PRESSE ECRITE DU MAROC : entre subventions et prébendes.

Puisque notre gouvernement s’est spécialisé dans la publication des listes de bénéficiaires de tels avantages ou de autres rentes, la liste des entreprises de la presse écrite recevant des subventions de l’état a été récemment publiée.

journaux

En fait, l’examen de cette liste ne pourrait être intéressant que si les critères d’octroi de ces subventions étaient connues du public.

Pour ma part, j’ai tenté de trouver trace de ces critères, mais je n’ai pu tomber que des vagues formules comme “selon des critères précis, dont le respect d’un quota minimum de journalistes permanents” définis par une Commission paritaire de la presse écrite.

Quant à l’utilisation de ces subventions, elle devrait être orientée vers la modernisation des entreprises de presse, la préservation de  la pluralité, l’amélioration  des conditions professionnelles et sociales des journalistes, la promotion de la formation continue, la mise à niveau de la presse en termes de qualité et de technologie, le  soutien des tirages ou encore la qualification des ressources humaines.

Nobles buts s’il en est, en effet, mais qu’en est-il dans la réalité des faits?

Tout cela relève aux yeux du citoyen lambda et du quidam  lecteur de la presse écrite du plus grand flou et ne le renseigne en rien sur ces subventions, leur importance dans la vie de chaque entreprise bénéficiaire et surtout de leur destination finale.

Un rapide regard sur cette liste fait apparaître que les montants annuels des subventions  varient du simple au décuple : ils vont de DH 200.000 à DH 2.000.000 et ils concernent 74 publications sur papier (quotidiens, hebdos, mensuels, nationaux ou régionaux,  généralistes ou spécialisés) :

  • 2 millions de dirhams pour 6 titres
  • 1,8 millions de dirhams pour 4 titres
  • 1,4 millions de dirhams pour 6 titres
  • 1.1 millions de dirhams pour 11 titres
  • 700.000 dirhams pour 4 titres
  • 600.000 dirhams pour 1 seule publication
  • 400.000 dirhams pour 4 titres
  • 300.000 dirhams pour 13 titres
  • 200.000 dirhams pour 25 tires concernant essentiellement la presse régionale.

La première lecture de cette liste m’avait interpellée quand j’ai découvert que TEL QUEL, hebdomadaire chantre de la presse indépendante et revendiquant une totale liberté  éditoriale, tout  à l’honneur de ses promoteurs, émargeait à cette manne financière au même titre  que des publications dont on connait les connivences partisanes ou administratives.

Mais une lecture plus attentive aurait pu et dû me pousser à m’interroger sur l’intérêt de subventionner par des fonds publics des publications comme VERSION HOMMES ou FEMMES DU MAROC, comme LA NOUVELLE TRIBUNE ou AL MICHAAL.

Le citoyen de base  que je suis pourrait s’inquiéter de l’intérêt de subventionner RISSALT AL OUMMA, organe de l’Union Constitutionnelle, qui ne doit pas être lu par plus d’une poignée de marocains.

L’ECONOMISTE mérite-t-il de recevoir une subvention publique : personnellement j’en doute, mais la question se pose en fin de compte pour l’ensemble de 74 titres de la presse écrite marocaine qui profitent des largesses de l’état.

Si une publication régionale comme SADA TAOUNAT a besoin d’un coup de pouce financier de l’état pour survivre, pourquoi LE JOURNAL DE TANGER devrait-il être financé par des fonds publics?

Les mêmes réserves pourraient, à mon  humble avis,  être posées pour chacun des titres bénéficiaires des ces subventions.

Ainsi près de 55 millions de dirhams de fonds publics sont  distribués à ce secteur, certes important.

Si l’on y ajoute les autres formes d’aides, comme l’abandon de la TVA par l’état, ou certains avantages fiscaux ou postaux, l’aide publique à la presse écrite peut paraître importante au vu de la qualité de la presse écrite nationale.

