Il m’arrive souvent d’entreprendre la lecture simultanée de plusieurs livres. Surtout s’ils abordent des sujets très différents ! Cela me relaxe et me permet d’accorder un intérêt renouvelé à chaque ouvrage. Ce fut le cas ces derniers jours!

Immergé profondément dans LES ELITES DU ROYAUME de Ali BENHADDOU, j’ai essayé d’avancer dans cette lecture assez aride et relativement ardue.
Pour bien situer cette « enquête sur l’organisation du pouvoir au Maroc », comme précisé en sous-titre de l’ouvrage, rééditée chez RIVEMONDE en novembre 2009, il faut signaler que la première édition remonte à 1997 chez L’HARMATTAN.
L’auteur, à partir de ses travaux de recherche en sociologie des élites, essaie de parvenir à « la connaissance concrète des élites du Royaume ».
L’approche de Ali Benhaddou est simple.
D’une part, les élites du Maroc proviennent de trois sources (les chorfas, les oulémas et les commerçants).
D’autre part, ces élites se perpétuent par la reproduction de leur propre modèle en utilisant la tradition (les alliances familiales, le contrôle des centres de décision, le repli sur leur propre univers).
L’ouvrage permet de mieux appréhender le système de « réseaux » qui tiennent le Maroc, comme celui des anciens élèves des grandes écoles françaises (Polytechnique ou H.E.C.).
L’auteur réserve un chapitre de 15 pages, sur les 203 de son livre, à ce qu’il appelle « l’implosion sociale », qui représenterait à son sens la contrepartie de cette mainmise des élites sur le pays.
La lecture de l’enquête de Ali Benhaddou nécessitant une attention soutenue, je me suis relaxé en jetant un coup d’œil intéressé sur le petit ouvrage de Allal RAGOUG traitant de LA CHANSON POLULAIRE MAROCAINE.
Cette « géographie culturelle diversifiée », parue en 2008 sous les presses de l’imprimerie RABAT NET MAROC, nous guide sur une centaine de pages à travers les différents styles de la chanson populaire de notre pays : des 3Abidat Rma qui reviennent à la mode à Nass Al Ghiwane des années 70, de la 3aita dans toutes ses formes au ahaydouss.
Le travail de Allal RAGOUG aurait été plus attractif s’il était accompagné d’un support sonore comme un CD ou audiovisuel comme un DVD. Mais je suppose que les difficultés financières, techniques et juridiques ne l’ont pas permis.
Cette carence m’a suggéré la constitution d’une petite collection personnelle audiovisuelle, sur la base des données fournies par Allal Ragoug.
Passant du patrimoine culturel à la politique, j’ai été très intéressé par un travail universitaire de Ghassane LAMRANI sur l’U.S.F.P.
Il s’agit du texte d’un mémoire de DESA en sciences politiques soutenu en février 2009 à l’Université Mohamed V de Rabat et édité par ITTISSALAT SABOU, sous le titre : « L’U.S.F.P. : CRISE PASSAGERE OU PREMISSES D’UN DÉCLIN ANNONCE ? »
Le travail de Ghassane Lamrani a consisté en un décryptage systématique des résultats des différentes élections locales et législatives, et même syndicales, qu’a connues le Maroc pour mesurer d’abord le déclin électoral progressif du grand parti de la gauche marocaine et dégager ensuite les raisons de ce déclin, dû notamment l’apparition du mouvement islamiste et à l’émergence du P.J.D.
Après quelques allers-retours, entre musique, politique et sociologie, j’ai pu enfin venir à bout de l’ouvrage de Benhaddou que j’essayais de lire, en m’interrogeant sur le résultat de cette enquête si elle était réactualisée.

Bravo! T’as réussi l’exploit de faire un bref compte-rendu du livre de Benhaddou sans prononcer le mot Makhzen. Un terme dont l’auteur tente d’en fournir (maladroitement) une conception et qui revient une dizaine de fois dans l’ouvrage en constituant l’ossature en quelque sorte conceptuelle. Mais j’ai oublié, que pour toi, le makhzen n’existait pas!
@hmida
je pense qu’il faut rendre hommage de la part de allal raggoug au regretté mohamed abouhamid qui fut un grand connaisseur de la chanson populaire et son histoire,et qui a rendu l’ame soudainement alors qu’il pensé à écrire un ouvrage sur le sujet.hassan najmi a profité beaucoup de lui.
@ Anon
La preuve que la notion de “makhzen” n’existe que dans certains esprits nourris de littérature coloniale est qu’un spécialiste de la sociologie des élite ne soit pas arrivé à en donner une conception claire et précise!
