Tous rivalisent en termes d’énormités!
De l’ONCF en passant par les garçons de café, de nos télévisions nationales en faisant un crochet par nos simples concitoyens, rien n’est épargné à ce pauvre pays en terme d’énormités.
D’abord deux exemples qui me font douter que le plus beau pays du monde réussisse jamais à attirer les 10 millions de touristes!
33/ ONCF et ses clients
Malgré les affirmations les plus péremptoires des officiels de l’ONCF juste avant les vacances d’avril 2007, malgré une publicité tapageuse, malgré les bénéfices engrangés par cet office depuis des années :
1. Les conditions de voyage depuis le 1er avril 2007 ne sont pas améliorées d’un iota. A signaler que les toilettes sur la ligne Marrakech – Casa sont utilisées par les voyageurs pour s’installer ou dans le meilleur des cas ranger leurs bagages. 2. Essayez d’avoir une réservation en première par ces temps de grande affluence. Impossible, car le préposé – dégoûté par la lenteur du processus de réservation – préférera vous dire que c’est complet. 3. Les retards sont la règle sur l’ensemble des lignes : il ne peut pas en être autrement quand la majorité du réseau ne comporte qu’une seule voie. 4. les wagons à étages acquis à prix d’or auprès d’une compagnie étrangère depuis des mois sont sagement rangés dans des gares de triage en attendant leur dégradation. 5. Les wagons ne sont plus entretenus, car cela revient trop cher parait-il ! Mais que fait donc la SKIF ? Plus rien, depuis qu’elle a été privatisée !
34/ A Marrakech, en plein centre ville, dans un établissement très chic, une franchise qui a dû coûter une fortune à son propriétaire, un groupe d’amis commande des boissons et des crêpes. Après un long moment d’attente – trop long même- un premier service de crêpes est servi : des plateaux avec TROIS unités ! Le temps passe ! Un des clients attend sa collation, puis la réclame véhément! Arrive enfin un second service : un plateau avec DEUX crêpes seulement ! A la demande d’explication du client, la serveuse, une très charmante tête à claque a répondu de la manière la plus insolente :
« Hada ma tla3lek fzahrek ! » (C’est tout ce que la chance t’a donné).
Imaginez-vous la tête du client !
Peut-être que la troisième crêpe a atterri dans le plateau d’un petit copain de la serveuse !
Nos malheureuses télévisions nationales ne sont pas en reste en terme d’énormités ! La preuve :
35/ Les télévisions nationales se sont montrées en dessous en ce qui concerne la couverture des événements récents qu’a connu la capitale économique.
Une énormité au passage – entre des dizaines que chacun de nous aura relevées - : le Gouverneur- directeur des Affaires Politiques de la Wilaya de Casablanca déclare au micro de la RTM et de 2M, très sérieusement, que les autorités policières ont découvert dans une cache des produits pouvant servir à fabriquer de explosifs. Et de donner la liste de ces produits : entre autres, des boites d’allumettes et des piles électriques !
Que cette « énormité » soit faite en direct et échappe donc à la vigilance des responsables de la propagande télévisuelle passe… Mais qu’elle soit repassée en boucle pendant plusieurs journaux télévisés, en plusieurs langues, je crois que cela tient de l’inconscience pour ne pas dire du sabotage.
Ou bien la parole d’un gouverneur, surtout s’il est directeur des Affaires Générales de la plus grande Wilaya du Maroc, est-elle à ce point sacrée que l’on ne peut y toucher, ni surtout la couper ?
Pour finir, même les simples citoyens ne se privent pas en matière d’énormités ! Découvrez la dernière trouvaille de nos candidates au « hrig ».
36/ Une information puisée dans « Nichane », publication qu’il m’arrive de feuilleter justement à cause de la somme d’énormités qu’elle publie.
On savait que les marocains et les marocaines étaient prêts à tout pour quitter (je dirai pour abandonner) « leplusbeaupaysdumonde ». Voilà maintenant que nos jeunes filles se lancent à la pêche au « français retraité ».
Je n’ai rien contre les mariages mixtes, j’en connais qui sont couronnés par une réussite sentimentale, sociale et humaine totale.
Mais quand le prétendant négocie la transaction à coup de dizaines de milliers de dirhams, là je dis : « Stop ! ».
Mais quand des tarifs finissent par être fixés et acceptés par toutes les parties – il semblerait que cent mille dirhams soit une base négociation valable – là je me dis qu’il y a danger !
Mais quand les parents, traditionalistes dans leur comportement quotidien, acceptent, couvrent et surtout financent ce genre de transaction, je dis encore : « Stop ! ».
Ou alors, que l’on ne parle plus de misère, de pauvreté, de précarité, de marginalisation, d’exclusion !
Pour qualifier ce genre de comportement, je n’ose pas utiliser le mot qui me vient à l’esprit !
