La disparition de Mohamed Rouicha a été l’occasion pour beaucoup d’entre nous de découvrir, et pour d’autres de redécouvrir, un instrument de musique qui contribua à sa gloire: louthar.
Rouicha fut un grand chanteur, un grand musicien, un grand artiste mais il était surtout et avant tout un virtuose de louthar. Il en jouait avec un art consommé en mettant dans ses interprétations toute sa personnalité et toute sa sensibilité. Mohamed Rouicha a ajouté une quatrième corde au sien pour en tirer un maximum de sonorités.
J’ai pu lire ici et là que Mohamed ROUICHA jouait du « guembri ».
Avec tout le respect que je dois, que nous devons tous au « guembri », il ne faut pas confondre ces deux instruments, qui font partie tous les deux de notre patrimoine musical et culturel.
Mais chacun d’eux répond à des spécificités qui lui sont propres, quant à ses origines, à son rôle, quant à la manière d’en jouer.
Commençons par le GUEMBRI.
Cet instrument est spécifique aux troupes GNAWA. On ne le retrouve nulle part ailleurs, car il ne s’intègre pas dans les autres harmonies utilisées au Maroc.
Les très rares chanteurs ou troupes, en dehors des Gwana, utilisant le « guembri » dans leur répertoire ou leur orchestration, l’ont fait dans le cadre de leurs travaux de recherche de l’authenticité marocaine.
Ainsi seuls les Nass Al Ghiwan, et dans une moindre mesure les Jil Jilalai se sont appropriés cet instrument d’origine africaine, et ce dans leur souci de remonter le plus loin possible dans leur quête des origines de notre musique.
Le guembri est doté de trois cordes en boyaux de chèvres. Sa caisse est de forme allongée, inspirée des pirogues africaines subsahariennes, et recouverte de peau de dromadaire tannée.
On peut trouver toute une littérature sur le rituel de la facture de cet instrument ancestral, rituel qui remonterait aux traditions païennes des premiers noirs africains arrivés au Maroc.
Le manche du guembri, long et arrondi, se termine par la « sersara », sorte de hochet, qui est mise en mouvement par les vibrations des cordes et qui produit un bruissement particulier.
L’usage du guembri consiste à pincer les cordes et à frapper en même temps sur la peau, en vue d’obtenir un double registre de « basse » et de « percussion ». On comprend ùmieux ainsi l’autre appellation de cet instrucment, à savoir le hajhouj.
Le guembri, par cette double fonction, est essentiel dans l’ambiance très particulière qui prévaut lors des veillées gnawis.
Pour vous replonger dans le monde du guembri et des gnawa, cliquer sur les liens suivants :
http://www.youtube.com/watch?v=j5fzTzi0kf8&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=BOzbhIlrQu0&feature=related
Nous sommes très loin de l’inspiration, du style et de l’ambiance musicale de feu Mohamed ROUICHA, qui sera évoquée dans un prochain billet.
Le film INTOUCHABLES a fait un carton énorme sur les écrans et dans les critiques en France!
Tout le monde a vu le film, ou devait le voir : ils ont été plus de 17 millions à se précipiter dans les salles de cinéma pour se pâmer devant l’oeuvre des Toledano et Nakache, devant les prouesses de Omar Sy et François Cluzet.
Toute la critique n’est répandue en mille louanges sur le film!
Le film devenait donc “intouchable” : il fallait le voir et dire qu’il était un chef d’oeuvre!
J’ai vu le film et je n’ai pas trouvé que c’était un chef d’oeuvre. Et je le dis!
Un bon film, bien tourné, très bien joué, traitant d’un sujet sensible, très sensible, abordé avec humour, avec légéreté même, mais aussi infiniment de tendresse et d’humanité c’est vrai, une très belle musique, bien intégrée! Mais de là à crier au chef d’oeuvre, non!
Je parlerais plutôt de “film de la mauvaise conscience” d’une part et de “film de la crise” d’autre part.
Film de la mauvaise concience des français envers les minorités, toutes les minorités : les handicapés bien sûr, mais aussi les immigrés, les récupérables comme les irréductibles, les lesbiennes, les prostituées, les vieilles filles, les bourgeois snobs!
Chacune a eu droit à son petit moment d’humanité.
Film de crise des français qui sont rassurés de voir qu’il y a plus malheureux qu’eux, plus désespérés qu’eux, plus misérables qu’eux et que ces gens-là peuvent s’en sortir, s’ils le veulent ou si on les y aide.