Tu te trompes cher Hmida. le fait que plusieurs (y compris Laroui) aient donnés des conception différente de la notion du makhzen est la preuve plutôt de son omniprésence tentaculaire, et la diversité provient avant tout de celle des perspectives théoriques que l’on poursuit. Le Makhzen peut être abordé selon une perspective corporatiste selon le modèle jacobin français d’un État central fort dominé par les corporations, selon une théorie marxiste des classes, selon une théorie culturaliste, selon la théorie hégémoniste de domination, etc. Il me parait évident, et sans préjudice pour ton intelligence estimée, de te faire remarquer que la polysémie et la profusion de sens donnés à un concept politique ne préjuge surtout pas de son ”inexistence” dans la réalité. À moins que tu ne souscrives à une conception ”post-moderne” (et je n’ai rien contre, je trouve même que c’est respectable et digne d’intérêt intellectuel) voulant que la réalité n’existe pas et seul compte, pour chacun et en fin de compte, la perception que l’on en a. Un relativisme philosophique que je ne rejette pas a priori, mais qui, tu en conviendras, ouvre des portes difficiles à refermer, surtout pour un monarchiste dogmatique..
Le Makhzen, c’est tout simplement l’establishment marocain.
Le Makhzen “n’existe que dans certains esprits nourris de littérature coloniale”?
certainement oui si le maroc n’est que dans certains esprits nourris de littérature nourris de l’historiographie arbophone ou des relations de voyages écrites par des européens du 17 ou 18 e siècle.
certainement oui si la capitale du maroc n’est pas rabat,comme n’était marrakech ou fès avant,et serait paris ou londres.
certainement oui si c’était les allemands ou américains qui font la queue chaque jours devant les consulat de fassi fihri pour obtenir des visas.
je refère à celui qui ignore le makhzen au ” Origines…”d’abdallah laroui ou à son livre “le Maroc et Hassan II”…c’est un intellectuel marocain éduqué d’abord da ns le mouvement national.
@ Anon
Ton infinie science des mots n’a pas fait avancer le shlimblic d’un iota! Je ne sais toujours pas ce qu’est le “makhzen” : je connais les institutions de ce pays, les partis, les réseaux,les groupes d’influence, les fortunes, les centres de décisions, le palais, l’armée, les oulémas, etc..etc…mais le “makhzen” inconnu au bataillon depuis “blad siba wa blad al makhzen”. Mais cela c’était une autre époque!
@ alimani
tout le monde peut aussi profiter paisiblement de tout le monde, moi c’est d’ailleurs ma conception des échanges, qu’ils soient marchands ou pas : je fais profiter autant que je profite. maintenant, faut savoir surtout se montrer reconnaissant mais comme disait l’autre, que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre…
@ anon
brillante démonstration de la matérialité de l’objet intellectuel “makhzen”. tu négliges simplement l’acception essentiellement fonctionnelle de “réserve de richesses”, notamment agraires. pas le blé du pognon, le blé tout court.
le makhzen pour que le grain ne meure et pour qu’il soit distribué équitablement et rationnellement afin d’en gérer la rareté. dans ce sens là, un gouvernement de type makhzénien aurait une espèce de vertu écologique et le makhzen s’avérerait une voie royale de développement durable…
mais je comprends que citoyen hmida, noblesse démocratique oblige, défende aussi farouchement son idéal d’un Maroc où les hommes savent se faire tout seuls également, hors réseaux de clientèles, quelles qu’elles soient. l’idéal du citoyen qui n’a pas besoin de se rassembler avec certains pour mieux s’opposer forcément à d’autres. le genre mauvais client pour un parti politique, encore moins politicien.
modélisons, modélisons, il en restera toujours quelque chose
@ Lixy
Le Maroc serait le seul pays au monde à avoir (à souffrir, à bénéficier, à disposer, à profiter, à servir, à combattre, la liste est longue et ouverte) un establishment?
Pourquoi celui du Maroc serait affublé d’un qualificatif historiquement, socialement et politiquement dépassé et qui se réfère à une période pas trop glorieuse de notre histoire!
Parlons donc de establishment tout simplement!
Le Makhzen, au sens moderne du terme, c’est le pouvoir et les abus qui vont avec.
C’est l’infirmier qui raquette les malades à l’hôpital.
C’est le fils du général qui s’octroie des marchés publics hors concurrence.
C’est le gros trafiquant de drogue que l’on vénère car il a fait fortune au vu et au su de tous, et en défiant l’autorité publique.
