Après avoir tracé sans complaisance le portrait-type des “méchants” et des “sales mecs” du web marocain, il ne serait pas inintéressant de croquer le profil  des “bons” et des “mecs bien” qui peuplent la toile du “plubopaydumonde”.

Age : la trentaine bien  assumée.

Sexe et état civil : indifférents.

Formation : Généralement, école de commerce ou grande école d’ingénieurs. De préférence G.E.I. française.

Profession : Jeune cadre dynamique, généralement bien payé,  ou étudiant destiné à le devenir dans les délais les plus rapides.

Culture générale : grands lecteurs de Tel Quel et de Actuel depuis la disparition de Le Journal Hebo, avec des plongées dans AL MASAE  et consommateur boulimique de l’information en ligne. N’a pas le temps ni surtout le goût de la lecture des livres sur support papier.Il faut reconnaitre que la spécialisation a du bon en ce sens qu’elle permet d’accumuler  un maximum de connaissances sur des sujets de plus en plus pointus.

Culture historique : doublement biaisée par un enseignement public bancal et par des références journalistiques fantaisistes, prises comme des repères imuables.

Culture artistique : peu développée par manque de temps, mais avec une tendance pour l’expression moderne comme le rap ces derniers temps.

Appartenance politique : Se prévalant le plus souvent du P.S.U. ou des partis de la mouvance gauchiste, sans aller jusqu’à prendre une carte, sans avoir le plus souvent jamais assisté à la moindre réunion de section, ni distribué le moindre trac. Il faut noter cependant que  beaucoup de  “bons” et de “mecs bien” du net national ont développé d’intenses activité dans la société civile et  dans le cadre associatif.

Position politique : S’articule autour de deux exigences. D’abord exiger mordicus une “monarchie parlementaire à l’espagnole” sans essayer de mesurer ce qu’il y a comme soubassement historique à la situation politique de notre voisin du nord. Ensuite exiger que toutes les activités du pays soient conformes à la constitution, ce qui est d’une logique imparable, à tel point que le must est de placer le mot “anticonstitutionnellement” dans une discussion de salon.

Activité politique : N’ayant pas de préférence politique bien précise malgré la pléthore de partis existants, les “mecs bien” du web marocains se jettent à corps perdu dans le “militantisme virtuel” avec parfois une présence symbolique dans les manifestations lancées sur FaceBook.

Organisation du réseau des “bons” et des “mecs bien” du net  : Des grosses locomotives installées à l’étranger tirent vaillament nos “bons” internautes  et les “mecs bien” du net dans la lutte pour sauver le pays. Il faut reconnaitre que l’expérience acquise dans les pays d’accueil est fort utile, mais   comparaison n’est pas raison.

Projets d’avenir : devenir ministre comme a pu le réussir un certain  Moncef ! Après tout, ce n’est pas si utopique!

Tout cela serait fort utile pour le pays et pour nos compatriotes, si les les “bons” internautes et les “mecs bien” du net national investissaient de plein pied le monde politique en forçant la porte des partis politique existants et en imposant leur présence réelle au lieu de se contenter de brasser  des tonnes de mégabits avec leur  Smartphone dernier cri!

Je suis tombé par le grand des hasards sur la vidéo  Dailymotion du candidat malheureux  aux élections législatives françaises de 2007 sur laquelle Olivier Ferrand, actuel patron de la fondation TERRA NOVA, think tank proche du P.S., déclarait avec un certain aplomb que Nous sommes les bons; il y a dans cette affaire des bons et des méchants. Vous êtes de la camp des bons!”

Cette affirmation péremptoire  m’a inspiré  deux billets sur une certaine typologie des internautes marocains.

En effet, sur le web marocain, il semblerait qu’on croise  des “bons” et des “méchants” ou en d’autres termes pour rester dans le registre sémantique de la politique française des “sales mecs” et des “mecs bien”.

Alors, honneur aux damnés de la la toile!

Commençons par les “méchants”, par les “sales mecs”, ceux dont certains ont doctement décidé qu’ils n’ont aucune notion de l’honneur, ou encore qui ne connaissent pas de limitent à leur honte, juste parce qu’ils ont osé dire ce qu’ils pensaient et que cela n’allait pas avec l’air du temps.