Les professionnels du secteur considèrent évidement que les efforts de l’état ne sont pas suffisants et que la presse rencontre de grosses difficultés financières inhérentes aux conditions de production et de distribution.

Si tel était le cas, comment expliquer la prolifération des titres, en tous genres,  dans les kiosques du pays?  

Alors, subventions méritées ou prébendes incontrôlées?

 

 

28 thoughts on “PRESSE ECRITE DU MAROC : entre subventions et prébendes.”

  1. @ hmida

    ce que confirme cette liste c’est que la presse (information, etc.) est une fonction du pouvoir exécutif et que par conséquent, les organes de presse ont droit à bénéficier du soutien institutionnel et financier des pouvoirs publics représentant démocratiquement les citoyens contribuables. jusque là, rien de scandaleux.

    mais ce qu’elle révèle également c’est que nombre de ces publications se servent de l’argent de l’état donc des citoyens afin de saper les fondements de ce même état, l’historique des délits de presse au Maroc en témoigne, au mépris donc des aspirations foncières de ces mêmes citoyens dont les patrons de presse font leur chair à révolution. au nom du consumérisme hyper libéral, nerf de la guerre des annonceurs par presse interposée…

    ce qu’il faudrait pour mettre un terme à cette situation des plus scandaleuses, c’est qu’une force de protestation populaire, autre que le m20février dont ces mêmes patrons de presse se sont faits les alliés, aille manifester devant les sièges respectifs de leurs publications en question.

  2. @Salvadorali

    tu es allé jouer sur un autre billet 🙂

    on attend que fat owl soit de retour et on fait une nouvelle partie, mais cette fois on compte les points.

  3. @ salvadorali

    Grande erreur de départ dans ta vision : l’information n’est pas une fonction du pouvoir exécutif!

    La suite de ton raisonnement ne tient plus donc, même s’il n’est pas faux!

  4. @ hmida

    il ne s’agit pas d’une vision mais d’un constat, celui que nous venons de faire du financement de la presse privée par des deniers publics.
    à cela s’ajoute le fait que les cartes de presse sont établies au nom du Royaume du Maroc et du ministère de la communication, ce qui fait des journalistes (encartés) des détenteurs d’une parcelle de puissance publique et quasiment des fonctionnaires au service des citoyens.

    d’autre part tu sais ce que vaut à mes yeux la théorie du Quatrième pouvoir, issue de la philosophie politique anglo-saxonne et nord américaine : concevoir un quatrième pouvoir revient en dernière analyse à dénaturer le modèle conçu par Montesqiueu, d’autant que le quatrième pouvoir est en réalité celui de la richesse privée, qui tend à s’accaparer économiquement les organes de presse qui n’en sont pas moins des entreprises… à tel point qu’aux USA, au lendemain de la deuxième guerre mondiale qui avait accéléré le processus de l’intégration des organes de presse à des puissants entités industrielles et financières, a émergé la notion de cnquième pouvoir, celui des individus libres au sein des institutions asservies (à la finance)…

    c’est donc ton approche qui s’avère inadéquate, parce que mythologique et passionnelle.

    quant à notre presse, le problème (et tout le mal) vient du fait qu’après DBasri, plus aucun responsable de l’information-communication n’a assumé de tenir les cordons de la bourse et donc d’etre en mesure de fonctionnaliser l’outil à sa guise. naciri, benabdallah et aujourd’hui khalfi n’ont vraiment pas été à la hauteur de leur fonction. trop de scrupules démocratiques 😉

    mais il est clair (de mon point de vue 😉 que l’on ne peut pas compter sur une presse privée arrogante (ivre) de son quatrième pouvoir pour protéger les intérêts supérieurs de l’état et de la nation.

    je suis donc très satisfait que la publication de cette liste amène les citoyens à demander des comptes à cette bande profiteurs de paix, même pas bien intentionnés ni reconnaissants à l’égard de la main qui les nourrit…

  5. PS

    l’information suivante, que m’apporte ma messagerie ce matin via le service 2mn.com (revue de presse marocaine par abonnement gratuit) est à verser au débat il me semble :