On peut multiplier les exemples, grands ou petits, on retrouve toujours le même principe de base qui veut que « le pouvoir, ca se respecte ! »
Bien sûr, il y a des lois et des sanctions que l’on applique de temps en temps ; mais au Maroc, avant de respecter les lois, on respecte d’abord les gens ayant un pouvoir quelconque, sans tenir compte ni de leurs bassesses ni de leurs mesquineries.
C’est pour ça que tout est erroné à la base et qu’on a l’impression de tourner en rond.
T’as malheureusement raison, Le Penseur. Les gens ne sont que très rarement à la hauteur des institutions qu’ils prétendent incarner et servir dans l’intérêt de la collectivité ou de la communauté, je ne sais pas quel est le terme le plus fonctionnel des deux.
L’inconvénient de cette approche c’est que ça force à parler des gens et comme ils sont extrêmement nombreux à l’échelle de la planète, ces gens-là, on n’en finirait pas. L’égoïsme suicidaire est catastrophiquement le même à l’échelle de la Terre entière, il n’y a qu’à considérer l’état d’aggravation du déséquilibre écologique pour en juger.
Et à moins d’être Victor Hugo ou Nagib Mahfoud, ça devient vite fastidieux de parler des gens.
Pour ma part je préfère m’intéresser aux systèmes, qu’ils soient mécaniques ou sociaux, c’est plus gratifiant surtout quand on n’est qu’un technicien de l’observation.
Mais je comprends qu’il y ait largement dans notre société post archéomoderne, de quoi composer l’équivalent d’un Comédie Humaine, que Balzac repose en paix.
@Salvadorali
En général, les institutions ne tombent pas du ciel, ce sont les gens (au sens vague du terme) qui les font et les défont. Lorsqu’on observe un comportement aberrant à l’échelle d’une organisation, il faut chercher les sources de l’aberration à l’échelle des individus qui composent l’organisation.
Le problème est que, dans notre société, il est absolument normal de NÉGOCIER LA NORME!
Le citoyen comme le responsable ne sont d’accord que sur deux points :
- admettre que la norme existe
- tout faire pour la négocier!
Dans d’autres sociétés, on essaie de contourner la loi, de profiter de ses failles, de tirer le maximum de profits que l’on peut de ses dispositions.
Chez nous, la loi existe, tout le monde est d’accord mais chacun à tous les échelons, dans toutes le situations sociales, essaie de la négocier : c’est du donnant-donnant!
Le défaut du système vient de là!
J’aimerais prendre comme exemple concret celui des syndicats des travailleurs marocains, qui est censé représenter « l’anti-makhzen ».
Les dirigeants et représentants syndicaux, à tous les niveaux et sans exception, tous syndicats confondus, préfèrent sacrifier l’intérêt des travailleurs qu’ils défendent au profit de leurs intérêts personnels et/ou de celui du syndicat qu’ils représentent, selon la tactique politique du jour.
Voilà des gens qui ont été élus démocratiquement pour une mission précise, et qui au lendemain des votes se transforment en « agents de pouvoir » avec des reflexes makhzéniens.
C’est ce qu’on appelle « un retour au sources ».
lixy : “Le Makhzen, c’est tout simplement l’establishment marocain.”
Une définition existe-elle ? clairement, je la vois dans le prêche de la médiocrité – inconsciemment ou par manque d’expérience de la qualité ?- et l’éloge de la corruption par des moyens divers et variés .
@Hmida:
> “Le Maroc serait le seul pays au monde à avoir (à souffrir, à bénéficier, à disposer, à profiter, à servir, à combattre, la liste est longue et ouverte) un establishment?”
Non. Mais les establishment ne sont pas égaux. Certains étant plus pernicieux et agressifs que d’autres.
> “Pourquoi celui du Maroc serait affublé d’un qualificatif historiquement, socialement et politiquement dépassé et qui se réfère à une période pas trop glorieuse de notre histoire!”
La “période pas trop glorieuse”, nous y sommes encore!
Nous sommes encore un pays qui criminalise l’homosexualité, la bouffe durant le Ramadan, et qui traite les femmes comme des demi-personnes. Nous sommes encore dans une monarchie héréditaire quasi-absolutiste de droit divin. Nombres de régions vivent toujours dans un système féodal avec chorfas et tutti quanti.
L’establishment marocain est tenace dans son refus du progrès et de l’incorporation d’éléments d’autres cultures (disons la philosophie de Lumières). Il est xénophobe à outrance. Il est ouvertement oppressif envers les progressistes.