Qui sont-ils, ces méchants, ces sales mecs qui polluent le web marocain, ces internautes indignes, méritant d’être ostracisés et mis au ban de la communauté?

Je vais essayer d’en tracer le portrait-robot.

Age : il s’agit en général de personnes d’âge mûr, sinon avancé., mais pas nécessairement.

Sexe et état civil : le plus souvent des hommes, souvent père de famille et parfois  grand-pères.

Profession supposée : servant ou ayant servi l’état et bien sûr  s’étant  largement servi au passage, sans qu’aucun commencement de  preuve de ces suppositions n’ait été apporté.

Formation : Quelques fois universitaires ayant suivi les enseignements de grands professeurs marocains ou étrangers, parfois de simples bacheliers du temps où le bac avait un sens et un poids, avec quelques autodidactes respectables.

Culture générale : Très variable et le souvent puisée dans les lectures les plus diverses. Eclectique mais solide, elle reflète l’enseignement de l’époque où les élèves et les étudiants ignoraient ce qu’est le copiage, la triche et les cours particuliers.

Culture politique : Parfois militants dans les partis traditionnels, souvent apolitiques, quelques fois ayant frayé avec la gauche et s’en étant éloignés, mais s’intéressant aux arcanes de la politique du pays, à  celles de la France ou même à celles d’autres pays.

Culture historique : Assez limitée car les programmes scolaires de l’époque étaient axées sur l’histoire de la France du fait des contingences de la situation du pays. Cela  a souvent créé  chez les intéressés une soif de la découverte de l’histoire du Maroc.

Culture artistique : Grands amateurs de musique andalouse, cinéphiles souvent avertis, inconditionnels de grands chanteurs à texte français et des chansons classiques arabes, sans pourtant renier la musique des 70ths.

Projets d’avenir : Voir ce pays continuer sa marche vers le progrès et la démocratie, regarder en arrière et apprécier les avancées, regarder vers l’avenir et mesurer les efforts à réaliser.

Bien sûr ce portrait-type peut connaitre des fluctuations mais l’ensemble est assez représentatif du “méchant” internaute, du “sale mec” du net, réactionnaire, opposé à toute forme de démocratie, souvent ayant vendu son âme au diable du pouvoir en place!

Soit!

Ainsi en ont décidé les “influenceurs” qui au fond ne représentent qu’eux mêmes.

A suivre ……..avec le portrait robot du “bon” internaute, du “mec bien” du net marocain.

Fort de son expérience de ministre des Transports, le nouveau président de la Chambre des Représentants devrait demander à nos honorables députés de suivre le slogan qui a accompagné, avec un certain succès, sa carrière ministérielle!

Il devrait inciter ses ouailles à “changer leur conduite” et pour cela il devrait mettre en place une série de dispositions aussi sévères que celles qu’il avait imposées aux citoyen(ne)s du temps à il dirigeait le ministère tant convoité de l’Equipement et des Transports.

Et pour les forcer à “changer leur conduite”, Monsieur Karim Ghallab dispose d’un arsenal de dispositions qui a fait ses preuves auprès des simples citoyen(ne)s. Pourquoi cela n’aurait pas d’effet auprès des représentants de la nation, qui sont l’émanation du vote de ces citoyen(ne)s.

D’abord, la constitution lui donne le droit de s’assurer de la bonne tenue morale des parlementaires : la transhumance est sanctionnée par la perte de la qualité de représentant de la nation. Il devrait la faire assortir en plus d’une sanction pécuniaire dissuasive, en termes clairs, d’un montant très élevé! En proportion d’une part avec les amendes infligées aux conducteurs en délicatesse avec le code de la route et d’autre part avec les indemnités généreusement accordées aux parlementaires.

Ensuite, pour assurer la bonne marche de l’institution parlementaire, le titulaire du Perchoir devrait instituer “un permis de légiférer” à l’instar du permis de conduire! Pourquoi exiger des citoyen(ne)s des connaissances juridiques (le code de la route) et mécaniques (premières interventions en cas de panne) et n’exiger des parlementaires que d’être élus par le peuple.

