Je vote donc j’existe !
D’emblée, je tiens à préciser que le sujet du présent post n’est en rien inspiré par l’action que compte mener l’association Daba 2007, chapeautée par notre publicitaire – associatif -touche à tout Nouredine Aycouch et ses amis.
Pour ma part, j’ai toujours considéré le fait de voter comme un DEVOIR DU CITOYEN plus que comme un droit élémentaire et sûrement beaucoup plus qu’un simple choix personnel.
Cette position, je l’ai toujours défendue, même du temps où l’acte de voter ne servait strictement à rien. Comme avait dit Hassan II « le plus important dans un référendum, ce n’est pas les 99 % de oui mais les raisons de 1 % de non ». Hassan II, n’était certes pas un modèle de démocratie, mais un fin connaisseur de la politique. Je pense donc je suis, en tant qu’individu.
Je vote donc je suis, en tant que citoyen.
Et c’est dans cet engagement personnel que s’inscrit l’appel que je lance ici et que je relancerai périodiquement jusqu’aux prochaines élections de 2007.
Dans moins d’une année, les marocains seront donc appelés à voter pour renouveler leur parlement. Depuis les premières élections de 1963, ce genre de consultations n’a jamais attiré les grandes foules malgré l’évolution plutôt positive du rôle de l’institution législative et de l’amélioration notable des conditions de transparence et d’intégrité dans lesquelles se déroulent les élections.
Pire ! Si l’on se fie aux chiffres officiels, l’abstention aurait été beaucoup plus marquée lors des dernières législatives!
Mais cette fois-ci, l’enjeu est de taille et les risques dépassent le simple fait de désigner les personnes chargées voter les lois et dans une certaine mesure de contrôler l’action du gouvernement.
Il s’agit d’un véritable choix de société. S’abstenir de voter cette fois-ci peut s’avérer un acte très grave, qui peut engager notre pays dans une voie qui n’est pas celle espérée par la majorité silencieuse.
Rappelons-nous l’histoire récente des deux pays qui nous touchent le plus.
En 1992, les 5 millions d’abstentionnistes algériens ont laissé la voie aux 3,5 millions de partisans du FIS et nos voisins se sont retrouvés dans une guerre civile qui a perduré et dont personne ne peut estimer à ce jour les séquelles sur ce pays.
En France, les 11 millions de français qui ont préféré aller à la pêche ou en pique-nique le dimanche 21 avril 2002, ont permis à Le Pen, grand fasciste devant l’histoire, de balayer Jospin et de menacer Chirac. Ceux qui ont voté Chirac au deuxième tour avec « des pinces sur le nez » auraient été mieux inspirés de voter Jospin au premier tour au lieu de penser que de toute façon ce dernier passera. Et le présent quinquennat chaotique de Jacques Chirac est la conséquence directe de la désaffection des électeurs lors de ce fameux 21 avril.
Rappelons encore la réélection de Georges W. Bush qui n’est dûe qu’au vote massif de ses “adeptes” alors que les démocrates ont laissé passer l’occasion par manque de mobilisation!
Le Maroc, en septembre 2002, a failli connaître une situation similaire. Dans une indifférence coupable, les démocrates ont oublié de voter. D’autres ont snobé ces élections en pensant qu’ils sont les meilleurs et fatalement majoritaires. Certains déçus par la politique ont renoncé en se disant que rien n’a changé et que rien ne changera. Un grand nombre, les jeunes surtout, n’ont pas été suffisamment motivés par les partis traditionnels. Heureusement, la situation a pu être sauvée grâce à la « baraka » qui protège notre pays.
Mais il ne faut oublier que les résultats de ces élections, qui ne sont que la conséquence directe de la paresse, de l’irresponsabilité et l’incivisme de nos compatriotes ont retardé de cinq ans la mise en place d’un gouvernement issu de la volonté populaire.
La désignation de Monsieur Jettou n’est que le fruit de l’incapacité de dégager une majorité raisonnablement cohérente d’un parlement – mosaïque. Une majorité nette nous aurait permis d’engager de facto notre pays dans la voie d’une monarchie constitutionnelle à laquelle nous aspirons tous, citoyens, partis et souverain !
Pour les prochaines élections législatives, la situation en encore plus grave dans la mesure où les urnes sont ouvertes devant les jeunes à partir de 18 ans. Cette frange de la population aura un rôle-clé dans le choix de société qui sera proposé au pays pour les années à venir.
Le Maroc d’après 2007 aura à régler les problèmes de ces jeunes ! Alors qu’ils votent ! Pour pouvoir demander des compte par la suite !
Qu’ils votent pour n’importe quelle formation politique ! Celle qui leur parait la plus apte à appréhender leurs difficultés, leurs aspirations ! Qu’ils votent pour pouvoir sanctionner par la suite !
Voter devient alors une responsabilité énorme. Ne pas l’assumer, revient à se comporter en « non-citoyen ». Ne pas voter c’est abandonner sa vie à quelqu’un d’autre. Ne pas voter c’est accepter d’être manipulé comme une vulgaire marionnette. Ne pas voter c’est renoncer à vivre la vie que l’on a choisi de vivre. Ne pas voter, c’est permettre à d’autres de choisir pour nous non seulement la politique du pays et mais aussi la façon de vivre sur le sol de ce pays. Ne pas voter c’est accepter que l’on nous impose un choix civilisationnel.
Une fois les urnes ouvertes, il ne servira à rien alors d’en contester les résultats, à moins d’avoir l’envie de mettre le pays sens dessus-dessous ou comme toujours responsabiliser l’état, les partis, les “moul chkara”!
Alors, pour les prochaines élections de 2007, votons, tous. Votons et incitons nos proches, nos amis, nos parents, nos enfants à voter….Il en va de l’avenir de notre pays.
