Démolis, abondonés, fermés, oubliés.
Mars 2007. Vous vous trouvez à Rabat, la capitale du royaume. Et l’envie soudaine vous prend d’apprécier un film sur grand écran !
Vous serez déçu, car la capitale ne compte, plus exactement elle ne compte plus que DEUX salles de cinéma. Oui, deux salles pour une ville de près de 2 millions d’âmes !
Et pourtant, il fut un temps – pas si lointain – où chaque quartier de la ville avait son cinéma.
Alors, Rabat, où sont donc tes cinémas d’antan ?
Certains ont été tout simplement démolis, et remplacés par des immeubles, bien plus rentables, ou bien simplement abandonnés.
L’ AGDAL, salle mythique quand le quartier éponyme appartenait encore aux étudiants et aux intellectuels, a cédé la place à un immeuble d’habitation quelconque!
Le STAR, l’ABC, le VOX, cinémas populaires au public nombreux et enthousiaste, ont disparu également sous les attaques des marteaux piqueurs !
D’autres cinémas ont été tout simplement désaffectés, dans l’attente de la réalisation d’une belle opération spéculative ! Il en va ainsi des salles situées sur les grands axes populaires comme l’ALHAMBRA du quartier Akkari, le ZAHRA sur l’avenue de Témara, le KAWAKIB sur le boulevard AL KIFAH ! Toutes disparaîtront irrémédiablement.
D’autres salles connaissent un destin plus dramatique. Encastrées dans des ensembles, elles ne peuvent être démolies. Elles sont donc tout simplement abandonnées à leur sort, comme LA RENAISSANCE, LE COLISEE ou le MAURITANIA, qui ont pourtant connu des années de gloire. Le MARIGNAN, transformé un temps, en librairie – discount, les a suivies dans l’oubli.
Autre triste sort ! Le ZAHWA, prestigieuse salle située dans le quartier le plus huppé de la capitale, se trouve en totale décrépitude. Sans aucun égard pour les moments de bonheur qu’elle a pu donner aux cinéphiles de Rabat !
Même les salles du DAWLIZ ont fermé leurs portes, entraînant le complexe qui les abrite dans l’incertitude.
Pourquoi cette hécatombe ? Pourquoi donc? La télévision, surtout avec les paraboles, avait commencé à étouffer le cinéma. La promotion immobilière a profité de l’aubaine. Le changement de mentalités, les nouvelles habitudes et le puritanisme venu d’ailleurs ont détourné les derniers spectateurs des salles. Et finalement, les DVD piratés ont fini par tuer le cinéma à Rabat.

Pas qu’à Rabat, pas qu’à Rabat…
[...] mentionnons les disparus : le cinéma de l’Agdal, le Star, l’ABC, le Vox (source : http://www.citoyenhmida.org/?p=251)… Et le Mauritania, que je ne connais [...]