MA LECTURE DES RÉACTIONS DU GOUVERNEMENT AU DISCOURS DU TRÔNE

Le chef du gouvernement, Saad Eddine EL OTHMANI, a été relativement réactif au discours du trône dans lequel le souverain a fustigé un certain nombre d’acteurs de la scène nationale, notamment, l’administration publique.

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Dès jeudi dernier, c’est-à-dire moins d’une semaine après l’intervention royale, sévère et critique, le conseil du gouvernement présidé par son chef, a tracé les axes de son plan d’action pour la mise en exécution des directives royales.

Pour ma part, je rejette d’emblée la lecture “makhzanienne” que certains ont voulu donner à la réaction du chef de gouvernement : Si EL OTHMANI n’est pas un homme du “makhzen” (j’utilise sciemment ce vocable galvaudé qui désigne je ne sais trop quoi mais qu’une partie de nos observateurs les plus avertis aiment à brandir comme un épouvantail politique). L’homme sage du P.J.D., qui a toujours évolué en dehors des arcanes du palais et loin de son influence, ne peut être taxé de “makhzanien”, n’en déplaise à certains de ses propres partisans qui lui en veulent d’avoir pris la place de leur champion Abdelillah BENKIRANE.

Je considère que le chef du gouvernement s’est comporté en ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un médecin qui s’est lancé dans la politique!

Comment donc expliquer l’ordonnance (dans le sens médical du terme) proposé par le docteur Saad Eddine EL OTHMANI? Car je trouve qu’il s’agit d’un véritable traitement que le chef de gouvernement, médecin et psychiatre, a prescrit à son équipe et à son administration pour les guérir des diverx maux diagnostiqués par le chef de l’état.

Ce traitement “médical” comprend plusieurs degrés, du plus facile et le plus visibles (refonte des C.R.I.) au plus difficile et au moins concret (mesures de simplification des procédures administratives) en passant par des pharmacopées plus ou moins compliquées et surtout plus ou moins efficaces ( bonne gouvernance et réforme de l’administration).

Qu’attendre donc de cette série de décisions, on ne peut peut parler de mesures, puisque rien de concret n’a été décidé, rien de palpable n’a été engagé, rien de pratique n’a été mis en chantier.

Est-ce un coup d’épée dans l’eau ? J’espère que non, car ni le peuple ni le roi n’accepteront que le gouvernement et ses moyens d’action administrative continuent à remuer de l’air chaud et brasser du vide, tout en vidant les caisses de l’état.

On peut comprendre qu’il n’y ait pas eu de réactions intempestives contre tel ou tel ministre – les marocains attendaient des limogeages tonitruants – car cela aurait pu paraître comme des règlements de compte!

Mais, avec le temps et dans le cadre du plan d’action mis en place par le Chef du Gouvernement, il est certain que la rédition de comptes des grands responsables de ce pays est devenue nécessaire et qu’elle doit s’accompagner de mesures coercitives et de sanctions exemplairs, mais justes et conformes à la loi!

Encore une fois, le Maroc est à la veille d’une nouvelle expérience et encore une fois il nous faudra attendre le résultat de cette expérience avant d’en tentr encore une autre.

Ainsi va la Maroc ….