En Finlande ou en Csezka, le mot establishment n’a plus le caractère péjoratif qu’il avait. Parce que le système est ouvert, transparent et sain. Au Maroc, nous en sommes toujours au point ou une opinion politique comme le républicanisme est criminalisé. Tu comprendras dés lors que notre establishement n’est pas similaire aux autres.
> “Parlons donc de establishment tout simplement!”
Si tu veux. Mais le terme est peut être difficile à comprendre pour la majorité. D’où, “Makhzen”.
@Abdel: “Une définition existe-elle ?”
Celle du Penseur me semble intéressante: “Le Makhzen, au sens moderne du terme, c’est le pouvoir et les abus qui vont avec.”
@ Lixy
Pourrais-tu dire que l’establishment financier qui dirige le monde occidental – dans la transparence et l’ouverture – estil moins coupable que le nôtre?
Mettre le profit financier au cœur de l’économie au détriment de l’homme n’est-il pas coupable? A moins de considérer que ce vient de l’occident est formément louable!
Tu parles de xénophobie de notre establishment? De soin refus d’incorporer les autres cultures? Connais-tu cet establishment ou fais-tu juste des phrases qui sonnent joli? Qui fréquent les écoles des missions étrangères? Qui fait ses études à l’étranger dans les meilleurs écoles, instituts et facultés? Ouald acha3ab ou bien les gosses de l’establishment?
Je crois bien que ta vision des choses n’est pas aussi nette que les diatribes que tu lances contre la société marocaine que sembles mal conaitre!
Tu vois bien que dans ton esprit la notion de “makhzen” ou de “establishent” est confuse!
Tous les sujets mènent au Makhzen : les chikhates, les catastrophes naturelles, les productions littéraires…
Cette obsession manomaniaque du Makhzen a dépassé le stade pathologique mais a gardé bien heureusement son aspect risible à défaut d’être drôle
lixy : “@Abdel: “Une définition existe-elle ?”
Celle du Penseur me semble intéressante…”
Oui, je ne l’ai pas vue avant mon commentaire. Elle revient à ce que je pense en plus détaillé.
Makhzen ou Maghzen est un mot d’origine arabe qui signifie « cacher » ou « préserver » qui a donné le mot magasin en français. Au départ, il désignait le coffre où les sultans alaouites gardaient les butins et les rapts volés aux tribus berbères. Dans le parler courant des Marocains, on parle de Makhzen dès qu’il est question de pouvoir qui s’incarne parfaitement dans la personne de son représentant suprême, le roi. Le Makhzen a été institué et confirmé sous le colonialisme direct de la France dit « Protectorat français ».
En tant qu’organisation sociale, politique, militaire et économique, le Makhzen est un système d’allégeances « intégrées » et « superposées » où, comme le souligne Gérard Mairet dans « Les doctrines du pouvoir, la formation de la pensée politique, Paris, Gallimard, 1978 » : « sous le tyran ultime, et de proche en proche, l’illusion de commander fait de tous et de chacun des petits chefs serviles à la dévotion du chef suprême, s’identifiant à lui, jusqu’à être sous le grand tyran tyranneaux eux-mêmes. »
Socialement, on pourrait donc définir le Makhzen ainsi : une pyramide de positions hiérarchiques, dont le sommet est le tout puissant roi et la monarchie alaouite, entourés de serviteurs en tous genres. Le Makhzen contemporain est fondé sur des alliances de la monarchie avec de grandes familles… ce « néo-Makhzen » a été perfectionné et affiné par Hassan II…
Autrement dit, c’est l’exact contraire de la démocratie.
La Makhzen est basé sur un système d’injustices, de servitude volontaire, ou le Sultan (Roi) est la clef de voûte de tout le système.
Le Maroc est l’un des rares pays au monde où la pratique et l’usage de l’« irresponsabilité » politique et de l’impunité juridique, sont consacrés et célébrés comme mode « original » de gouverner des souverains marocains. Dans un pays où tout, absolument tout, dépend du bon vouloir et du bon plaisir d’un seul individu, le roi, ce dernier ne peut pourtant être tenu responsable, ni politiquement, ni militairement, ni économiquement, ni socialement, ni juridiquement et encore moins pénalement, d’aucune « mauvaise » décision qu’il pourrait prendre ou mettre en oeuvre. Le roi, pourtant l’incontestable et incontesté maître de facto et de jure, ne peut être considéré, exclusivement, que l’auteur des bonnes et sages décisions. Les autres décisions, les mauvaises et les non sages, ce sont forcément, et de manière systématique, les « autres » qui doivent en répondre, voire en payer de leurs vies les conséquences.