    “Liberté de presse : Freedom Now se dit préoccupée par les procès contre les journalistes.
    Malgré le refus par le ministère de l’Intérieur de l’enregistrement de son dossier juridique en tant qu’association, Freedom Now, une nouvelle association de défense de la liberté d’expression et de la presse, s’est emparée de plusieurs affaires depuis l’annonce de sa création. À l’issue d’une réunion de son bureau exécutif mardi, Freedom Now a ainsi mis en garde les autorités marocaines contre les poursuites intentées contre des journalistes, se disant préoccupée par les procès engagés contre plusieurs d’entre eux, dans un communiqué repris jeudi par le site d’information AlYaoum24. Freedom Now a en effet dénoncé le verdict prononcé récemment à l’égard de Taoufik Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Yaoum, et ce, bien que le dossier ait traversé toutes les étapes passant par les tribunaux de première instance, d’appel et de cassation. L’association a appelé à cet égard à l’ouverture par le ministère de la Justice et des libertés, d’une enquête sur cette instrumentalisation du pouvoir judiciaire pour imposer des restriction à l’égard dudit journaliste. Freedom Now a appelé ensuite à la libération “immédiate et sans condition” du journaliste Mustapha Hasnaoui, rappelant que le Groupe de travail onusien sur la détention arbitraire avait, lors de sa visite au Maroc en décembre dernier, plaidé pour cette libération /// Au fait Maroc”

    hélas le journal ne précise pas qui sont les vaillants et vertueux citoyens qui animent cet autre machin démocratiste… des gens qui ont intérêt à ce que des bouachrine et autres hasnaoui s’accaparent la parole publique, sans doute… avec la bénédiction atlantiste de l’ONU.

  6. @ salvadorali

    Ne tournons pas autour des mots : tu prétends que l’information relève du pouvoir exécutif!

    Sans être ni mythologique ni passionnelle, mon approche de l’information est qu’elle ne doit pas me parvenir par le biais du pouvoir exécutif : l’ère du crieur public nous annonçant que ‘mat sem3ou ghir khbarb el kheir” (note bien ces deux mots : GHIR et KHEIR!

    Le pouvoir exécutif ne nous donnera que des bonnes nouvelles en nous demandant de dire que “3am Zine”!

    Moi, je veux bien dire que 3am Zine, si dans les faits que JE constate 3am est en effet “Zine”.

    Je ne laisserai pas le soin à un fonctionnaire, fut-il Basri le toput puissant ou le mokadem le plus terre-à-terre, me dire ce que je dois savoir.

    Par ailleurs, ce n’est pas le rôle de protéger les intérêts supérieurs de l’état et en fait de ses hauts serviteurs!

  7. Mis à part le fait de me mettre sur le tapis dans un jeu aux points (pour le terme barème je devais regarder le dictionnaire), je me trouve avoir à faire une comparaison avec la même situation qui existe dans mon pays au sujet du financement aux éditions.

    financements qui, en plus d’être l’objet de plusieurs réformes des lois et des protestations de ceux qui les considèrent pures et simple gaspillage de l’argent public, sont en plus une source d’escroqueries (l’État cherche à recouvrer environ € 64.000.000 pour les contributions reçues de manière frauduleuse). Et la Poste est toujours en attente de remboursement de l’Etat d’environ 250 millions d’euros pour les facilités accordées.
    Avantages qui sont divisés en «directs» (affectant seulement certains types de journaux: organes de partis politiques, coopératives de journalistes, minorités linguistiques et ceux qui se réfèrent à «organismes morales», généralement religieux et ceux de la communauté italienne à l’étranger et «indirects», tels que la réduction de la TVA, les tarifs postaux et le prix du papier (les deux derniers supprimés).

