Un nouveau drame vient de frapper le Maroc !
Dans l’ancienne médina de Meknès, un minaret s’effondre sur les fidèles réunis pour la prière du vendredi !
Le bilan est terrible : au lendemain de la catastrophe, on recense une quarantaine de morts et de dizaines de blessés !
Les faits sont là, nous ne pouvons que compatir avec les familles des victimes !
Mais est-ce suffisant ?
Après l’incendie de l’usine de Casablanca, après l’effondrement de l’immeuble de Kénitra, nous nous trouvons confrontés à une nouvelle catastrophe !
Allons-nous encore fermer les yeux ! Allons-nous compter nos morts et nous dire que nous tirerons les leçons de cette catastrophe ?
Nos usines continuent à être ce qu’elles étaient ! Nos chantiers continuent à être ce qu’ils étaient ! Jusqu’à la prochaine catastrophe !
Nos médinas continuent à être ce qu’elle sont : des villes en sursis !
En effet, la plupart des médinas de nos villes menacent ruine !
Il n’est pas exclu que demain le Mellah de Rabat disparaisse dans un éboulement de la falaise qui le supporte !
Il n’est pas impossible qu’une secousse tellurique de moyenne importance emporte la médina de Tanger !
Il n’est pas insensé de prévoir qu’une tempête plus forte que celles enregistrées à ce jour engloutisse la médina d’Essaouira !
Il n’est pas inimaginable que la médina de Casablanca ne s’affaisse comme un vulgaire château de cartes après des précipitations exceptionnelles, de plus en plus fréquentes.
La situation est tout aussi alarmante dans les vieux ksours de nos cités désertiques, comme Figuig par exemple.
Les autorités, locales et nationales, ne peuvent prétendre ignorer ces dangers !
On parle d’éradication des bidonvilles ! On parle de villes sans bidonvilles ! Oui, c’est bien !
Mais les bidonvilles ne sont pas installés que dans les périphéries des villes ; ils ne sont pas construits qu’en tôle et qu’en carton !
La majorité de nos médinas sont des zones insalubres et dangereuses ! Elles le sont devenues par la négligence et le désintérêt de leurs propres fils et des les autorités !
Les marocains, qui sont nés et qui ont grandi dans ces médinas, les ont abandonnées pour s’installer dans les nouveaux quartiers !
Les médinas ont été investies par des populations issues de l’exode rural : des centaines de demeures historiques sont transformées en véritables « fondouk », où les chambres sont louées à l’unité.
Certaines vieilles demeures sont tout simplement laissées à l’état d’abandon!
Simultanément, des pans entiers des quartiers historiques ont été récupérés par des étrangers qui les ont aménagés en résidences de luxe !

La médina de Fez, déclarée patrimoine universel, bénéficie d’un projet appuyé et financé par l’UNESCO ! Où en est-on de ce projet ?
Hier le drame de Meknès, avant-hier des accidents meurtriers, mais moins spectaculaires, ici et là ! Que nous réserve demain ?
P.S. : Au Maroc, les huit sites suivants sont inscrits par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial (le ksar Aït Ben Haddou dans la région de Ourzazate, les médinas de Fès, Marrakech, Tétouan et d’Essaouira, Volubilis, la ville historique de Meknès et l’ancienne citée portugaise de El Jadida).
Je vous invite à mon propre salon du livre : trois petits ouvrages que j’ai découverts, simultanément, passant de l’un à l’autre, sans aucun effort, tellement ils sont différents.En fait, quelques moments de lectures croisées!
Le seul point commun entre ces trois livres est qu’ils ont été écrits par des femmes.
Le premier que j’ai entamé est un roman de Laila LALAMI, la blogueuse marocaine, la première ou l’une des premières !
« DE L’ESPOIR ET AUTRES QUETES DANGEREUSES », paru aux Etats-Unis, en 2005 sous le titre « Hope and other dangerous pursuits », a été publié dans sa version française par les Editions LE FENNEC en 2007.