L’espoir est en fait le tuteur de ce film.
Bien sûr on rit, on sourit plutôt! Les vannes de Driss portent plus parce que elles sont dites par un Omar Sy au mieux de sa forme.
Je ne reviens pas sur la génése du film : elle est connue, les faits sont réels, un documentaire en fait état dans l’indiférence générale, un livre en parle sans avoir connu de succès particulier. Et en 2011, INTOUCHABLES gagne le gros lot!
A voir finalement, si on n’a pas autre chose à faire!
Hier, le chef du gouvernement Abdelillah BENKIRANE a connu son baptême du feu gouvernemental.
La bataille s’annonçait facile mais elle ne se déroula pas tout à fait comme l’avait prévu le leader PJDiste.
Parler depuis la tribune du “congrès” (le terme et la notion n’existe pas en droit constitutionnel marocain, mais quand les deux chambres sont réunies c’est le terme consacré en France) est assez délicat, surtout que une grande partie del’auditoire n’est là que pour la forme : les conseillers écoutent mais ne voteront pas l’investiture du gouvernement Benkirane.
On a vu ainsi des élus bâiller et d’autres ne pas avoir l’air de trop s’intéresser au discours du chef du gouvernement.
Parler devant les représentants du peuple parmi lesquels la représentation féminine a doublé depuis le dernier scrutin est encore plus délicat quand le gouvernement qui demande l’investiture ne comprend qu’une seule femme, connue pour ses prises de position pour le moins rigides.
On a vu ainsi les femmes élues de la nation brandir des pancartes portant la mention “30 + 1 ! Est-ce cela la démocratie?” sous les applaudissements nourris de leurs collègues masculins. Ce moment restera surement gravé dans les annales de la politique nationale :
http://www.youtube.com/watch?v=71A8NDQnKY8&feature=player_embedded#!
On a aussi entendu des rires et des murmures sous la coupole quand Monsieur Benkirane a abordé le problème de la femme.
On ne sait si le bruit de la manifestation orchestrée par les organisations féminines contre la sous-représentation de femme dans ce gouvernement arrivaient aux oreilles de M. Benkirane.
Parler pendant près d’une heure et demi, en lisant au mot près un texte qu’il n’a bien sûr pas rédigé lui-même fut pour le nouveau chef de gouvernement un exercice difficile : il est habitué à l’improvisation où il excelle en tant que tribun aguerri des meetings et de l’opposition.
On a pu ainsi entendre Monsieur Benkirane buter à plusieurs reprises sur des mots et sur des formules, mais il a su parfois prendre les accents pédagogiques de l’ancien professeur qu’il fut jadis.
Voilà pour ce qui est de la forme et de l’ambiance de ce baptême de feu gouvernemental. La suite de la bataille sera rude et peut-être violente.
Les partis de l’opposition ne pardonneront rien au chef du gouvernement, notamment le manque de chiffres précis, le manque de visibilité dans certaines propositions, et comble de l’hypocrisie politique la continuité dans l’action déjà entreprise par eux-même quand ils étaient au pouvoir il y a à peine deux mois.
Et au fait, quel est le contenu de la déclaration du chef du gouvernement?
Elle ne diffère pas en gros des déclarations des derniers gouvernements : elle n’est n’est plus précise ni moins précise, ni plus chiffrée ni moins chiffrée que celle de son prédécesseur Abbas Fassi en 2007!
Les réactions hostiles qu’elle a provoquées parmi les ténors de l’opposition ne diffèrent guère de celles suscitées par la déclaration de Driss Jettou en 2002.
Pas la peine de remonter à la déclaration de Abderrahim Yousfi en 1998 : la plupart de grands ministères échappaient à son autorité à l’époque et il connaissait parfaitement les limites du rôle qu’il avait accepté de jouer.
Que faut-il retenir de cette déclaration, malgré ses insuffisances et ses lacunes.
Pour ma part, je n’ai pas compris que le chef du gouvernement mette en numéro un des priorités de son gouvernement l’identité nationale.
Ce n’est pas à un chef de gouvernement, même démocratiquement élu, à me dire comment être marocain et comment me comporter en tant que citoyen : à ce petit jeu-là, il finira par me dire comment je dois penser.
Mon appréhension à ce sujet est très grande ; elle a motivé les réserves que j’ai toujours exprimées à l’égard du Parti de la Justice et du Développement. Ce sera donc aux forces démocratiques de ce pays de veiller au grain pour éviter les dérapages éventuels.