    La dernière loi de 2012 prévoit des critères plus stricts pour l’accès au financement et la mise au point sur les ventes réelles et le nombre d’employés embauchés pour une durée indéterminée, l’interdiction de la distribution des revenus, la création d’un budget qui part de 52 millions d’euros en 2013 et en atteindra 30 en 2016. Le but est de «stimuler les investissement des entreprises éditoriales , même nouvellement formées, axées sur l’innovation technologique et numérique, l’entrée de jeunes professionnels qualifiés dans le domaine des nouveaux médias” et “soutenir la restructuration des entreprises et les mesures de sécurité sociale.”
    http://www.ilpost.it/2014/01/10/contributi-editoria-giornali/

    mais le débat sur le financement public est en effet sur sa capacité à réduire l’influence des annonceurs, capacité qui est maintenant annulée par la réduction des chiffres disponibles et de la réduction des ayant droit.

    Les questions du quatrième pouvoir et de la liberté de la presse sont beaucoup plus larges, soumises à des considérations qui touchent principalement la relation entre les pouvoirs économiques / financiers et ceux des citoyens / lecteurs. Et ici, comme on dit « casca l’asino = l’âne tombe = le bât blesse »: si le journal est un produit comme les autres, seul le citoyen / consommateur a le dernier mot, ou plutôt devrait l’avoir, si sa culture lui permettrait d’examiner le produit ayant toutes les informations nécessaires pour l’évaluer.

    Et malheureusement tel n’est pas le cas …

  8. @ f.owl

    merci pour ton intervention, bravo pour la conciliation ! j’en profite pour préciser à l’attention de notre hôte que nous nous rejoingnons essentiellement toi et moi sur la dimension institutionnelle du financement public des rouages de bon fonctionnement de la sphère citoyenne.
    il s’agit là en effet d’une modélisation, sans pour autant que cela relve de l’utopie. il suffirait pour faire la différence d’inviter notre ministre de la communication à venir se joindre au débat ouvert ici. et lui demander directement des comptes, au nom de ce que le citoyen est absolument fondé à opposer, à la liberté d’informer revendiquée par les uns, son droit éminemment démocratique d’etre bien informé dont les régies publicitaires et les lobbys financiers le privent de fait.

    @ hmida

    lorsque tu cesseras de personnaliser et de diaboliser DBasri, tu apprécieras à sa juste valeur la fonction dont il a été l’outil. maladroit certes. mais qu’y avait-il attendre de bon d’une presse gauchiste absolument libre ?
    et aujourd’hui, d’une presse libertaire et consumériste à laquelle on laisserait la bride sur le cou, pour ne pas parler de pleins pouvoirs ?..

  9. @ Salvadorali

    Je n’ai jamais apprécié les exécuteurs des basse œuvres pour le compte d’autrui : ni les bourreaux, ni les tueurs à gage, ni les ministres de l’intérieur aux mains douteuses (je ne veux pas m’engager plus avant à ce sujet).

    Ne me demande donc pas de béatifier feu Diss Basri!

    Une presse gauchiste ne peut se concevoir que si elle est absolument libre : mais le serait-elle vraiment en étant gauchiste?

    Pas plus qu’une presse libertaire et consumériste ne peut être libre!

    La seule liberté de la presse résiderait dans son honnêteté! Un journaliste espagnol a dit : “me equivoco pero nunco miento” (je me trompe mais je ne mens jamais. Combien de journalistes peuvent en dire autant?

  10. @ fat owl

    merci pour ta contribution qui permet de poser les bases d’une comparaison entre les système marocain et italien.

    Cette histoire de financement se complique par les fonds récoltés par la presse écrite à travers le système des annonces légales et administratives. Je trouve pour ma part que le recours au Bulletin Officiel de l’Etat devrait suffire à remplir ce rôle d’annonceur légal et administratif, tout en contribuant à renflouer les caisses de l’état.