Dès les premières pages, l’auteur nous plonge dans l’ambiance des « patéras », des traversées du Détroit par des nuits noires et froides, avec des passeurs vénaux, des noyades, des postes de police espagnols !
Pour faire bonne mesure, Laila LALAMI essaie de construire un roman, avec des chômeurs, des femmes battues, des bidonvilles, un Tanger qui rêve encore de Bowles et de hippies, des étudiantes voilées, des fonctionnaires corrompus, des gardes civils espagnols véreux, une prostituée au grand cœur. Cela suffit-il pour réussir un roman ? Sûrement pas ! Mais peut-être que pour le public américain il en est autrement : la misère des autres est vendeuse !
Je ne sais si le texte original relève de la littérature, mais la traduction en français demeure très laborieuse, sinon indigeste !
Je me suis quand même forcé, par acquis de conscience, à en terminer les 167 pages.
Mais, auparavant j’ai ouvert un autre petit ouvrage intitulé « LE MUEZZIN AUX YEUX BLEUS » de Fadéla M’RABET, édité en 2008 par RIVENEUVE.
Je ne connaissais l’auteur ni le livre : mais j’ai été immédiatement emporté par la prose de Fadela M’Rabet. Son récit de sa double culture, arabo-islamique et française, est entrepris dans une langue pure, mais belle et sensuelle, à la fois ample et rigoureuse !
Cette algérienne, francophone accomplie, sait nous la langue arabe avec amour et respect :
« La langue arabe est liée aussi à la solennité et à la générosité de l’accueil malgré la misère ».
« J’avais tant de plaisir à réciter cette langue limpide qui, sans le Coran, serait devenue une langue fossile ».
Mais elle sait tout aussi bien dénoncer les ravages de l’arabisation imposée :
« Les kabyles, en 1962, découvrirent qu’ils étaient des Arabes ».
Tout comme elle sait nous parler de son islam :
« Les versets du Coran que mon père nous a appris étaient beaux, à la fois accessibles et abstrais ».
En moins d’une centaine de pages, denses, vibrantes et intelligentes, Fadéla M’Rabet nous réconcilie avec la lecture.
Entre la relative lourdeur du roman de Laila LALAMI et les envolées du récit de Fadéla M’Rabet, j’ai pris le temps de feuilleter « MÂLES EN MOTS, portraits d’hommes » de Marie-Annick MAURIN, française installée au Maroc depuis quelques années, édité en 2009 chez MARSAM.
Je dois reconnaître que le titre accrocheur et surtout la couverture folklorique, m’ont interpellé !
En fait, le livre consiste en une vague liste de spécimens de « mecs » et une improbable description de leurs supposées caractéristiques.
Marie-Annick Maurin passe ainsi en revue une bonne trentaine de « modèles », le prince charmant et le vieux beau, l’homme à femmes et le tonton gâteau, le jaloux et le manipulateur pervers, le fils à maman et le gigolo ! Elle a même trouvé un cas assez spécial : le confesseur du dessert !
L’exercice demeure, somme toute, assez plaisant à lire, surtout que l’auteur ne se prévaut d’aucune prétention, parlant « d’esquisses » à propos de ses portraits et n’hésitant pas à qualifier sa recette de « parfois fade ».
Cela autorise une certaine indulgence et n’enlève rien au plaisir de lire ces pages, écrites dans une langue simple et fluide.
Un petit détail : compte tenu des modèles d’hommes retenus par Marie-Annick Laurin, je n’ai quand même pas compris le choix de l’illustration de couverture.
Le Salon International du Livre et de l’édition de Casablanca continue à tâtonner et à chercher sa voie.
Comme point d’ancrage, cette XVIème édition, organisée en collaboration avec le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, a jeté son dévolu sur les « marocains du monde » !
Oui, pourquoi pas ?
Faire découvrir au marocains d’ici les talents divers et variés de ces « Marocains d’ailleurs » est sûrement une belle manière d’assurer le lien identitaire qui nous unit.
