Le monde entier, attendait le discours que le président américain Obama devait adresser à partir du Caire au monde arabo-musulman.
Ce discours devait en principe être fondateur d’un nouvelle politique américaine et annonciateur d’un « nouveau départ entre les musulmans et les USA ».
Le discours prononcé à l’Université du Caire a été ponctué par de nombreux applaudissements. En effet, le fait d’entendre un président américain dire « Assalamou 3alienkoum » peut redonner espoir. Cette formule rappelle le fameux « Ich ben ein Berliner » clamé par J.F.K. lors de sa visite à Berlin-Ouest en juin 1963.
Obama a eu également l’élégance intellectuelle de citer, fort à propos, certains versets du Coran.
Pourtant, ce discours tant attendu n’est en partie qu’un tissu de lieux communs sur la civilisation arabo-musulmane et sur les positions américaines contre « l’extrémisme violent ».
Sur le fond, Obama – qui a reconnu que la guerre contre l’Irak était un choix contrairement à celle de l’Afghanistan – n’a pas apporté de solution miracle au problème palestinien.
Il a certes exprimé son soutien à l’aspiration légitime de voir naître un état palestinien. Il a aussi condamné la colonisation en affirmant que «les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation israélienne et il est temps qu’elle s’arrête». Mais il n’a pas précisé comment l’arrêter.
Sur le dossier nucléaire de l’Iran, Obama a déclaré que son pays était disposé « à aller de l’avant sans conditions préalables».
Un discours de bon sens, dans une certaine mesure, mais sûrement pas un discours historique !
Qu’il constitue un revirement total par rapport aux propos et aux positions de George W.Bush ne doit pas nous surprendre ; mais il ne faut pas lui donner la dimension historique que l’on attendait.
Les réactions à ce discours sont d’ailleurs assez variées.
Comme toujours, les palestiniens sont enthousiastes dès lors qu’un président américain prononce les mots magiques de « état palestinien ».
Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président de l’Autorité palestinienne, estime que « c’est un discours clair et franc ».
Mahmoud Ramahi, député du Hamas au pouvoir à Gaza, y a relevé pour sa part de “nombreux points positifs”.
Danny Seaman, le directeur du service de presse du gouvernement israélien n’a pas manqué de rappeler que « les désaccords actuels entre les Etats-Unis et Israël étaient désormais bien connus ».
Les extrémistes juifs sont très déçus par les propos pourtant bien neutres du président américain.
Le ministre israélien des Sciences Daniel Herschkowitz, du parti Foyer Juif, devançant la position officielle du gouvernement hébreu, a déclaré qu’il avait « le sentiment douloureux d’une dégradation des engagements traditionnels américains pour la sécurité, l’avenir et l’indépendance d’Israël ».
Dans un communiqué, le mouvement israélien anti-colonisation « La Paix maintenant » estime que « Obama est capable d’être un médiateur honnête dans la région et de promouvoir une solution mettant fin au conflit qui oppose Israël au monde arabe ».
Les dirigeants européens se sont empressés d’applaudir les propos d’Obama, certains n’hésitant à en prétendre la paternité.
Ainsi, Javier Solana, diplomate en chef de l’Union Européenne, a relevé dans ce discours « beaucoup de choses que l’UE dit depuis un certain temps ».
Le porte-parole du Quai d’Orsay a saisi l’occasion de ce discours pour prétendre que : « Ce sont les Etats-Unis d’Amérique avec lesquels nous sommes heureux de travailler ».
Que restera-t-il, dans les faits, de ce discours ? L’avenir seul nous le dira !


J’espère qu’il sera à la hauteur des espérances que portent en lui tous les défenseurs de la paix au monde entier. Il a bien parlé en dénonçant tous les extrémismes. Certes le monde musulman est lésé et “blessé” par l’Amérique, mais il a aussi à faire une grande mue et surtout savoir ce qu’il veut!
“L’Amérique ne peut changer ce que nous sommes”, j’avais écrit une fois.
Ce qui a changé, c’est le discours et la stratégie de communication. Obama reste l’autre face de la médaille US, mais c’est la même pièce qu’on nous refile.
Je ne veux pas paraître pessimiste, mais je ne crois pas un instant qu’il est capable de changer les choses sur le terrain principalement sur la question palestinienne, tout président qu’il est, des lobbys plus puissants que lui tirent les ficelles.
“Il a aussi condamné la colonisation en affirmant que «les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation israélienne et il est temps qu’elle s’arrête». Mais il n’a pas précisé comment l’arrêter.”