  11. @ Hmida

    Chez nous le système d’annonces publiées dans la presse par l’administration publique, en particulier relatives aux appels d’offres et aux concours, a récemment été aboli, en rappelant que la PA (pubblica amministrazione) devrait utiliser leurs sites web et la Gazzetta Ufficiale (Bulletin Officiel) . Même car, alors qu’il était prévu que les coûts de ces annonces seront remboursés à la PA par ceux qui avaient gagné l’offre, l’état n’était pas vraiment en mesure de demander et d’obtenir ces remboursements (et jetons un voile, pour l’amour de la patrie, sur l’énième explosion d’épisodes de scandaleuse corruption liés aux contrats du MOSE de Venise et de l’Expo de Milan). les annonces juridiques ne restent valables que pour des cas particuliers, ce qui réduit donc ce financement à pourcentages dérisoires.

    Je suis d’accord avec toi sur le principe que la seule vraie liberté de la presse ne peut compter que sur l’honnêteté personnelle du journaliste, mais qui est en mesure de l’évaluer et qui de la protéger?

    En ce qui concerne le rôle de l’Etat, si s’occupait vraiment d’éduquer ses citoyens, en leur fournissant les outils nécessaires pour exercer leurs droits, y compris celui de la critique, qui pour être vraiment exercé doit déboucher sur des propositions alternatives, nous parlons alors de critique constructive, nous aurions moins à discuter de l’état actuel de la presse et sur l’avenir de l’information et le droit d’avoir un système correct.

    N’oublions pas que la majorité des jeunes ne lisent pas les journaux, mais s’appuie sur le net …

  12. @ hmida

    “exécuteurs des basses oeuvres”, rien que ça 😉 et tu prétends ne pas céder à la passion idélogique de ton démocratisme manichéen ?

    et benBarka, il n’a pas été l’exacuteur des basses oeuvres de l’Istiqlal (canal totalitaire) ? et la CDT d’amaoui, elle n’a pas été l’exécutruce des basses oeuvres de l’USFP (canal hystérique 🙂 ? on pourrait allonger la liste, je m’en tiendrai donc là sur ce point 😉

    quant à béatifier DBasri, quelle idée ! je me contente d’affirmer que ce ministre de Hassan II a fait, plus ou moins bien, ce dont il a été chargé mais surtout, ce que l’urgence des situations exigeait : éradiquer la contagion gauchiste, maîtriser la nébuleuse islamiste, mater les grands bourgeois complotistes et intimider les petits en leur opposant la légitimité du “gros peuple” et accessoirement, donner le signal de la course à l’enrichissement en consolation de la répression. elle-même nécessaire au climat maintenu propice aux affaires et à l’enrichissement…

    jusqu’au jour où un certain magazine hebdomadaire d’information qui pour etre subventionné, n’en omettait pas moins de payer les cotisations sociales de ses employés, a entrepris d’interpeller directement le roi en l’invitant à “se retirer du business”…

    voila d’ailleurs pourquoi la nuée d’exaltés-morveux-boutonneux qui ont mordu à l’hameçon jamaïen le jour ou KJamaï a fait mine de s’en prendre à l'”âme damnée de Hassan II” sont vraiment malvenus de se plaindre de quoi que ce soit…

    car c’est à ce prix-là qu’ils sirotent aujourd’hui leur redbull mélangé à de la vodka, comme aurait dit l’autre s’il avait vu ça 😉

    mais il est vrai qu’on ne peut pas leur demander d’avoir la lucidité et le courage du personnage du fameux premier roman de l’ami DCJaydane, “Le jour venu” ;-/

  13. @ Salvadorali

    Quelques mises au point s’imposent pour que le débat soit valable et constructif :

    1/ Benbarka avait une ambition personnelle très précise et que beaucoup de ses laudateurs actuels ignorent ou veulent ignorer : il a œuvré pour son compte personnel et n’a jamais été l’exécuteur des basses œuvres de personne. On peut l’accuser de tout ce qu’on veut sauf d’être l’homme de quelqu’un!

    2/ Pour Amaoui et la la CDT, je peux me prononcer : je ne connais pas suffisamment le problème.