Est-ce que cette édition du SIEL y aura réussi ? Seule la pérennité de ce lien constituera une réponse à cette question et il est trop tôt pour le savoir !
Cette 16ème édition aura été marquée par une organisation un peu plus rigoureuse que les précédentes. Un pavillon annexe a été réservé aux livres pour enfants, ce qui a permis une circulation plus fluide à l’intérieur du Salon.
Comme toujours, on peut critiquer le manque de communication et de chaleur qui continue à exister entre les auteurs invités et le public, malgré les points de rencontre prévus. Est-ce dû à l’organisation ? Ou bien au public assez timoré ? Ou encore aux auteurs eux-mêmes ?
En tous cas, cette manifestation culturelle a l’immense avantage d’exister !
Elle pourrait se démultiplier en des expériences délocalisées vers les autres grandes villes du royaume, dans un cadre, mieux adapté, plus modeste ou plus spécialisé.
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Jean DUTOURD ne figure pas du tout parmi mes auteurs de prédilection. Ni son style ni son univers ni ses engagements ne m’intéressent !
Pourtant, un de ses derniers m’a intrigué : « LES PERLES ET LES COCHONS », paru chez PLON en 2006.
De quoi pouvait bien parler ce bon vieux Jean Dutourd, lui qui a déjà une bibliographie impressionnante que l’on peut certes apprécier ou pas !
La 4ème de couverture ne nous en apprend pas beaucoup, sinon que « les fables que voici ne sont pas dépourvues de morale » et que « elles en ont une, qui n’est pas celle dont on a l’habitude ».
C’est cela a suffi pour j’ouvre le livre et que je m’y plonge avec délectation !
Une quarantaine de fables, certaines connues d’autres inventées, sont reprises par Jean Dutourd, réécrites à sa manière et revisitées selon ses valeurs.
Le résultat est surprenant et souvent fort agréable à la lecture.
Parmi les fables inventées, celle du « Prix Gomina » est une charge, subtile et féroce à la fois, sur le monde littéraire et ses combines.
L’histoire de mandarin chinois POU, dépouillé de façon très élégante des quatre cinquièmes de sa fortune, par l’empereur, se termine par cette phrase prémonitoire : « Un temps viendra où les empereurs vous prendront votre argent et votre vie sans se mettre en peine d’inventer des apologues ».
Autre morceau de choix que le « Dialogue entre Socrate et Dupont sur la peine de mort » où la conclusion du débat est assez terrifiante :
« Dupont : Prends garde, on finira par de tuer pour te faire taire.
Socrate : On n’a jamais trouvé rien de mieux que la peine de mort contre les philosophes».
Parmi les fables connues, Jean DUTOURD nous en donne une version fort amusante dans « Le préjugé du roseau » ou dans « le crépuscule du loup », où il réinvente « Le chêne et le roseau » et « Le loup et l’agneau » !
Jean DUTOURD s’est même réapproprié certains mythes, comme celui de Sisyphe pour le raconter à sa manière dans « Pierre qui roule ».
Feuilletez ce livre ! C’est original et rafraîchissant ! Vous y trouverez matière à sourire et à vous divertir !
Bonne lecture !
L’émission « 45 minutes » diffusée hier soir sur la OULA a été un grand moment de télévision.
Une rencontre rare entre journalisme, société, justice !
Une journaliste qui pousse son enquête jusqu’au bout, jusqu’au ce qu’on appelle en droit « le commencement d’exécution » !
Un sujet social, crucial mais tabou : le trafic de nouveaux-nés, ce commerce ignoble qui sévit autour et dans les maternités des hôpitaux publics, parfois privés.
Une justice qui joue son rôle en organisant l’intervention de la police sur un flagrant délit dans une affaire de ce genre.
D’un autre coté, les images prises en caméra cachée mettent en évidence l’énormité du phénomène aux abords de certains établissements hospitaliers publics.