Considérée la sacrée suprême par la constitution médiévale, au-dessus des deux autres symboles du Royaume, Allah (Dieu) et Alwatan (la Patrie), la personne du roi est au-dessus de toute critique et de tout reproche, inviolable. Le roi, clef de voûte, par excellence, du système est pourtant, en plus d’être le chef de l’Etat, le chef suprême des armées, le commandeur des croyants, est l’un des plus grands propriétaires et hommes d’affaire du pays et financier coté à la bourse de Casablanca.
Il est également celui qui nomme et désigne le gouvernement et au nom duquel les prières sont dites dans les mosquées, les jugements et les sentences prononcés dans les tribunaux.
Devant un parlement d’opérette, un gouvernement réduit, littéralement, au simple rôle de secrétariat et une opposition officielle aux ordres, émasculée, qui se contente, pitoyablement, de faire de la figuration après avoir, lamentablement, échoué à faire la révolution, « Sa Majesté » est le seul maître à bord, celui qui règne et gouverne, à la fois, et dont le pouvoir ne souffre ni contrôle ni limite. Quoi que dise le roi, quoi que fasse le roi, « Sa Majesté » le roi demeure, en toutes circonstances, l’incontestable et incontesté glorieux « Sidna ». Celui qui règne sur les esprits et les cœurs, celui qui ne peut se tromper ou même soupçonné d’être susceptible de l’être.
Contredire « Sa Majesté », contester ses mesures ou s’opposer à ses décisions, est, par ailleurs, un crime de lèse-majesté justiciable, comme on vient de le voir ces dernières années avec Tazmamart, Kal’at M’gouna, Derb Moulay Chrif et autres mouroirs, des pires châtiments.
Et pourtant, c’est ce même roi et c’est ce même pays, le Maroc, que les serviles et serviables organes de presse marocains, relayés, constamment et bruyamment, par une importante partie des médias de l’Hexagone, nous présentent, à longueur de bulletins d’informations radiophoniques, de journaux télévisés, d’enquêtes d’opinion « sur mesure » et de reportages bien illustrés, complaisamment, sans honte et sans vergogne, au mépris des moindres et élémentaires règles et principes de l’objectivité et de la déontologie journalistiques, comme les symboles prometteurs de l’irrésistible processus de démocratisation dans le monde arabe et musulman !
Le Makhzen, une pyramide de tyranneaux sous le grand tyran
Il nous faut insister sur le fait que ce l’on appelle le Makhzen, cette organisation sociale, politique, économique et sécuritaire qui régit, depuis des siècles et sous l’autorité des souverains alaouites successifs, le Maroc français, est une forme de domination tout à fait « originale », un cadre « institutionnel » politique et militaire confectionné sur mesure, au mépris des droits les plus élémentaires des Marocains (-nes) à une vie digne; un cadre dont la finalité est de permettre aux rois du Maroc (les anciens comme l’actuel) de disposer « souverainement » de pouvoirs et de prérogatives exorbitants dont ne semblent disposer, à travers le monde de nos jours, aucun autre dirigeant.
Le Makhzen, une réelle deus ex machina destinée à susciter et à entretenir, par la peur et la crainte, les « allégeances » en faveur du commandeur des croyants, est un rouleau compresseur dont le principe de fonctionnement et les modus operandi ne peuvent que faire rougir de jalousie les machiavéliques les plus convaincus et les plus endurcis. Système de « servitude volontaire » incomparable, l’organisation Makhzen a pour principe de fonctionnement une illusion, constamment nourrie et entretenue, de la maîtrise. En tant qu’organisation sociale, politique, militaire et économique, le Makhzen est un système d’allégeances « intégrées » et « superposées » où, comme le souligne Gérard Mairet, « sous le tyran ultime, et de proche en proche, l’illusion de commander fait de tous et de chacun des petits chefs serviles à la dévotion du chef suprême, s’identifiant à lui, jusqu’à être sous le grand tyran tyranneaux eux-mêmes. »
Organisation de domination sophistiquée, s’il en est, le Makhzen est en réalité une véritable « pyramide de servitudes et de dépendances où chacun se croyant le maître de l’autre est [en fait] l’esclave d’un autre », un système où « l’assimilation au chef, la transparence au prince sont les moyens grâce auxquels chacun prend sur soi de s’ériger en maître de son voisin. »…
@ Expert en conneries sur le Makhzen
J’ai commencé à lire avec intérêt jusqu’à la 3e ligne “au départ, il désignait le coffre où les sultans alaouites gardaient les butins et les rapts volé…”
Le mot Makhzen est antérieur de plusieurs siècles aux Alaouites. cet anachronisme aux relents nauséabonds suffit à lui seul à enlever toute crédibilité à ta prose propagandiste.