    3/ Le rôle que tu accordes à Driss Basri fait de ce monsieur un archange qui aurait sauvé le pays des sept plaies de l’Histoire moderne : je crois que l’état du Maroc post-Basri montre qu’il n’a rien évité à ce pays, sinon une certaine stabilité.

    4/ Le magazine hebdomadaire qui omettait de payer les cotisations sociales de ses employés n’a jamais été subventionné par l’état : son patron préférait je crois se servir directement au gré de ses besoins. Il faut lui reconnaitre cette fierté de n’avoir jamais sollicité la subvention que d’autres aussi virulents quémandaient sans vergogne.

  14. @ tous

    En effet, aujourd’hui Mahdi Al Mandra est décédé ; c’était un grand intellectuel. RIP Si Mahdi.

  15. @ hdidane & hmida

    au rayon des irremplaçables (et des pestiférés) mais il reste leurs écrits Dieu merci et l’esprit de leurs enseignements évoquons également Roger Garaudy, mort un 13 juin lui aussi, il y a deux ans.

  16. @ hmida

    bon, nous nous sommes un peu égarés à propos de “basses oeuvres”, toujours est-il que pour revenir au coeur du sujet, la presse marocaine est en très grande partie subventionnée or elle ne remplit pas la fonction pour laquelle les patrons de presse acceptent d’etre investis et dédommagés.

    cela incite à

    1/ revoir de façon démocratique le caier des charges des entreprises de presse (en faisant par exemple obligation aux “supports” de consacrer au moins 25% de leur surface éditoriale et rédactionnelle aux informations provenant de la MAP, pour assurer une bonne diffusion de l’information nationale, les bonnes nouvelles locales notamment)

    2/ renforcer les mesures de sévérité à l’égard des directeurs de publication, pas jusqu’à la prison certes mais il est temps que le devoir de bien informer soit pris très au sérieux par les investisseurs dans le secteur de l’information sous toutes ses formes 😉

    3/ instituer un Conseil de l’Ordre des Journalistes et dissoudre le SNPM (et envoyer ses membres quelques temps dans un camp de rééducation par le travail, le vrai 😉

  17. @ SALVADORALI

    Pourquoi faire OBLIGATION aux journaux de se référer à la MAP : la Pravda et la TASS c’est fini, Salvador….Reste Chine Nouvelle …Donc autant revenir au berra7!

    Soyons sérieux et réalistes : ce qui peut sauver la presse marocaine c’est la compétence, l’honnêteté et le sens de la responsabilité!

  18. @ hmida

    pourquoi faire une telle obligation ? je crois l’avoir souligné : parce que la MAP diffuse un très grand nombre d’informations nationales et locales que les citoyens gagneraient à connaitre.

    toi tu t’acharnes à faire de l’agence de presse nationale un absolu de vice propagandiste, libre à toi. alors que les citoyens doivent pouvoir compter sur une source d’information inépendante des idéologies, des intérêts voire des caprices des patrons de presse privés. sans compter tous ceux qui ont la hantise de dire que quelque chose va bien dans ce pays ne peut de passer pour des lèche-bottes du régime. et en soulignant l’intérêt qu’il y a à diffuser ce que l’on pourrait appeler une mythologie nationale. enfin, on ne peut compter que sur la MAP pour diffuser le contenu, extrêmement passionnant, des conférences islamiques du Ramadan présidées par le souverain. sans oublier l’activité royale, que je préfère découvrir dans le bulletin de la MAP que dans Hola dans sa version marocaine…

    le fond du problème, c’est que l’état est progressivement privé de ses prérogatives. dans le cas du Maroc, les fossoyeurs de l’idée de puissance publique se prétendent les champions de la démocratie libérale alors qu’ils ne sont que les instruments et les rouages du libéralisme le moins démocratique qui soi… autrement dit, dans le cas de la presse privée et pour se protéger des dérives fatales de ce secteur d’activité, le contre-pouvoir à (re)mettre en place ne peut être que celui de l’information publique.

    soyons donc sérieux et réalistes : ce qui pourrait encore sauver la presse marocaine, c’est un bon coup de torchon d’origine gouvernementale.

    sauf que pour ça il nous faudrait autre chose qu’un khalfi au ministère de la communication et que les tocards qui l’y ont précédé.

