures répressives en cas d’infraction ou d’accident :
Ø amendes trop lourdes.
Ø peines privatives de liberté.
Ø retrait de permis.
Autre critique faite à ce texte : il serait directement importé des pays européens et ne tiendrait pas compte des spécificités marocaines !
Quelles seraient donc ces spécificités marocaines ? Les grévistes mettent en avant la faiblesse des revenus des personnels du secteur, mais surtout le manque de moralisation des instances chargées de son contrôle et le risque d’extension de la corruption face à la hausse des sanctions prévues. Ainsi les revendications concernent les difficultés éventuelles pour les transporteurs de contourner la nouvelle loi ou du moins d’en négocier l’application ! Belle leçon de morale !
Par ailleurs, il faut noter que celle une partie des dizaines de syndicats qui encadrent ce secteur a choisi la grève comme moyen de faire capoter l’application de ce texte par la seconde chambre !
Il faut remarquer que cette grève semble limitée, aussi bien territorialement (elle ne touche que Casablanca et quelques localités) que sectoriellement (des pas entiers du transport de personnes et de marchandises sont épargnées).
Et une fois, la grève entamée, il est intéressant de s’interroger sur les méthodes des grévistes ?
Face au manque d’unanimité, les grévistes n’hésitent pas à recourir à des méthodes pour le moins non démocratiques : menaces verbales et physiques contre les non grévistes, opérations escargot sur la route des Oulad Ziyane perturbant ainsi la circulation, piquets de grève empêchant les autocars d’assurer leurs trajets. Des incidents de plus en plus nombreux sont signalés, et il y aurait eu mort d’homme lors d’un accrochage entre gréviste et non gréviste.
Enfin, quelles sont les répercussions de cette grève sur l’économie du pays ?
Le secrétaire général de la Fédération générale de transport sur routes et ports a déclaré que les entreprises opérant dans le secteur du transport verraient « avec ce mouvement de grève leurs rendements risquent de baisser de 50%».
Un impact significatif est à craindre sur le volume des exportations de fruits et légumes.
Les citoyens sont par ailleurs lourdement pénélisés dans leurs vies quotidienne et professionnelle, par les difficultés qu’ils trouvent à se déplacer soit dans l’intérieur des grands urbains soit pour leur déplacements à l’intérieur du pays. Ils sont souvent la proie facile de véritables prédateurs qui n’hésitent pas profiter de cette crise pour gonfler leur tarifs de manière éhontée !
Pour finir, quelle est la position des autorités face à ce problème ?
Le ministre des Transport, qui a mené son projet de réforme du code face au lobby des transporteurs, estime que la mouture actuelle du texte est le fruit d’un dialogue soutenu avec les représentants de la profession. Le projet initial aurait connu plus de 385 amendements demandés par les syndicats et les contact avec les professionnels n’est pas interrompu, de l’aveu même de certains syndicalistes.
D’un autre côté, certaines critiques s’élèvent contre la « passivité » des autorités face à ce mouvement. Sans faire de procès d’intention, on peut penser que les mêmes critiques se seraient élevés contre ces autorités si une action quelconque avait été menée contre les grévistes !
Alors, que penser finalement de ce mouvement ? Est-il fondé ? Est-il juste le fruit d’un bras de fer entre les différents syndicats qui veulent contrôler le secteur ?
Représente-t-il le poids d’un lobby destiné à faire perdurer l’anarchie et fleurir les magouilles ? Est-ce l’expression d’un simple malaise social qui résulte du maque total d’organisation et de réglementation du secteur du transport, notamment celui des « grands taxis » ? Ce mouvement mènera-t-il à la fin du système totalement dépassé qu’est celui des agréments ? N’est-il pas temps de repenser totalement la politique du transport urbain et interurbain ?

Ceux qui rédigent les lois ne circulent pas en taxi.
Les chauffeurs de taxis veulent continuer à tuer des citoyens et à violer la loi en toute impunité.
Je propose que l’Etat réquisitionne des cars (même à l’armée s’il le faut) qu’il transporte gratuitement les citoyens pendant toutes les grèves injustifiées jusqu’à ce que les taxis comprennent qu’on ne joue pas avec la vie des citoyens ni qu’en prend leur quotidien en otage !
Au lieux de plomber le cue à tous les automobilistes sans exception ne serait il pas temps d’introduire un petit bidule qui semble-t-il s’appellerait ‘’l’alcootest’’ au lieux de laisser les ivrognes tuer a leur guise?? Oui est ce que le commerce de spiritueux compte plus que la vie des gens.
Je ne veux pas accabler les chauffeurs de taxis et de cars, ainsi que ceux des camions, mais il serait intéressant de connaitre leur part statistique de responsabilité dans les accidents de la route au Maroc.
Le sentiment qui se dégage de cette grève est que ce corps de métier veut continuer à sévir impunément ou du moins à moindre coût, à violer les règles du code de la route contre une faible contribution aux gendarmes, aux policiers et autres services de contrôle!
Rien de bien profond dans ces revendications, sinon l’affirmation que les marocains sont intimement convaincus que la corruption fait désormais partie des usages administratifs!
Si les autorités ne font rien de sérieux pour stopper ce mouvement, d’autres secteurs suivront et l’anarchie s’établira! Peut-être est-ce cela que certains veulent?
La fameuse qawma prévue en 2006 serait-elle programmée pour 209?
Lablad à vraiment besoin d’un FRANCO pour 20 ans
@ moh
Je n’irai pas jusqu’à parler d’un “Franco”, mais un peu de sérieux ne ferait pas de mal à ce pays!
Quand je vois la lamentable condition que connait la circulation dans le pays alors même que l’on fait grève pour que cela persiste…..C’est à croire que les marocains sont devenus fous!
De âssage, Non, c’est les transporteurs qui sont devenus fous, nuance!!!
Il faut qu’ils arrêtent de prendre le pays entier en otage, aux autorités de prendre les mesures nécessaires. Ceci dit, Ghallab ferait mieux d’envisager dans son code de la route, de meilleurs infrastructures routières et une signalisation aux normes internationales (jusque là, quelqu’un a t-il vu quelque part une signalisation pour les piétons, des trottoirs pour poussettes et fauteuils roulants???)