@ Expert en conneries sur le Makhzen
“… les rapts volés aux tribus berbères”
Là on est en plein imaginaire colonial : méchants arabes et gentils berbères.
hmida : “@ Lixy
Pourrais-tu dire que l’establishment financier qui dirige le monde occidental – dans la transparence et l’ouverture – estil moins coupable que le nôtre?”
Affirmatif. Il dirige le monde certes, mais fait le beau temps aussi. C’est pour cette raison que le monde lui obéisse.
Hmida : “Mettre le profit financier au cœur de l’économie au détriment de l’homme n’est-il pas coupable?”
Il ne met pas le profit au détriment de l’homme. Cette assertion a court un peu partout, mais quand on connait le monde de la finance, on sait que non seulement il ne met le profit au détriment de l’homme, mais il le sert ( bien sur moins que lui ! Normal) . C’est la stricte vérité qui va à l’encontre des idées reçues.
Si ce que tu dis était vrai, l’establishment financier qui dirige le monde occidental ne survivra pas dans ce monde occidental qui ne croit pas , à l’assistance de dieu ou la compassion de ses dirigeants…. Il croient notamment à l’accroissement de son niveau de vie, l’éducation de ses enfants, son système de santé , ses vacances , et si il y avait une catastrophe telle que celle qui vient de se produire au Maroc, il ne se contentera pas des ministres avec un message présidentiel , mais une commission, l’étude pour déterminer la faille, les responsabilités surtout celles de l’état et enfin on il demandera à être payé grassement pour ses victimes … . Tu le sais comme moi que sans ces aspects aucune politique ne survivra et donc la direction du monde par la finance n’y survivra pas non plus.
La dernière crise ( même si on considère que ce sont les mêmes qui l’ont crée) est la preuve de l’utilité primordiale du système financier et de son establishment. Le monde entier s’est porté à son chevet comme un seul homme sans rechigner, même la chine, c’est dire. Évidemment, la partie émergeante de l’iceberg parle notamment de la taxe qui a payé tout cela ! cette taxe est non seulement récupérée mais profite à l’état et à la population. De plus ces taxes ont été payé parce qu’il y a de la richesse crée. Au Maroc, je ne sais pas comment l’état fait entrer l’argent : les infractions routières vont directement dans la poche des policiers et leur hiérarchie, les impôts immobiliers vont dans le poche des promoteurs qui font payer le tier en noir en toute tranquillité et dont pas mal sont députés ( intéressante notre establishment ? ) . J’en reste là sinon j’y serais encore l’année prochaine.
Qu’est-ce que j’aimerais cet establishment à la place de la notre . Ironie du sort, notre establishment s’adresse bien à cet autre establishment de la finance au lieu d’implorer dieu comme elle le fait pour les victimes des effondrements ! Excellent, non ?
@ Expert ès Maghzen
Tu devrais dire “expert ès copier-coller”! Ton charabia n’est qu’un ramassis de phrase piqué au hasard de tes lectures mal comprises!
Tu aurais pu signer “expert ès propagande” : ton commentaire est un exemple parfait de ce que certains veulent faire croire du Maroc!
Mais la réalité est bien différente et ce n’est pas ce genre de galimatias qui y changera quoique ce soit!
@Expert en conneries sur le Makhzen
J’ai mis ton texte sur google, j’ai attérit sur :
http://www.larbi.org/post/2008/11/Enterrement
Com 16
Est-ce normal ?
@ Le penseur
Je ne m’étais donc pas trompé sur la teneur du texte de notre expert es makhzen! Merci d’avoir levé le voile!
@aisha:
oui le makhzen est mentioné dans les écrits du Baidaq,historiographe de la cours des almohades au XII e siècle.Ibn Khaldoun au XIVe parle du makhzen mérinide.
avec les alaouites le makhzen a reculé,les zaouias et les leaderships tribaux l’ont concurrencé dans des circonstances difficiles.Le problème c’est pas du tout le patronyme!
mais ça m’a choqué ta façon de répliquer par diffamation lorsque tu qualifies un conmmentateur de”Expert en conneries sur le Makhzen” en déformant son pseudo.
si tu appartiens vraiment au club “noblesse démocratique oblige, défende aussi farouchement son idéal d’un Maroc”(salvadorali) pour louer “un gouvernement de type makhzénien aurait une espèce de vertu écologique et le makhzen s’avérerait une voie royale de développement durable…”(salvadorali)tu as manifesté comment “noblesse démocratique oblige” chez vous,à l’instar de salvadorali,qui jette les pierres comme une façon de pécher!
