……Suite (5/7)
• Comment s’est traduite l’action de KHATTABI sur le terrain ?
Il faut noter d’emblée que l’action de KHATABI sera essentiellement militaire et dirigée contre l’occupant espagnol. Elle n’aura pas le temps de se concrétiser en action politique et sociale avec des répercussions sur la vie des populations.
Après la proclamation de la « République des Tribus Confédérées du Rif » et la mise en place des organes de commandement, Mohamed Ben Abdelkrim KHATTABI va passer à en vue l’offensive conquérir les territoires occupés par l’armée espagnole.
Lors de l’écrasante défaite qu’elles avaient subie le 21 juillet 1921 à Anoual, les troupes espagnoles ont enregistré, en plus des pertes en hommes considérables (on parle de 14 000 soldats, en plus des 1 100 prisonniers) des pertes énormes en matériel :
- 20 000 fusils, 400 mitrailleuses, 200 canons de calibres différents (des 75, des 65 et des 77),
- un stock important d’obus et des millions de cartouches.
- des camions, des approvisionnements en vivre, des médicaments, du matériel médical.
- 2 avions.
Ce butin va être utilisé avec intelligence et efficacité par le staff de Khattabi pour mener d’autres batailles.
Elle s’en servira pour enregistrer d’autres victoires et pour ouvrir la voie à l’occupation de Chefchaeoun :
- Abarran, avec la défection de la harka auxiliaire recrutée parmi les Temsaman – qui combattait avec les Espagnols – qui vient grossir les rangs de la résistance.
- Nouveaux fronts à l’Ouest dans les Jebalas et les Ghomaras.
– Bni Rzin.
En décembre 1924, les troupes de Khattabi atteignent Chefchaouen après six mois de combats dans les montagnes du Rif occidental, qui se sont soldés par des pertes absolument effarantes pour les espagnols.
Elles se seraient élevées de juin à décembre 1924 à 190 officiers morts, 60 disparus, 700 blessés, 3 800 soldats morts, 2 500 prisonniers ou disparus, 14 000 blessés.
M’hammed KHATTABI, maître d’œuvre de cette seconde grande victoire rifaine, entra dans la ville de Chefchaouen à la tête de ses troupes.
Cette date marque l’apogée de la domination du gouvernement de Mohamed ben Abdelkrim KHATTABI sur le Nord du Maroc, comme le montre la carte suivante (cliquer sur l’image pour l’agrandir).
Et elle marque aussi le début de la fin de cette aventure, parce que Khattabi va vouloir étendre son action de libération au Maroc sous domination française.
• L’action de KHATTABI a-t-elle bénéficié d’une aide extérieure effective ?
A part quelques aventuriers qui se sont impliqués dans l’aventure de KHATTABI, comme l’allemand Joseph Klems, déserteur de la Légion Etrangère espagnole, les troupes de Mohamed Ben Abdelkrim KHATTABI ne semblent pas avoir reçu une aide matérielle officielle.
Il faut cependant signaler que le gouvernement USA a entretenu durant les événements une stricte neutralité en refusant le blocus que la France et l’Espagne avaient imposé aux côtes du nord du Maroc.
Par contre, le soulèvement des rifains a été très suivi par la presse occidentale, avec des points de vue différents.
Si la presse de droite fut bien entendue très virulente envers le soulèvement rifain, la presse de gauche fut plus nuancée sinon totalement acquise à la cause rifaine comme « L’HUMANITE », le quotidien du P.C.F.
En septembre 1924, les communistes français salueront dans un télégramme à Abd el-Krim « la victoire du peuple marocain sur les impérialistes espagnols »
En France, la guerre du Rif était présentée par les actualités cinématographiques.
Des journalistes américains se sont intéressés à la république rifaine : Vincent SHEAN et Paul SCOTT MAWRER.
L’hebdomadaire TIME consacra même sa « une » à Mohamed ben Abdelkrim KHATTABI.
Malgré le retentissement international de son soulèvement contre l’occupant espagnol, Mohamed Ben Abdelkrim KHATTABI va perdre sa guerre ou plutôt ses guerres….
Cela fera l’objet du prochain billet.
A suivre……..





Maintenant que les Imjahden du Rif sont victorieux et leur Commandeur à Chefchaoune super armé grâce aux butins espagnols et le moral des braves, incluant plusieurs déserteurs musulmans, allant bousculer les armées du général Republican, profitant de la faiblesse de la monarchie qui incarnait ses anciens rêves gaulois, comment furent les circonstances de l´ensemble de notre bled, jusqu´au couronnement de Moulay Youssef?