Tout est là: quels moyens se donnera-t-il pour appliquer ses affirmations. Deux indices: le vote juif américain à 78% pour Obama, la nommination de Natanyahou, minoritaire, même sur l’écart le plus faible d’1 siège aux dernières législatives, du fait de la renonciation par Livni refusant de le suivre dans son intransigeante arrogance. Livni attend probablement qu”il se casse la figure pour bénéficier, lors de nouvelles élections, d’une majorité plus confortable lui permettant d’appliquer une politique plus en phase avec celle d’Obama.
Cela veut dire que les israéliens et les juifs américains sont loins de partager la vision fanatique du premier ministre.
Quant aux moyens proprement dits, ne rêvons pas: ce n’est pas demain qu’Obama va couper l’aide financière ou militaire réservée à Israel. Par contre, ils ne pourront plus compter sur le soutien diplomatique inconditionnel des américains dans leurs dérives envers les accords pris ou le droit international en vigueur. On va pouvoir tester Obama sur deux points: pourra-t-il faire cesser les colonisations et démanteler celles qui violent les territoires palestiniens? Pourra-t-il dissocier le dossier iranien du dossier palestinien à l’encontre de la position de Natanyahou dont c’est la grande trouvaille pour poursuivre sa politique anti palestinienne?
En tout cas, on en a fini avec la stupidité bushienne.
@ tous
Je viens de me rendre compte que le 4 juin 2008 , il y a juste une année, Barak H. Obama avait été faire allégeance à l’AIPAC, fief du lobby juif aux USA.
Je crois que si l’on en a fini avec la stupidité buschienne, on est toujours en pleine campagne de communication!
Qu’appelles-tu faire “allégeance”? En quoi a-t-il tenu un autre discours que celui de sa campagne ou celui qu’il a toujours tenu?
Autre chose: du temps de Bush on disait qu’il faisait le jeu du lobby juif… qui pourtant avait voté contre lui.
Tu dis maintenant la même chose d’Obama qui, pourtant, défend une politique nettement différente de celle de Bush. Comment expliques-tu cela?
@ philco
je dis qu’il a une année, Obama est en effet allé faire allégeance à l’AIPAC..Rappelle-toi il y avait déclaré entre autres que “Jérusalem devait rester la capitale d’Israël”. Si ce n’est pas faire allégeance, ce serait quoi?
Obama a peut-être changé de discours depuis qu’il est président….Mais c’est à l’épreuve des faits que nous jugerons sa politique moyen-orientale.
Il ne faut surtout pas oublier que pour LE président des USA – quel qu’il soit – ce qui prime c’est l’intérêt de l’Amérique …D4ailleurs, Obama l’a bienb rappelé dans son discours de ce matin!
C’est une rupture avec l’ancienne administration.
Concernant la colonisation, la semaine dernière déjà il en avait parlé. Ses déclarations étaient plus osées que celles des Européens. Mais entre la parole et les actes.
Aucun président américain n’a réussi à faire plier Israél.
Pour qu’il y ait rupture, il faut que justice soit faite, traquer les assassins d’hier comme les nazis, indemniser les victimes, œuvrer pour un dialogue et respect des civilisations et non un choc des préjugés et une dominance unilatérale de l’Occident sur les autres.
A l’heure qu’Obama “chantait” son discours, en Europe certains partis politiques, pour se donner une chance dans les élections européens, n’hésitent pas de s’opposer ouvertement à l’adhésion de la Turquie, et çà y va dans l’argumentation raciste et arrogante…
Je crains qu’Obama ne soit que le produit de la marque des temps modernes, une sorte de startup ou un tube d’été sans consistance et vide d’engagements, entre temps l’arabe (le musulman) s’auto-satisfait même de son immobilisme
Pour les optimistes , il ne faut pas crier victoire. On a entendu de vains beaux discours et de belles promesses dans le passe .Les vieux ont appris a plusieurs reprises qu’ entre les paroles et les faits , il y a une grande difference.Regler des problemes de plus de 60 ans n’est pas chose facile meme si l’ on possede des montagnes de determination et de volonte .Dans l’un de ses premiers discours ,Bush W avait promis la creation d’un etat palestinien dans 5 ans apres avoir pris le pouvoir. Pauvre Arafat est mort sans voir realiser son reve.
Le discours de BHO pourrait etre interprete comme une ampathie remontant le moral du monde musulman. Toutefois , ce ne sont que des paroles et les paroles s’envolent dans l’air. Il faudrait attendre les mois a venir pour voir si les actions de BHO corroborent les grands passages de son important discours.
Excuser mon scepticisme et mes doutes, je n’ai aucune intention de rabattre la joie qui envahit le monde musulman actuellement grace au brillant discours d’OBAMA .
Seuls les faits comptent.