Alimani, je n’aime pas les contre-vérités et les affabulations surtout lorqu’on se prétend spécikaliste.
Pour le reste de ton argumentation, je n’ai pas de dictionnaire du langage extraterrstre!
@ Citoyen Hmida
J’ai suivi avec attention tes derniers billets et les commentaires qu’ils ont suscités. Je suis atterré!
Pour le présent billet, un seul je crois fait référence au petit de Ragoug sur la chanson populaire : bien sûr, le sujet n’est pas intéressant, il ne s’agit que de cheikhat. Pourtant je suis certain que la plupart de tes lecteurs aiment bien se vautrer devant la télé quand on passe des scènes de femmes qui se trémoussent en lançant des regards langoureux. Mais ce ne sont pas les vraies cheikhates, celles-là!
Aucun commentaire sur le déclin de l’USFP! Tout le monde s’en moque! Si tu avais parlé du PAM, des dizaines de commentateurs auraient sauté sur l’occasion pour agonir l’ami du roi!
Mais tout le monde se découvre spécialiste en makhzen, à tort ou à raison! Tu as bien de la volonté à continuer à prêcher dans le désert!
Notons que Hmida n’aurait jamais laissé passer un commentaire comme ”Expert en conneries” s’il n’était pas d’accord avec la thèse. Il m’a censuré pour avoir utilisé le même mot.
Le contexte était, vous vous en doutiez, diffèrent.
Voici le Makhzen dans ses œuvres protocolaires archéo-risibles :
http://www.ma.ma/fr
10 dépêches successives ridicules et monotones à la Une pour la gloire d’une personne ! Le pays tout entier tourne autour d’une personne !!!!!!!!!!! Et certains osent demander c’est quoi le Makhzen ?!!!!!!!!
موت المخزن الرسمي، مقاومة المخزن غير الرسمي والحاجة إلى أصالة معرفية في خدمة الديمقراطية والحداثة بالمغرب 3/3
الحسين بوخرطة
http://www.alittihad.press.ma/.....2020:18:00
Voici le Makhzen dans ses œuvres protocolaires archéo-risibles :
http://www.map.ma/fr
@aïsha q
c’est vrai,tu appartiens au club”sagesse démocratique”créé par ton complice salvadorali,ce blogueur qui sème l’optimisme dans ce pays, et pour faire face aux contre-vérités ce complice réhabilite la vérité,pour écrire,comme toi,que le makhzen n’est pas le makhzen,pour nous faire comprendre qu’il est l’establishment britannique,que le méchouar n’est que le westminister,que c’est le gouvernement gordon brown qui veille aux affaires du maroc en rendant compte à la chambre des communes qui est situé au boulvard mohammed v à rabat,que barack obama qui dirige le ministère des habous et nicolas sarkozy dirige le ministère de taieb cherkaoui et que hubert védrine dirige le ministère taieb fassi fihri.
si tu ne comprends rien,tant pis,car le langage extra terrestre va avec ton pseudo extra terrestre.c’est tout simplement pour te dire que les marocains ne sont pas disponibles pour le dialogue,ils n’admettent pas du tout la vérité amère.j’ai avancé une idée entre autres pour participer au débat,mais c’est ça te parait malveillant je regrette que tu as de tels caractères.
@ Manimalou
Tu parles bien des activités protocolaires ..mais tu sais bien qu’il n’y a pas que cela …Les marocains le savent!
Mais dans tous les pays, il y a des mécontents, des insatisfaits!
Si çà te chante d’en faire partie, c’est ton droit le plus absolu!
Ravie d’être associée à Salvadorali. Je fait partie aussi de la “tribu” des Optimistes. Mieux vaut faire envie que pitié!
PS. Ravie aussi de taper comme anti-spam : 3achalmalik!
