Quelques temps après la disparition de Oussama BENLADEN, dans les circonstances que l’on sait, je tombe sur un pavé près de 500 pages intitulé “OUSSAMA“. Je n’ai pas résister à la tentation de m’y plonger.

Il faut signaler que Norman SPINRAD n”ayant   pas réussi à trouver un éditeur américain pour la version américaine : il a d’abord édité son livre  en français chez FAYARD en mai 2010. Cela signifie que cet ouvrage devait être suffisamment dérangeant pour le monde politico-littéraire américain

Le roman raconte les tribulations d’un jeune homme, originaire du “Califat”, état musulman imaginaire regroupant les pays arabo-musulmans, spécialement formé par ses supérieurs pour mobiliser les jeunes musulmans de France  à la “guerre sainte contre l’occident!

Le roman trace en effet une vue assez désastreuse aussi bien  de l’islam, de ses dirigeants, de ses militants que les dirigeants des pays occidentaux, de leurs forces sécurité et de leurs armées! Il n’épargne pas le tribalisme africain ni la voracité des sociétés pétrolières.

OUSSAMA, le héros de ce  long roman, compliqué, relativement mal construit, mais qui ne laisse pas indifférent, traverse les diverses de la vie d’un “djihadiste”, avec ses convictions, ses doutes, ses peurs, ses espoirs, ses troubles, ses contradictions!

Il est difficile de résumer ce roman, sans en dévoiler la trame.

Oussama évolue en France où il organise à la mobilisation des “beurs” contre la société  française, chrétienne et blanche, avant de  partir pour accomplir le pèlerinage du Hadj, seul de moyen d’obtenir le pardon de Allah pour pour les erreurs qu’il a commises lors de cette mission.

Du Hadj, Oussama se trouve enrôlé dans une nouvelle forme de djihad, au sein de l’armée nigériane, qui combat seule, avec des moyens dérisoires, sans appui des autres pays musulmans, le Grand Satan, les USA bien sûr, doté d’armes ultra-sophistiquées mais dont les combattants sont sans “baraka”!

Bataille difficile, parce que le tribalisme et même des relents inattendus de racisme, les intérêts et les incompétences s’entrechoquent! Et l’imagination un peu débridée de l’auteur fait que le Nigéria gagne quand même la guerre contre le Grand Satan et Oussamla se retrouve à nouveau en manque de cause à défendre!

Le roman tente de rebondir sur une nouvelle aventure du héros : les USA et le Grand Califat se trouvent en conflit ouvert, sans que l’on sache trop pourquoi ni comment et Oussama répond à l’appelau djihad par “l’Ouléma” au nom de la “Oumma”! Une espace de “marche verte” de tous les musulmans du monde pour libérer pacifiquement une partie du Grand Califat occupée par le Grand satan!

La dernière partie de “OUSSAMA” se passe dans la confusion la plus totale et il faut beaucoup de bonne volonté pour finir le roman, dont le dénouement s’inscrit dans cette logique de “bataille personnelle, philosophique et humaine” menée par le personnage.

Encore une fois, je le répète : il difficile de résumer ce roman, touffu, parfois confus, où tout se mêle, actualité plus ou moins proche, cogitations plus ou moins profondes sur l’islam, l’engagement personnel, le choc des civilisations!

Norman SPINRAD aurait pu écrire quatre romans différents, en exploitant le fil conducteur de son ouvrage : en compilant une suite invraisemblable d’aventures  vécues par son héros, il lui enlève beaucoup d’humanité et de crédibilité!

Lisez ce livre, si vous avez beaucoup de temps et beaucoup de patience : ce n’est as une grande oeuvre littéraire, loin de là, mais OUSSAMA pourrait être finalement plus qu’un simple personnage de roman!

 

3 Comments on “OUSSAMA” : roman ou réalité, fiction ou document, fantasme ou anticipation? ?

  1. Youness says:

    Merci pour le partage,
    J’ai lu une critique sur les versets sataniques de Salman rochdi très intéressante et qui va dans le même sens.
    Dommage qu’il soit interdit pour qu’on puisse le lire, un chef d’œuvre littéraire selon la même critique.

  2. hmida says:

    @ Younes

    Oh que non, “les versets sataniques” de Suleiman Rushdi ne s’inscrit pas du tout dans la même lignée que le livre que je présente!

  3. Samya says:

    Dans sa dernière année de collège, Norman Spinrad a commencé d´écrire, œuvrant pour l’Agence Scott Meredith, où il a obtenu des informations sur plusieurs affaires.

    Pour gagner sa vie, il ne vendait que des histoires courtes. En même temps, il a rencontré d´autres écrivains de sciences-fictions, parmi lesquels Harlan Ellison. Ses héros sont mêlés à la drogue, au sexe et à la politique. En 1967 Bug Jack Baron (Champion J. Baron) est apparu en Grande-Bretagne, provoquant des confrontations des opinions concernant le monde de la politique et le rôle des Medias. Dans The Iron dream (rêve d´acier), il s´agit d´Adolf Hitler, peu après la seconde Guerre mondiale, on l´imagina apparu aux Etats-Unis! Malgré son imaginaire, l´auteur n´échappe pas aux accusations faisant de lui un autre fondateur des idées extrémistes (national socialisme), et ce livre en question a été objet d´examen en Allemagne. Il n´a été retiré de la liste des ouvrages dangereux qu´en 1987.

    Parmi ses grandes fantaisies c´est le navire Zéphyr Dragon et son commandant Geno Gupta Kane, volant dans une atmosphère imprégnée d’érotisme. Quant à ses œuvres les plus remarquables, elles sont les suivantes:

    Les hommes dans la jungle
    La Confrérie de la douleur
    Le rêve d’acier
    Le passage à travers la flamme
    Songs of the stars
    L’histoire du capitaine Void
    Sorte de bonheur
    Enfant de la fortune
    Printemps russe
    Les enfants de Hamelin
    Il marchait au milieu de nous
    Le Roi Druide
    Le Dernier des Roms
    C’est un oiseau! C’est un avion!
    Le Continent Perdu
    Sous l’œil de la tempête
    Guerre sainte sur la 34ème rue
    La Vie Continue
    Ambassadeur de l’avenir__