  19. @ salvadorali

    Notre discussion va arriver au point Godwin : pour moi, l’information ne doit pas être du ressort du pouvoir en place alors que tu soutiens le contraire!

    Qui a raison? Qui a tort?

    Je crois bien que je me contenterai de rêver d’une presse autre que celle que nous avons : les “journaleux” nationaux m’ont suffisamment déçu et les responsables politiques m’ont largement blasé pour que j’envisage avec optimisme un mariage entre eux!

    Tu parles de la MAP : crois-tu honnêtement que ce soit de l’information, ce qu’elle nous livre pour les DH 99 d’abonnement mensuel qu’elle exige?

  20. @ hmida

    la théorie de ce brave monsieur godwin n’est valable que pour les débats de café du commerce entre intellectuels de mauvaise compagnie 😉
    d’autre part c’est toi qui privilégie soudain les idéologies extrêmes aux arguments rationnels en pratiquant la réduction au prétendu dictatorisme hassanien.

    pour ce qui est de l’encadrement de la presse privée par son autorité de tutelle (ce qui est formellement le cas aujourd’hui) la question est tout bonnement de savoir quand ce département gouvernemental se décidera à assumer l’étendue de sa fonction.

    si j’étais à la place de M. Khalfi, je convoquerais tous les directeurs de publication et je leur aurais remonté sévèrement les bretelles en les rappelant nettement à leurs devoirs envers le citoyen, en leur rappelant tout l’argent qu’ils ont reçu à cette fin.

    à partir de là, que chacun s’emploie à faire oeuvre de compétence, d’honneteté et de responsabilité. mais pas de pouvoir sans contre-pouvoir, comme je l’ai souligné. donc qui vois-tu pour exercer le contre-pouvoir nécessaire face à la presse privée ?

  21. @ Salvadorali

    La presse n’a pas à servir de contre-pouvoir : on ne réalise rien de bon en se positionnant “contre” quoique ce soit!

    La presse est un pouvoir par essence : si elle est mal gérée, mal intentionnée, son pouvoir sera nocif!

    Si elle est compétente et responsable par contre, elle exercera son pouvoir sans problème : je pense au Watergate, je pense à l’affaire Cahuzac entre autrres!

  22. @ hmida

    ah bon ? je croyais que tout homme avait tendance à outrepasser son pouvoir jusqu’à ce qu’un contre-pouvoir se dresse en face de lui !

    cela dit je suis entièrement d’accord avec toi sur l’inanité du contrisme 😉 mais la question n’est pas l’idéalisme du pouvoir de la presse privée concessionnaire en quelque sorte, sans doute faudrait-il des arrêts “blanco” ou “bac d’eloka” en la matière…

    la question est de mettre l’autorité de tutelle en face de ses responsabilités dans la mesure où il faut bien que l’ordre vienne de quelque part lorsqu’il y a urgence à en finir avec le désordre.

    sauf que toi tu sembles contester, en vertu de ton idéal d’autogestion responsable, la légitimité des pouvoirs publics à encadrer l’information et surtout les informateurs.

    le problème est que le journalisme est devenu une sorte de talibanisme qui pratique une autre sorte de terrorisme que l’on pourrait formuler ainsi : si tu n’es pas plus libéral que moi, tu meurs !

    en réalité le service public de l’information est aussi vital que le service public de la santé…

    mais tu trouves sans doute souhaitable que la santé publique soit démantelée elle aussi au profit des opérateurs privés et autres affairistes?

  23. @ Salvadorali

    Si on apporte la discussion sur les tâches de l’Etat, celui de l’information réside à mon avis en la communication correcte de l’état d’avancement du travail de ses représentants et en la transparence des actes de l’administration publique. La tutelle que l’Etat doit garantir dans le domaine de l’information comme dans tous les autres, c’est le respect de la loi. Si l’État n’est pas en mesure de communiquer correctement et de faire respecter les lois, il est inutile d’espérer en son intervention à fin de régler quoi que ce soit.