@Le Penseur
c’est vrai pour les sydicats.
mahjoub ben seddik à la téte de l’umt a fait un si long règne,autant long que celui de moulay ismael(1672-1727),abderrazak afilal,a beaucoup duré à la téte de l’ugtm devenu vieux a subi un sort plus tragique que celui du président bourguiba,le mécanicien des cycles de fès,alias hamid chabat.le chaoui noubir amaoui,dit bousberdila,demeure tout puissant saddam de la cdt pendant 32 ans et il souffle encore le leadership depuis sa retraite dorée à ben ahmed.ils ont tous les deux fait plein régne que hassan ii.
ce sont les etrnels comme les serviteurs du makhzen qui ne se voient à terme de leurs missions que dans leurs tombes.
le makhzen c’est l’éternité dans l’absolutisme soit au pouvoir ou ailleurs,l’essentiel c’est dominer les gens et en faire tout simplement des serviteurs.
georges bush a passé les consignes après avoir gagné ses guerres, les makhzens continuent à souffler aux affaires après avoir perdu leurs batailles.
@aisha:
“Ravie d’être associée à Salvadorali. Je fait partie aussi de la “tribu” des Optimistes.”
c’est vrai,tu milites pour rétablir la vérité et faire face à la contre-vérité comme lui.mais à quand faire de lui aussi un anti-spam?
“PS. Ravie aussi de taper comme anti-spam : 3achalmalik!”
tu n’as pas démérité.les britanniques aussi disent vivent la reine,aussi comme les moissonneurs de chaouiya qui disent vive le roi.
@Alimani
L’avantage avec tes textes, c’est qu’on peut les lire de droite à gauche, de bas en haut ou en diagonale inverse, c’est compréhensible et on a toujours une instruction ou une vérité historique à en tirer.
Ne fais pas attention à Aîsha Q. qui réclame un dictionnaire, c’est juste de la mauvaise volonté.
@le penseur
c’est juste comme l’inconvénient de tes textes.
quand on les lit on tire une contre-vérité historique comme le chiffre des 400000 visiteurs de siel de casablance, et qui d’est revélé qu’il n’est qu’un cauchemar ce chiffre,sinon le makhzen faisait le tranfert d’un compagnie armée comme précaution face à un lectorat soucieux du changement,je veux dire la continuité selon ta terminologie.
mais comme on t’a dit dans un commentaire sur ce blog,tu pratiques l’intelligence zéro,sinon tu comprendrais facilement comme d’autres ont compris, tu ne prétendrais pas que les visiteurs du siel de casablanca ont atteint le nombre de 400000 et que le maroc du makhzen avance bveacoup mieux que la suède.
c’est curieux que je tape comme anti-spam hMidou,le prénom de ton maitre laanigri.
@ Tous
Les commentaires n’ayant plus aucun rapport avec le cœur de mon billet qui portait sur TROIS lectures croisées (sociologique, culturelle et politique) d’une réalité marocaine, je crois que cette discussion stérile et inutile devrait s’arrêter là!
@ hmida
Hommage tout de même, si tu veux bien, aux Moissonneurs de tout le pays qui savent si bien que dire : vive le Roi ! c’est aussi une façon de remercier Dieu pour ses bienfaits… Paysan, c’est pas par hasard que ça rime avec intelligent ! La rime est pauvre mais les petits paysans ne sont pas riches non plus… Sauf que là, je déborde on dirait
@SA: “Hommage tout de même, si tu veux bien, aux Moissonneurs de tout le pays qui savent si bien que dire : vive le Roi ! c’est aussi une façon de remercier Dieu pour ses bienfaits”
Quel est le rapport entre dire “vive le roi” et “remercier Dieu pour ses bienfaits”?
lixy : “@SA: “Hommage tout de même, si tu veux bien, aux Moissonneurs de tout le pays qui savent si bien que dire : vive le Roi ! c’est aussi une façon de remercier Dieu pour ses bienfaits”
Quel est le rapport entre dire “vive le roi” et “remercier Dieu pour ses bienfaits”?”
Je savais que tu allais mordre à l’hameçon.
Tu en es destinataire d’une certaine manière, de ce message creux. Tu donnes à son auteur l’occasion de se déclarer prêt à mourir ( et non pas vivre) pour le roi. Un peu comme les saddamistes avec “nfdik bi rouh , nfdik bi dam ya saddam”, mais se sont sauvés dès que les choses sont devenues sérieuses. Sauf que le roi du Maroc n’est pas saddam (je sais ce que tu en penses, mais je ne suis pas tjs de ton avis). L’auteur pense peut-être que son zèle (faussement sincère et redoutablement opportuniste) allait lui attirer d’être remarqué et appelé à une fonction officielle. Tu devais lui servir de punch ball.
@ tous
La récréation est finie ! Plus de commentaires hors sujet sur ce post!
Décidément, la liberté d’expression est difficile à gérer!