Erik Izraelewicz – Editions Grasset (2005)
Depuis les années 70, le péril jaune plane sur l’économie mondiale. Alain Peyrefitte avec « Quand la Chine s’éveillera » avait déjà lancé un premier cri d’alarme dès 1973. Suivi quelques années plus tard par Alain Boubil en 1979 avec « Le siècle des chinois ». Pour sa part, Erik Izraelewicz, économiste confirmé, tente dans cet essai de montrer la Chine dans sa véritable dimension économique face au reste du monde.
Il estime que ce pays – à l’instar des ce qu’ont connu les économies développées – traverse une phase d’industrialisation banale qui, partant d’une urbanisation effrénée en passant par un effort d’investissement massif, aboutit à une classe moyenne consommatrice par vocation.
L’essayiste insiste sur la taille de tous les chiffres concernant l’économie chinoise qui fait que le volume et les conditions de production qui y prévalent sont tels que même le marché américain en devient de plus en plus dépendant.
Cette situation entraîne des besoins de la Chine en énergie et en matières premières qu’elle est obligée d’aller chercher dans des régions du monde qui jusqu’à présent échappaient à son intérêt.
L’auteur met en évidence le double avantage de la situation chinoise articulée sur une rente spéciale – population très nombreuse, peu qualifiée et mal payée – et sur une volonté politique affirmée de développement.
Par ailleurs, l’énormité du marché chinois donne le vertige à tous les spécialistes en marketing occidentaux qui imaginent que, une fois ouvert, il est en mesure d’absorber n’importe quelle production de n’importe quel ordre !
Pour montrer la place que la Chine pourrait prendre dans les années à venir, dans sa conclusion, Erik Izraelewicz fait référence à ce « là-bas » où les occidentaux du 4ème âge iront finir leurs jours comme le décrit Jean-Michel TRUONG dans son « Eternity Express ».
Cet essai présente l’avantage de donner de la Chine l’image du futur géant économique de ce siècle, sans pour autant la diaboliser.
A cet égard, je voudrais juste rappeler que les occidentaux sont entrain de se tromper de cible, en en faisant du monde « islamiste » leur ennemi. En fait le monde qui finira par dissoudre le monde occidental, ce sera bien la Chine, avec l’aide de l’Inde éventuellement.
Le véritable enjeu étant bien l’économique, Eric Izraelewicz a bien raison de parler de « choc des mondes » et non pas de chocs des civilisations.
P.S. : Pour en savoir plus sur le sujet, je vous conseille de consulter : MANIERE DE VOIR 85 – LE MONDE Diplomatique (Février – mars 2006) : JUSQU’OU IRA LA CHINE ?