Pour le reste, la déclaration de Monsieur Benkirane demeure une “déclaration” et les critiques qui lui sont faites relèvent du jeu politique normal.
Ce sera face à la réalité que les marocain(e)s devront juger cette nouvelle équipe gouvernementale, face aux contingences de la crise endogène et exogène, face à sa réactivité aux demandes immédiates, face à la mise en place de sytèmes de gouvernance qui ne couteront pas un ddirham à l’état mais qui ramméneront la confiance des citoyen/nes dans les institutions!
Bon courage, Monsieur Benkirane! Votre tâche sera difficile et délicate! Les attentes du peuple sont grandes et variées! La crise est rampante et menaçante, parce que universelle.
Quand j’ai repéré ce titre dans les rayon “Economie et fiances”, je me suis dis que les employés de mon libraire s’étaient mélangé les pinceaux dans le classement des bouquins.
En découvrant le sous-titre, j’ai compris : “LA RESCAPEE; histoire romancée de la Caisse de Dépôt et de Gestion“.
Quand j’ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit que l’ouvrage, édité chez CONFLUENCE en 2010, pouvait être intéressant : l’auteur Mohammed CHIGUER, docteur en économie, ancien directeur de la C.D.G., auteur de plusieurs ouvrages, devait savoir de quoi il parlait et le sujet était assez inhabituel. Très peu de cadres ont écrit sur leur entreprise ou leur administration.
Quand j’ai feuilleté le livre, j’y ai découvert beaucoup de dialogues et aussi beaucoup de noms de personnalités connues et de noms de personnages moins connus, sinon inconnus du public.
J’ai commencé à lire le livre et au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture, je me demandais si l’auteur avait était bien inspiré de sortir un livre de ce genre.
Ce n’est ni un ouvrage académique que l’on était en droit d’attendre d’un docteur en économie haut cadre d’un organisme financier de premier plan ni des mémoires où l’auteur se poserait des questions profondes sur le métier qu’il a exercé, sur son rôle dans l’entreprise qui l’a employé, ni un livres de souvenirs dans lequel le lecteur partagerait les émotions, les espoirs, les illusions, les déceptions, les joies, les regrets de l’auteur!
Non, c’est un livre de circonstance : une espèce de commande par laquelle Mohammed Chigguer rend hommage aux différents patrons qui ont présidé aux destinées de la C.D.G. et différents directeurs et responsables qui ont travaillé dans cet honorable institution.
C’est bien dommage, parce le sujet du livre pouvait servir de point de départ à un ouvrage -phare qui aurait, comme le précisait l’auteur dans son avant-propos, “inviter l’université marocaine à développer l’histoire de l’entreprise”.
Mohammed Chigguer en privilégiant les hommes et leurs empreintes au détriment de l’institution de l’institution et de son évolution aura raté son but.
Si jamais il a des émules comme il espérait en susciter, il faudrait qu’ils évitent la tentation de facilité dans laquelle il s’est laissé entrainé.
P.S. anecdotique : ce livre ne restera pas comme une référence dans le dommaine de l’édition avec un premier tirage de 100 exemplaires et un second de 500 exemplaires.
La faucheuse, la mort rodait depuis des semaines autour nos artistes populaires, ces artistes nés du peuple, les vrais représentants du peuple et de sa culture.
Depuis des semaines, elle tournait autour de Mohamed ROUICHA. Dix fois, les internautes, toujours prompts à jouer aux journalistes avides de scoop, l’ont donné pour mort. Et dix fois, Si Mohamed ROUCIHA s’est relevé, il a parlé à la télévision, il nous rassurés. Nous attendions son retour : la télévision l’avait prévu pour le 24 janvier.
Et cet après midi, la nouvelle est tombée comme un couperet : j’ai cru d’abord à une mauvaise blague d’un internaute, jusqu’à ce que je lise la dépêche de la M.A.P.
Mohamed ROUICHA a été vaincu par la mort, après une longue maladie!
Qu’il repose en paix!
Pour ceux qui ne connaissent pas son oeuvre et sa place dans la chanson marocaine, notamment amazigh, voici des liens qui peuvent les éclairer: ils peuvent cliquer ici, ou bien ici ou encore là ou mieux encore là pour avoir les paroles de ses chansons.
Si vous voulez écoutez une de ses chansons et admirer son art de jouer de l’outar, je vous invite à regarder et à vous laisser aller :
Quelques heures auparavant, une autre bien triste information éclaboussait nos écrans de télévision: la seconde chaine nationale de télévision 2M nous annonçait la disparition soudaine et brutale de Mohamed SOUSDI du groupe mythique L’MCHAHEB.