Ce permis de légiférer devrait être délivré à la suite d’un quizz  juridique portant sur le fonctionnement de l’institution parlementaire, sur son rôle, sur la responsabilité des élus et que sais-je encore : tout ce qui peut aider à produire des “législateurs” compétents et aguerris, rompus au jargon juridique. Cela éviterait aussi le blocage des lois au niveau du S.G.G.

Le président du Parlement devrait instituer une “carte parlementaire à points” : c e serait une bonne méthode pour éradiquer définitivement l’absentéisme des représentants de la nation! Une absence non  justifiée et un point qui saute, jusqu’à épuisement du crédit de point réglementaire qui entrainerait une sanction exemplaire. Je laisse à la discrétion de Monsieur Ghallab celle qu’il jugerait adéquate : mais à mon avis, seule une sanction pécuniaire  peut avoir l’effet escompté.

Par ailleurs, le président du parlement devrait mettre en oeuvre toute son savoir-faire et toute son énergie pour instituer d’une part l’interdiction de cumul des mandats locaux, provinciaux, régionaux et nationaux (comme pour les permis de conduire qui sont attribués par catégories de véhicules)  et d’autre part la limitation des mandats dans le temps (exactement comme pour les permis de conduire  valables 10 ans).

Pour finir, et comme pour les campagnes de prévention des accidents de la circulation, le président du Parlement devrait faire appel d’une part à la télévision pour mettre bien en évidence les bancs vides  du parlement lors des séances au lieu d’essayer de cadrer au mieux les quelques représentants présents et d’autre part à la société civile ou à une instance indépendante pour veiller à ce que les représentants de la nation s’acquittent de leur mandat dans les règles et qu’elles en informe les citoyen(ne)s.

Tout cela reste bien sûr du domaine de l’humour et de l’utopie! Mais avec un parlement formé d’une majorité de nouveaux élus, il n’est pas vain d’espérer que nos représentants “changent de conduite”!

Encore une fois, la justice de ce pays se trouve au centre du débat!

Le cas de ce jeune homme Mouad 7a9ed, rappeur de son état et prisonnier politique par la volonté de certains, est symptomatique!

Ce garçon se retrouve devant les juges pour voie de fait sur un plaignant!

Les choses sont claires: soit  il est coupable et il est condamné, soit il est innocent et il est relaxé!

Et dans les deux cas, la justice passe à autre chose de plus sérieux, de plus urgent, de plus concret pour la vie des autres citoyens qui attendent que leur cas soit traité par le tribunal!

Or depuis des semaines, des mois, le cas de ce jeune homme traine de report de séance en report, de refus de ceci en demande de cela, de questions de  procédure en questions de documents! Beaucoup de bruit pour quoi, en fait?

Un fait divers est devenu une affaire médiatique et comme toujours la justice semble s’embourber dans un procès dont les tenant et les aboutissants lui échappent!

S’il ne s’agit pas d’un fait divers, de quoi s’agit-l donc? Qu’on le dise!

Je ne sais ce dont est accusé et encore moins coupable Mouad 7aqed et dans une large mesure, son cas personnel ne m’intéresse pas outre mesure!

Ce qui m’intéresse et m’inquiète c’est de voir la justice de mon pays ne rien comprendre à ce qui arrive, ne pas prendre la mesure des conséquences de ce genre de procès! Or la justice constitue , à mon sens,  la pierre angulaire de tout développement démocratique de mes compatriotes,

Dans le cas  d’espèce, certains parlent de procès politique : ils ne savent pas ce qu’est un procès politique, utilisant comme souvent des termes galvaudés puisés dans une littérature dépassée.

Moi, je parlerai d’un procès ridicule  inutile, vain : ridicule, par l’ampleur qu’il a pris compte tenu des faits, inutile parce qu’il ne sert à rien surtout pas à rendre la justice et vain parce que les conséquences du verdict quelque elles soient iront à l’encontre des attentes.

Accusé ou innocenté, 7a9ed passera pour un martyr! Et dans une certaine mesure, il l’est : martyr d’une justice qui cafouille et qui s’enlise!

Le Maroc de 2012 n’a plus besoin d’une justice tâtonnante et hésitante ; mais d’une ferme, efficace, rapide, juste et indépendante. La constitution est  on ne peut plus explicite à ce sujet et les juges devraient être  les premiers à exiger leur “indépendance”.