Après le décès de celui qui avait fédéré le pays (Moulay Al Hassan I), Prince Abdelaziz est nommé successeur au trône de Fès, Marrakech et Tafilalt. Au sein de sa grande famille, ses nombreux demis frères n´étaient pas d´accords! Déjà Moulay Hafid soutenu par plusieurs Caïds, il avait été proclamé Sultan par les Fkihs de sa bayaâ au Sud. Mohammed à Skhirat et Bou H´mara Sultan sur l´Orient (Oujda), pour les faire obéir, il avait fait appel au Français déjà à Casablanca. Le vrai pouvoir spirituel se trouva entre Fès et Meknès, incarné par Zaouiat Al Kattani qui sera la seule en mesure de trancher contre les frères ennemis et favoriser Moulay Hafid. Entre 1894 et 1912, le Maroc se trouva sous l´anarchie des notables, des Caïds corrompus, parmi lesquels Akka à Meknès. Les exigences des créanciers Banque Paris – bas et les actions de la France à la banque d´Etat marocain déjà majoritaires, elles vont mettre en œuvre les accords secrets du 5 Août 1890 entre la Grande Bretagne et la grande Nation.
Moulay Hafid avait fait une autre alliance avec Madani Laglaoui qui sera son Ministre de guerre et qui va utiliser sa Mahalla pour destituer Moulay Abdelaziz à Rabat. Sur sa route, Madani n´avait fait que ravager Kabilat Asraghna et par miracle, il avait préféré éviter la capitale des Almorabites pour continuer sur Fès, profiter de la bénédiction de Zaouiat Al Kattani et se faire légitimer devant l´ensemble du peuple. Le long de leur route, les soldats du méchant Laglaoui et leurs officiers, avaient coupé, pillé et brûlé tous ce qui formait les paysages de leurs chemins vers l´ex- capitale des Adarissa! En représailles, 6000 soldats d´Abdelaziz avaient attaqué Fès. Mais toute cette troupe avait été décimée avant son arrivée!
Bénit Sultan de tous les marocains, à condition d´applique la Schari3a, étendre son pouvoir sur les clans rivaux et les corrompus Caïds, combattre les prédateurs européens, pacifier le pays et continuer la politique de son père, Hafid avait compté sur la Famille Mannesmann en Allemagne et défier son frère ainé en main de Paris. Le drapeau de la république rifaine ayant comme effigie l´étoile de David, tient son sens selon la volonté de ceux qui vont financer le sort de tout le Maroc (l´or des familles juives et surtout Weisberger).
Etant laquai Madani Laglaoui le détenteur du vrai pouvoir, il avait fait venir le général Moinier à Fès et organiser sa couverture contre les tribus qui avaient continué à soutenir Moulay Abdelaziz. Bouhmara l´allié des espagnols fut capturé et jeté aux lions, le demi frère Mohammed fit prisonnier à Meknès et Abdelaziz cantonné à Tanger. Dans les Souk du Rif, Les Barrahas avaient annoncé la chute d´un Sultan et l´acclamation d´un autre. Selon ce scrutin, la population lassée par le pouvoir de Melilla et les manœuvres de l´Espagne pour voler leurs ressources, elle avait affirmé sa loyauté au nouveau souverain. Laglaoui déjà formé dans un esprit français, il avait tout fait pour obtenir une armée étrangère et se débarrasser des soldats marocains qui n´arrivaient plus à toucher leurs soldes! Le Sultan entre les contraintes des financiers et son ministre de guerre, il n´avait plus de choix et ainsi il viola le Contrat d´honneur établi avec Al Kattani. Les tribus voisinant Fès, se précipitèrent contre les français de la ville. Les 5000 soldats de Monier repostèrent avec leurs puissants Canons 75, faisant un tat de mort au sein des musulmans. C´est cet incident qui va faire venir Hubert Lyautey et Gouraud, pour destituer Hafid et nommer Moulay Youssef. Cadi Abdelkrim père avait eu ses raisons pour jurer combattre l´envahisseur français, jusqu’à la fin des temps. L´autre élève d´Al Quarouyine, Mohammed Ameziane (1887 – 1891) en guerre contre Bouhmara qui avait déjà vendu les mines de Bouifror et foulé les confins de Béni Ouriaghel (1908), dans sa lutte, il avait infligé deux déroutes aux 46.000 soldats goths, commandés par les généraux Alfaro, Tobar, Miralis et culminées par la mort del Généralissimo Ardonit. Les héros »Imjahden« de Mohammed Ameziane, ne comptant que sur leur foi et l´amour de leur pays, ils avaient refusé toutes les séductions du général José Marina, allant jusqu´à promettre à Ameziane de devenir porte-parole (ambassadeur) avec le reste du Maroc français! Le 12 Mai 1912, cet autre héro est mort. Fidèle au serment de son père, comme nous avons appris dans les 4 essais de Hmida, un autre rifain l´avait relevé en 1921, déclarant sa grande guerre aux Hyksos.
Comment sera la suite avec Primo de Rivera, Lieutenant Colonel F. Franco, Lyatey et Maréchal Pétain?
Houcine / Austria
http://www.familie-manesmann.de
(Marokko)