Je vote
donc j’existe politiquement!
Cà y est! J ai retiré ma carte d’électeur! Je suis un citoyen! Un vrai ! Un citoyen, une voix! Le 7 septembre j’irai donner ma voix à une liste, à un parti! Lequel? Cela n’a pas d’importance, du moins pour les autres! Pour moi, si! Ce geste a une importance capitale, primordiale! En allant déposant mes bulletins – puisqu’il y en aura deux, avec la liste nationale des femmes – je dirai : voilà ce que je veux pour mon pays! Si nous sommes une majorité à opter pour tel choix, une majorité forte, claire, nette, même si cette majorité est plurielle, c’est-à-dire composée de courants divers mais proches, nous pourrons agir, nous pourrons faire entendre notre voix! Nos institutions seront obligés de suivre nos choix! Si chacun de nous reste chez lui ce vendredi 7 septembre 2007, au motif que sa voix ne compte pas, que de toutes façons les dès sont pipés, que les jeux sont faits, que les élections ne serviront à rien, il faudrait s’attendre à voir des vagues de militants d’un parti bien organisé, bien structuré, bien discipliné envahir les bureaux de votes. Ils sont nombreux certes, mais ils ne sont pas majoritaires, loin de là! Mais ils gagneront, parce que nous ne nous serions pas battus! Ils gagneront, disons par fortait! Mais si nous leur cédons la place, si sur 100 électeurs potentiels, une cinquante préfère s’abstenir – pour mille raisons dont aucune n’est vraiment valable – et qu’une bonne dizaine décide de mettre dans l’urne un bulletin volontairement nul (raturé, portant une indication quelconque, déchiré, etc…), la quarantaine qui reste s’éparpillera entre les quatre ou cinq listes les plus importantes. Et nos représentants seront élus par une poignée infime d’électeurs. C’est le mode de scrutin qui le veut. Il serait bien plus urgent de changer cet aspect purement technique des élections que de penser à modifier la constitution. Mais bon, les choses sont ainsi faites, pour l’instant! Ainsi, devant la mobilisation déjà éprouvée à maintes reprises des militants du parti le plus structuré du pays, nous allons nous retrouver mathématiquement avec une majorité qui n’est pas la majorité sociologiquement et politiquement représentative de notre pays. Et en bons démocrates, nous devrons nous plier à la loi de la démocratie : la majorité quelle qu’elle soit, fut-elle une majorité infime, s’impose à la minorité. Sauf que cette majorité n’aura pas de fondement politique mais religieux. Sauf que cette majorité voudra imposer non pas ses choix et ses programmes politiques mais son idéologie basée la religion. Sauf que cette majorité voudra non seulement imposer sa vision du Maroc, mais imposer un mode de vie, une nouvelle relation avec le spirituel. Dans le pays où tous les citoyens sont musulmans – mis à part une poignée de citoyens de confession hébraïque – il ne peut y avoir de hiérarchie dans la foi, dans la relation individuelle avec la religion. Le roi, Amir Al Mouminine, est le seul habilité à agir, décider, orienter, dans ce domaine. Il est hors de question de confier ce rôle à qui que soit. Un des visiteurs de cet espace a posé très ingénument la question fondamentale : “Y a-t-il un programme intéressant d’un parti d’opposition?” La campagne électorale qui s’ouvre dans quelques jours a pour but justement de présenter et de défendre les programmes des uns et des autres. Et il y en aura toute une palette : de celui de la gauche, pure et dure, à celui de la droite la plus libérale, en passant par celui inspiré par le désir de nous mener au paradis. C’est au citoyen de s’informer, de chercher, de participer aux meetings, d’écouter, de comparer, de faire la part du réel et de l’utopique, de la proposition sérieuse et de la promesse vaine, de réfléchir et de voter. VOTER n’est pas un acte gratuit, sans conséquence. VOTER est un acte politique essentiel dans la situation actuelle de notre pays! VOTER c’est choisir notre futur! Malgré les difficultés économiques, malgré des avatars exogènes, en dépit des accidents de parcours qui peuvent jalonner notre processus démocratique! RENONCER AU VOTE, c’est faire le lit de ceux pour qui la démocratie est un mot vide de sens et tout au plus un moyen technique d’imposer leur vision du monde! Alors, VOTONS, pour ne pas avoir à trouver face à une situation qui nous échappe, pour ne pas avoir lancer des vains cris de vierges effarouchées confrontées à des difficultés pourtant prévisibles, des problèmes auxquels d’autres avant nous – je pense aux algériens – se sont laissés entraîner, par paresse citoyenne ! RENDEZ-VOUS LE 7 SEPTEMBRE 2007!