On découvre qu’un véritable « marché » semble s’être mis en place pratiquement au vu et su de tout le monde, avec offre, demande et même prix crûment annoncés !
Au début de l’émission, des témoignages font état de disparitions, au sein même de maternités et dans des conditions plus que troublantes sinon suspectes, de nouveaux-nés venus au monde dans des couples n’ayant aucun souci ni aucun problème.
La télévision nationale a osé passer cette émission à une heure de grande écoute. Et c’est très bien ainsi, d’autant que la langue utilisée est la darija, pour atteindre le plus large public.
Mais le plus important reste à venir !
Quelle sera la réaction du ministère de la santé et quelles seront ses actions pour mettre un terme à l’état de déliquescence qui règne dans les établissements hospitaliers publics, notamment en termes de sécurité des lieux et des personnes et surtout de moralisation des personnels hospitaliers ?
Quelle sera la réaction du ministère en charge de la famille ? L’intervention des différentes associations est certes efficace dans le soutien aux mères en difficulté et aux enfants abandonnés, mais elle ne saura suffire !
Quelle sera enfin la réaction finale de la justice dans cette affaire précisément ? Un verdict lourd et dissuasif devrait être en la suite logique, sinon l’action de la journaliste et des autorités avec lesquelles elle a travaillé n’aurait été qu’un énième coup d’épée dans l’eau trouble de ce trafic innommable.
J’ai appris dernièrement cette nouvelle et j’en ai d’abord été amusé.
Il semblerait que plus de 130.000 français se trouvent depuis le début de l’année dernière dans une situation assez ubuesque : leur nationalité française est contestée par l’administration chargée de renouveler leurs papiers, carte d’identité ou passeport !
A priori, le sort de ces français et leurs problèmes avec l’administration de leur pays m’indiffère de la manière la plus totale.
Mais ma curiosité du droit et mon intérêt des imbroglios administratifs m’ont poussé à en savoir un peu plus, d’autant que parmi les « victimes » de ce problème il y aurait des personnalités connues, entre autre l’ex-journaliste Anne Saint-Clair, épouse de Dominique Strauss-Kahn et l’actrice animatrice de télévision Laurence BOCCOLINI.
Il s’agit donc de français, nés de parents eux-mêmes français, dont la « francité » ne fait aucun doute d’aucune espèce, mais à qui l’administration demanderait de « fournir la preuve de sa nationalité sur plusieurs générations ».
Ainsi des français, fils ou filles, petits-fils ou petites-filles de français, auraient à prouver aux yeux de l’administration de la France leur « francité » !
Tout cela n’aurait aucun intérêt pour moi, si je n’avais pas poussé le raisonnement un peu plus avant !
Quid demain de ces dizaines, ces centaines, ces milliers de nouveaux français, issus de nos contrées, sans compter ceux venus d’ailleurs !
Qu’en sera-t-il de ceux d’entre eux qui sont français, parce que leurs parents, venus des montagnes de l’Atlas ou des confins du Souss, se sont trouvés, par les aléas de la vie, jetés en pâture à des marchands de main d’œuvre bon marché?
Qu’en sera-t-il de ceux qui eux ont choisi d’aller en France, de devenir français, laissant au pays famille et racines, pour des raisons personnelles qui les regardent !
Quand ils seront amenés, dans quelques années, à renouveler leurs cartes d’identité ou leur passeport, encore tout neufs aujourd’hui, l’administration leur demandera de faire la preuve de l’impossible !
Devraient-ils abandonner la douce France et rentrer au pays qu’ils ne connaissent plus ou qu’ils n’ont jamais connu ?
Cette démarche administrative française s’inscrit-elle dans une politique plus large et plus profonde, et surtout plus insidieuse, de « purification administrative » de la population française ?
En tout cas, elle semble emboîter le pas très logiquement dans le débat sur l’identité nationale dont on ne décelait pas les vraies raisons!











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