Depuis quelques jours, j’écoute en boucle, mais en les alternant, trois CD : les plus beaux chants Gospel, les plus beaux chants orthodoxes et une « laila issaouiya » bien de chez nous. Quand je suis en voiture, je m’engage vite fait dans le lecteur une cassette d’une troupe de Issawa. Et quand un quart d’heure de libre, je me laisse bercer en regardant un DVD d’un spectacle de musique soufie. Est-ce que je suis en pleine crise mystique ? Je ne pense pas ! D’ailleurs l’audience (le fait d’écouter avec attention ou intérêt, j’ai vérifié sur un bon dico) de cette musique me ne touche qu’en tant que rythme et en tant que mélopée. Ne maîtrisant ni l’anglais, ni le turc, ni les langues slaves (je ne sais d’ailleurs pas en quelle langue sont exécutés les chants orthodoxes), je reste quand même fasciné par le même plaisir physique et acoustique que je ressens à l’écoute de ces différentes formes de musique. Peu m’importe ce que les paroles portent comme messages, je me retrouve en train de battre du pied quand j’écoute un gospel, ou bien à me dandiner d’avant en arrière quand la troupe issawie répète à l’infini « Allah ! Allah ! Allah ! ». Les chants grégoriens me font voyager dans un monde totalement inconnu, mais d’avantage peuplé de personnages historiques que je me fabrique que chargé d’un quelconque mysticisme. Les danseurs soufis, s’ils forcent mon admiration par leurs prouesses, me font pourtant légèrement sourire. Je ferai durer ce plaisir encore quelques jours, parce qu’il est nouveau, assez troublant il faut dire, mais je ne pense pas que cette musique puisse devenir indispensable pour moi. Je suis plus à l’aise avec des approches plus terre-à-terre, plus humaines de la musique et de la chanson.