@Hmida
On peut parfaitement défendre l’idée que Jerusalem soit la capitale d’Israel sans pour autant faire allégeance au “lobby juif”. Ce n’est pas incompatible avec une capitale de la Palestine que pourrait être…Jerusalem est, par exemple. Nous avions bien Berlin est et Berlin ouest.
Encore une fois, Obama avait tenu devant l’Aipac le même discours qu’il tient maintenant au pouvoir. Il n’y a pas eu double langage.
Enfin, ce fameux lobby juif qu’est-il réellement? Il ne s’agit pas de tomber dans le fantasme classique du pouvoir américain (quand ce n’est pas mondial…) est entre les mains des juifs. Il a beaucoup été affirmé que ce lobby était derrière Bush… alors que les juifs américains sont en majorité démocrates… et alors que les apparences justifiaient cette thèse au vu du soutien inconditionnel de Bush à Israel. Les choses ne sont donc pas aussi simples que les complotistes les présentent.
Pour ma part, je pense que l’opinion des juifs américains est aussi diverse que l’opinion du reste des américains. Je crois que la position de l’électorat juif américain est beaucoup plus en phase avec la position d’Obama qu’avec celle de Natanyahou. Dans l’immédiat, on ne peut que se réjouir de cet état de chose sans pour autant présumer de l’évolution réelle de la situation en Palestine. Reste, et c’est l’essentiel, les moyens de pression que mettra en place Obama contre la politique de Natanyahou. Malheureusement, je doute qu’ils aillent au-delà de certains désaveux diplomatiques se traduisant par le gel de l’avancée des colonies et le démantèlement de certaines d’entre elles… en espérant être heureusement surpris par plus de détermination. En tout cas, pour l’instant, tant des interventilons comme celles entreprises contre Gaza ou le Liban récentes, comme un bombardement de l’Iran sont exclus.
Enfin et pour finir, heureusement que nous n’avons pas eu Natanyahou au pouvoir sous Bush…
@une marocaine
“Aucun président américain n’a réussi à faire plier Israél.”
Aucun n’en a eu le dessein non plus. Il y a tout de même un moment où ce fut le cas: lors de l’expédition de Suez sous Eisenhower en 56.
JE partage avec vous un extrait de la depeche MAP de ce matin !
“Le Maroc a été la première Nation à avoir reconnu l’indépendance des Etats Unis”, a déclaré le Président Obama dans son premier discours à l’adresse du monde arabo-musulman, à partir du Caire.
“Le fait que le président des Etats Unis, dans son grand discours adressé au monde arabo-musulman, fait référence à cet acte historique majeur, nous réconforte dans notre amitié avec les Etats Unis”, a dit M. Naciri lors d’un point de presse à l’issue du conseil de gouvernement.
@ philco
Dans l’état actuel des choses, il serait naïf – je préfère ce mot à un autre qui me vient à l’idée – de croire que Israël consentirait à “partager” Jérusalem qu’elle judaïse systématiquement depuis 1967.
Tout le reste de ton raisonnement est faussé par le doute que tu apportes sur la réalité d’un lobby juif au USA…Je ne suis pas partisan d’une théorie du complot juif pour dominer le monde, mais force est de reconnaitre que les intérêts israéliens sont très bien représentés et surtout défendus chez l’oncle Sam.
Je serai pour ma part moins sûr dans l’affirmation qu’un bombardement du Liban ou de Gaza n’est pas d’actualité. Il suffit de la moindre acte considéré comme provocation par Israël pour que tout recommence comme en Janvier dernier ou comme il y a deux ans!
@ politiconaute
Ya sahbi…..oublie un peu la map et naciri et profite de tes vacances ….
Je n’ai jamais nié la réalité d’un lobby juif aux Etats Unis! Aipac existe bien. Je nie seulement qu’il existe une position monolythique des juifs américains, ce qui est très différent. Il est certain qu’il y a probablement un consensus réunissant une grande majorité d’entre eux sur certains points comme le retour des réfugiés ou sur Jerusalem par exemple. Mais certainement pas sur la politique de Natanyahou actuelllement! On ne peut pas voter en grande majorité pour un homme qui confirme ses positions de campagne par ses discours actuels et défendre la politique opposée qui est celle de Natanyahou!
Pour ce qui est du problème de Jerusalem, si tu as raison pour ce qui est de la situation actuelle, ce n’était pas mon propos: je disais seulement qu’il n’y avait pas de corrélation automatique entre défendre Jerusalem comme capitale d’Israel et une inféodation au lobby juif américain.
@ Philco
Si cela peut te réconforter dans ta position, il semblerait qu’on assiste à la naissance d’un nouveau lobby juif qui serait “pour la paix avec les palestiniens” …Je crois qu’il porte le nom de “J Street”!.
A vérifier ……