  24. @ Salvadorali

    Je supporte pratiquement tout, sauf la mauvaise foi : on parle d’information et tu mets sur la table la santé publique!

    Ne mélangeons pas Chaabane et Ramdan !

  25. @ hmida

    à la rigueur tu aurais pu m’opposer que comparaison n’est pas raison et tu n’aurais pas eu foncièrement tort en effet.

    mais tu imagines bien que je n’ai pas comparé ces deux institutions à la lègére.

    d’abord j’ai posé le problème crucial du désengagement de l’état de ses fonctions de service public / je sais qu’à ce niveau les jeux sont globalement faits depuis les années 80 mais je ne désespère pas pour autant… dans la mesure notamment où je crois que stratégies électorales mises à part, les prochaines élections communales pourraient être l’occasion d’une reprise en main par le peuple de sa fonction gestionnaire au niveau local.

    ensuite j’ai établi un rapprochement entre la santé physique et mentale de la population et sa santé intellectuelle et idéologique pour ainsi dire.

    concrètement imagine toi un laboratoire pharmaceutique privé qui sous tutelle officielle de l’état s’emploierait à diffuser des germes hautement pathogènes sous prétexte qu’il serait important de contribuer fut-ce radicalement au renforcement des défenses immunitaires de la population… tu laisserais faire au nom de la liberté prétendre qu’on fait du bien aux gens même si en réalité on les intoxique gravement ?

    dans cet ordre d’idées je considère que “le journal hebdo”, “telquel” et d’autres ont été des sources d’intoxication de la population sous couvert de contribution à son émancipation intellectuelle et idéologique. et ça ne serait guère difficile à prouver, six mois de travail devraient suffire…

  26. @ hmida

    en te souhaitant une excellente semaine blogueuse 😉 je te fais remarquer que la mauvaise foi n’est pas tenable au-delà d’une certain niveau de confrontation critique…

    à propos de santé publique, j’ai entendu hier une anecdote extrêmement significative, d’une personne absolument digne de foi, nettement plus que 80% des journalistes sévissant chez nous, concernant un grand hôpital public du Gharb au sein duquel la corruption entre autres pathologies sociales ne sévirait plus depuis que l’hôpital en question aurait été acheté, je traduis “chrawH” par des Saoudiens associés à d’autres étrangers, toujours est-il qu’une femme qui y avait été soignée pour une fausse couche depuis lors avait été très surprise de constater qu’une infirmière avait refusé son pourboire en déclarant que depuis que l’hôpital ne dépend plus de l’administration marocaine, la corruption y a été éradiquée et que les gens y sont nettement mieux pris en charge et soignés, notamment ddrawch bénéficiaires du RAMED.

    comme tu vois j’apporte de l’eau à ton moulin libéral, la preuve que si quelqu’un est de mauvaise foi ici, ça n’est certainement pas moi 🙂 sauf que je n’ai décidément pas abdiqué de la notion de souverainté nationale, j’ai déjà du mal à digérer la privatisation de Maroc Telecom après toutes ces années ainsi que récemment l’annonce de la fatale privatisation totale de l’ONCF.

    pour en revenir à la presse marocaine et à ses scandaleux subsides, avec cette liste du même ordre que celle des grimate indues, j’aimerais attirer ton attention sur un point précis du marketing de presse :

    un sinistre jour sur la Terre, des petits malins aux USA ont inventé le concept d'”infotainment”, hybride frankensteinesque d'”information” et d'”entertainment” çàd de distraction à tous les sens du terme…

    chez nous, un grand nombre de titres de presse quotidienne sont achetés pour la page des jeux, sudoku et mots fléchés. il y a donc comme une arnaque quelque part de la part de nos marchands de papier tartiné d’infodistraction et truffé de publicité.

    en résumé : vive la MAP, n. de D. 🙂

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