Un de mes amis a tenté dernièrement une expérience assez originale : se faire verbaliser pour infraction au code de la route. Il a donc décidé d’enfreindre systématiquement toutes les règles du code de la route pour déceler la plus flagrante aux yeux de agents chargés de veiller au respect de ces règles. Il a commencé par les règles les plus basiques : comme conduire sans ceinture de sécurité ou en utilisant son téléphone portable. Pas un policier ne l’a interpellé durant tout la journée où il a tenté son expérience. Il est passé alors au stade suivant : il a grillé un feu rouge, comme le font des centaines d’automobilistes tous les jours ; il a refusé de céder la priorité dans la priorité dans un rond-point, manquant de provoquer un embouteillage ; il a allégrement ignoré un « stop », obligeant un véhicule à un coup de frein très spectaculaire. Malgré la présence, à chaque infraction, d’un policier sur les lieux, il n’a pas été inquiété, l’agent étant trop occupé à je ne sais quoi. Intrigué par l’impunité qui semblait le protégeait, mon ami a entrepris d’aller encore plus avant dans l’infraction : il a circulé de nuit sans allumer ni les phares ni les veilleuses de son véhicule ! Là, miracle, un policier l’a arrêté et lui a gentiment signalé le fait ! Il a sciemment décidé d’emprunter un sens interdit sous le nez d’un policer ! Là encore, deuxième miracle : un policier l’a arrêté d’un geste martial, lui a signalé fermement qu’il s’agissait une voie à sens unique et lui a intimé l’ordre de faire marche arrière. Totalement intrigué par le manque d’agressivité des agents chargés de veiller au strict respect des règles de la circulation, mon ami a voulu pousser encore plus loin son expérience. Si les policiers en ville sont si inertes, peut-être que les gendarmes seront plus réactifs. Il a pris la voiture de son congierge, une R12 datant d’avant la Marche Verte, aux pneus entièrement lisses, avec un phare avant défoncé, sans essuie-glace ni rétroviseur extérieur ni bien sûr de ceinture de sécurité, avec juste un feu de stop en état de marche. Il était sûr que là, le premier gendarme venu le forcerait à conduire cette épave à la fourrière. Eh bien non ! Là encore, nouveau miracle. Il a franchi le barrage de gendarmes à la sortie de la ville sans encombre. Il est repassé devant le même barrage une heure après, sans aucune réaction des hommes en gris ! Mon ami s’est alors dit : « je comprends pourquoi il y a tellement d’accidents de la circulation dans le plus beau pays du monde ». Dans un élan d’énervement, il a appuyé à fond sur l’accélérateur et la vieille guimbarde est passée d’un poussif 50 km/h à un malheureux 62 km/h. Mal en a pris à mon ami : il s’est fait immédiatement piéger par une patrouille de police dotée du fameux RADAR !!!! En effet, au Maroc, la seule infraction au code de la route qui soit verbalisée semble bien être l’excès de vitesse à l’entrée ou à la sortie des agglomérations. Je crois que tous les marocains ont été victimes de ce genre de pièges grotesques mais inévitables, tendus par nos chers (et onéreux) agents verbalisateurs.