 

Notre amie la blogueuse marrokia a soulevé il y a  quelques  jours le problème du harcèlement sexuel dans notre pays en lançant une espèce d’appel à témoins. C’est innovant de la part d’un(e) blogueur(se) et surtout courageux car les réactions peuvent être tout à fait inattendues.

Tout récemment, la blogueuse écrivain Leila Lalami a consacré un billet à ce sujet.

Il faut aussi signaler que le problème avait déjà été soulevé par le  blogueur Réda Chraibi dans un de ses posts datant de bientôt deux ans.

De leur coté,  les médias traditionnels, presse écrite, radios et télévision (dernièrement Médi1TV) ne manquent pas l’occasion de soulever le problème posé par ce fléau social, dont l’éradication nécessite la mise en place d’un cadre juridique et légal adéquat.

Cela signifie que le phénomène du harcèlement sexuel est bien réel, qu’il préoccupe les marocains et essentiellement les marocaines  et qu’il est impératif de le dénoncer haut et fort, chacun à sa manière!

Tout d’abord que doit-on entendre par  harcèlement sexuel?

Le harcèlement sexuel peut se concrétiser de différentes manières, plus ou moins insidieuses, plus ou moins directes. Il peut se résumer dans cette formule “une parole ou un geste à caractère sexuel commis par un individu sans le consentement de la personne visée.”

Le harcèlement sexuel peut sévir  partout:

-   sur les lieux de travail.

-  dans les  établissements d’enseignement, d’apprentissage ou d’entrainement;

-  dans les transports publics, dans les files d’attente.

-  dans la rue tout simplement.

Comment se manifeste le harcèlement sexuel ? Cela peut prendre les formes les plus diverses, allant de pratiques qui sont considérées comme normales sinon plutôt flatteuses dans quelques pays comme le nôtre  en passant par des  habitudes détestables ou désobligeantes pour arriver à des gestes ou des comportements  non équivoques et parfois passibles de sanctions pénales;

-  se faire dévisager, siffler et interpeler;

-  adresser des remarques grossières, des plaisanteries sexuelles offensantes

-  faire des remarques sur le physique de quelqu’un, dans la plus part des cas d’une femme.

-   poser des gestes suggestifs ou vulgaires.

-  commettre des attouchements inappropriés.

- attendre de manière ostentatoire et sans son accord  quelqu’un devant la maison, à l’école ou au travail.

- suivre quelqu’un sur le chemin de son domicile, de l’école ou du bureau.

- envoyer des appels, des textos, des lettres ou des courriels importuns.

-  commettre des outrages à la pudeur ou des agressions sexuelles, acculer quelqu’un dans un coin de rue.

Les conséquences du harcèlement sexuel peuvent plus ou moins dommageables pour la victime et ce selon la gravité et  la fréquence des actes d’agression commis:

-  être des simples incommodités psychologiques, comme des blessures de l’amour-propre de la victime.

-  avoir des répercussions sur son travail ou son rendement scolaire.

-  provoquer des réactions psychologiques graves.

-  faire craindre pour sa sécurité personnelle ou même son intégrité physique.

Qu’en est-il du harcèlement sexuel dans notre pays?

Il ne semble pas exister de statistiques fiables sur l’importance de ce phénomène et ceci s’explique aisément par le silence forcé des personnes qui subissent ce genre de pression ou de quasi-violence.

La peur du supérieur hiérarchique, la crainte de perdre son emploi, la simple honte de se trouver au centre d’un scandale dont beaucoup leur fera portée la responsabilité, la méconnaissance de leur droit, le machisme ambiant qui caractérise notre société, tous ces éléments contribuent à la méconnaissance de l’importance de cette situation.

Le nombre élevé de femmes qui travaillent dans des conditions  en marge de  la loi donc sans aucune protection juridique  (femmes de ménage, ouvrières non déclarées, entre autres), le nombre de jeunes filles livrées à des des enseignants indélicats, le nombre de femmes exposées dans les rues et endroits publics, sans aucune protection légale,  à la lubricité des hommes et à la salacité de leurs remarques, peuvent nous donner une idée de l’ampleur de ce phénomène.