Ce groupe apparu, après les NASSE AL GHINWAN et les JIL JILALAI, n’a pas connu le même succès que ses ainés mais il faut reconnaitre qu’il était, grâce à feu Mohamed Sousdi, le porte-drapeau d’une chanson marocaine populaire engagée et moderne.Les orchestrations de leurs chansons étaient par ailleurs très élaborées et bien travaillées.
La disparition de Mohamed SOUSDI doit nous bouleverser autant que l’avait fait celle de feu Boujmaa et feu Batma.
La génération actuelle ne connait surement pas L’Mchaheb car ils n’ont pas bénéficié du même engouement médiatique que les deux autres groupes, mais leur impact fut réel sur la jeunesse des années 70 et 80.
Pour nous replonger dans l’ambiance de ces années-là, réécoutons ensemble un de leurs succès comme HOB ARROMANE ou ce solo de feu Sousdi assez peu connu.
Que nos deux artistes reposent paix! Nous ne les oublierons pas!
P.S. : j’ai une pensée émue pour le MAESTRO, Mouha OULHOUSSEIN, qui se bat contre la maladie depuis un long moment.
Avec 117 députés du parti de la lampe, Abdelillah BENKIRANE était pratiquement assuré d’être le chef de gouvernement de ce début de légistaure.
La décision fut concrétisée quelques jours après le scrutin, lors de sa rencontre avec le souverain à Midelt.
Pendant quelques joutrs, on vu, entendu et lu Si Abdelillah BENKIRANE, premier ministre désigné, sur la Oula, sur les télévisions étrangères, sur les journaux! Bref, partout et beaucoup!
Puis les jours passant, le calme revient, la discrétion s’installe et même le mystère jusqu’à la formation du gouvernement, né pratiquement au forceps, après moult discussions et force tractations et à la fin beaucoup de déception! Demandez notamment leur avis aux assiociations féminines!
On s’est dit que le coup de sifflet allait être donné et que le “ballon gouvernemental” va commencer à circuler : là encore, blocage, retard et sur-place inquiétant. La déclaration du gouvernement s’enlise dans d’incompréhensibles circonvulations : manque d’idées, défaut de vision globale, prise de conscience des réalités concrètes du pouvoir?
Nous n’en savons rien! Personne ne nous dit rien!
Alors à défaut d’informations concrètes, contentons-nous d’effectuer un petit retour en images sur notre chef de gouvernement, désigné mais pas encore investi!
Durant la campagne électorale, Si Benkirane semblait avoir une pêche formidable : on le croirait capable de refaire le monde en un coup de baguette magique!
Il faut reconnaitre que le leader du P.J.D. sait y faire avec la foule de ses partisans avec le verbe haut et simple, le geste généreux, le sourire ravageur.
Si Benkirane donnait en tant que parlementaire l’image assez iùmpressionnate d’un meneur d’hommes efficace, malgré quelques dérapages qu’il n’est pas besoin de rappeler.
Après sa victoire aux élections, Si Berkirane a su jouer le jeu du leader comblé et il s’est prêté aux démonstrations les plus inattendues!

Il faut signaler aussi que le leader du P.J.D., pourtant peu habitué aux exigeances du protocole, semble s’y adapter avec une aisance surprenante.
Malgré quelques légères difficultés, le chef de gouvervenement désigné semble bien dominer l’exercice délicat des confrontations directes avec la presse. Cela nous change de son prédecesseur, soit dit en passant!
Une fois le gouvernement formé, M. Birkirane a très vite fait de prendre ses aises dans le fauteuil laissé vacant par notre Abbas national.
Et depuis, plus rien…..
On ne sait plus ce qui se passe!
Monsieur Benkirane nous donnera-t-il bientôt une iamge de ce que sera le nouveau chef de gouvernement. Nous aurons le choix entre ces deux visages :
Celui d’un homme souriant, confiant dans l’avenir et sûr de surmonter toutes les difficultés?
Ou celui d’un homme en prise directe avec le pouvoir et les contingences de son exercice, un homme face à la crise mondiale, face au chomage des jeunes et face à des promesses qu’il avait peut-être lancées sans en mesurer les conséquences:
Sans avoir aucune sympathie ni popur l’homme politique ni pour son parti, je ne peux qu’espérer pour lui et son équipe gouvernementale de réussir : il y va de l’avenir de notre pays!


















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