Pourtant le code du travail de 2004, dans son article  40, considère le harcèlement sexuel comme “faute grave commise par l’employeur, le chef de l’entreprise ou de l’établissement à l’encontre du salarié”. Le législateur n’a  cependant pas assorti cette “faute grave” d’une sanction pénale ; elle permet juste, lorsque elle est établie, de considérer  comme licenciement abusif le fait pour le salarié de quitter son travail en raison de ce comportement de son employeur.

En fait, il s’agit là d’une pirouette juridique qui n’a absolument aucune incidence pratique dans les relations de travail tant que le harcèlement sexuel n’est pas défini de façon précise et  sa   ”crimininalisation” n’est pas prévue et sanctionnée.

Par ailleurs, le harcèlement sexuel ailleurs que dans les relations du travail n’est pas retenu par le législateur marocain, malgré une action très forte des associations féminines dans ce sens.

Dans certains pays, le harcèlement sexuel présumé peut provoquer, avant son établissement et sa sanction pénale,  la mort politique de l’accusé  quand il s’agit d’hommes publics, comme aux U.S.A. (cas d’un candidat républicain Herman Cain éliminé des  actuelles primaires ). Même le sémillant et ultramédiatisé  patron du site Wikileaks, Julian ASANGE, n’a pas “survécu” à des accusations de harcèlement sexuel.

Bien sûr, ce n’est pas demain que au Maroc la lutte contre le harcèlement sexuel aura le même impact qu’elle a a sur la vie sociale, mais il est grand temps que nous nous dressions tous contre cette pratique dégradante et humiliante pour la femme!

hmida on January 6th, 2012

Tous les étudiants de ma génération ont lu au moins un livre de Albert MEMMI! A l’époque,  il était impensable que l’on n’ait pas lu au moins “Portait du colonisé”  en oubliant souvent de parcourir le “portrait du colonisateur” qui  le précédait. C’était les années 60, une autre vie en quelque sorte!

Tous les étudiants de la génération actuelle devraient lire “PORTRAIT DU DECOLINISE, arabo-musulman et quelques autres” que l’auteur a publié en janvier 2005 chez GALLILMARD.

Lecture nécessaire pour mieux appréhender les événements qui ont secoué un certain nombre de pays arabes durant l’année écoulée.

Lecture parfois amère car elle nous rappelle des vérités que la plupart d’entre nous voudraient oublier : les pays anciennement colonisés sont passés du joug du colonisateur à celui de dirigeants nationaux très vite transoformés en tyran;

Lecture souvent dérangeante parce l’auteur se place en porte-à-faux sur certaines questions qui réunissent la quasi-unanimité du monde des bien-pensants, comme la question palestinienne ou la situation des sans-papiers.

Le livre de Memmi est construit autour de trois axes qu’a suivi l’homme décolonisé.

Selon lui, la décolonisation a produit le “nouveau citoyen” qui n’a pas d’autre choix que d’évoluer entre la pauvreté, la corruption et la tyrannie.

Il faut croire que Albert Memmi a fait l’impasse des progrès enregistrés dans beaucoup de pays anciennement colonisés dans leur leur développement et dans leur démocratie.

Le deuxième axe suivi par les anciens colonisés est celui de l‘immigration comme seul recours aux maux que son pays d’origine n’arrivent pas à éradiquer.

Là aussi l’approche de Memmi est très réductrice pour ne pas dire tendancieuse : il voit les immigrés au mieux  comme des privilégiés, sinon comme des profiteurs.

La partie présentant les immigrés de la seconde génération est orientée vers une quasi-stigmatisation des jeunes des quartiers et elle fait un alamgame assez confus entre intégrisme religieux et malaise social  de ces jeunes sans repères.

Que retenir ce livre qui a provoqué beaucoup de remous à sa sortie?

Il s’agit avant tout je crois du livre d’un être encore et toujours déchiré entre sa triple culture judéo-arabo-française et qui n’arrive à l’assumer complètement : justifiant la première,  pointant d’un doigt aaccusateur la seconde et ne sachant que penser de la troisième.

A lire , mais avec un esprit critique et vigilant!