Les élections communales et municipales sont pratiquement bouclées.  Le sort des quelques communes ou municipalités encore en suspens sera  scellé dans les deux jours qui suivent.

Que peut-on dire de ces élections et surtout de leur deuxième phase, la plus importante, celle qui aboutit à la désignation du président ou du maire et à la constitution des bureaux.

En ce qui concerne la première phase, l’abstention reste  toujours la plaie qui enlève à toute élection sa substance et son sens.

·    Un électeur sur deux a préféré s’abstenir et un votant  sur dix a placé dans l’urne un bulletin nul.

·    Les partis les plus importants ont raflé la mise et le P.A.M. s’est imposé comme partenaire incontournable.

·    Les femmes sont entrées en force dans les conseils locaux : en plus des 12 % prévus par le quota légal, des dizaines de femmes ont été élues sur les différentes listes.

Pour ce qui est de la phase décisive de la désignation des présidents et des maires, le constat est amer parfois, souvent décevant et en de rares occasions réjouissant.

·    Réjouissant d’abord ! Soyons bons joueurs en reconnaissant que le P.A.M. a permis l’émergence de nouvelles « têtes », comme à Marrakech, Tanger et Meknes. Ces villes n’auraient jamais été gérées par des trentenaires sans l’apparition dans le champ politique national du P.A.M. Tout comme cette commune rurale de la province de Tata dont la gestion sera confiée à une jeune femme de 21 ans.

·    Décevant ensuite, parce que le grand chamboulement du paysage politique marocain, promis et attendu par les uns  ou craint et vilipendé par les autres, ne s’est pas produit. Le P.A.M. a ajouté le pêché au pêché en ajoutant la division à la division, la zizanie à la zizanie. Les élus de ce nouveau parti ne se sont pas comportés différemment des autres.

·    Amer, enfin, parce que les vieux démons qui ont marqué ce genre d’élections sont encore bien vivants. On a parlé d’achats de voix,  de pressions, d’interventions des autorités locales, d’incidents parfois graves avec voies de fait. Finalement, rien ne semble avoir changé !

Dès lundi matin, les communes et municipalités  à travers le royaume  reprendront leur fonctionnement normal sous la férule de leurs nouveaux gestionnaires.

L’important sera de savoir si quelque chose changera pour le citoyen et la citoyenne de base.

En fait, peu leur chaut que Oualalou, l’emblématique leader d’une U.S.F.P. mythique mais moribonde, soit le maire de Rabat.

Peu importe au citoyen que le président de sa commune soit  « balance » ou « lampe », qu’il soit « rose » ou « tracteur » ! Ce qui l’intéresse c’est que ses problèmes quotidiens sont pris en considération et réglés.

Tout le reste lui est complètement étranger !

P.S. très important : Si l’on en croit certains, les collectivités locales sont étouffées par la tutelle de l’administration et ne disposent que d’un pouvoir marginal. Alors pourquoi tant d’efforts et tant de hargne pour accéder à la présidence ?

7 Responses to “REFLEXIONS DESABUSEES SUR LES COMMUNALES 2009”

  1. MG says:

    C’est la la montagne qui accouche d’une souris
    La goutte d’eau qui ne peut remplir le vase
    le train train habituel qui fait du sur place
    une fête saisonnière qui s’appelle mascarade

  2. too banal says:

    L’Histoire me donne raison et me conforte dans mon vote blanc: j’ai assumé mon droit de vote en allant voter mais je tiens à montrer que je ne suis pas dupe ni naïf. Du coup, je n’ai rien à regretter….

  3. Ibn Al Wassat says:

    Je me demande si la réaction plutôt cavalière et inélégante (je veux rester le plus poli possible) du Secrétaire Général de la Wilaya de Rabat face à la presse, le jour de l’élection du maire de la capitale, ne serait-pas provoquée par sa déception face au scénario absolument fou que les stratèges de l’Intérieur n’avait pas prévu!

  4. omar says:

    “En fait, peu leur chaut que Oualalou, l’emblématique leader
    d’une U.S.F.P. mythique mais moribonde, soit le maire de Rabat.

    Peu importe au citoyen que le président de sa commune soit « balance » ou « lampe »,
    qu’il soit « rose » ou « tracteur » ! Ce qui l’intéresse
    c’est que ses problèmes quotidiens sont pris en considération et réglés.

    Tout le reste lui est complètement étranger !”,

    on devrait écrire plutôt:
    “…En fait, peu leur chaut que Oualalou, l’emblématique leader
    d’une U.S.F.P. mythique mais moribonde, soit le maire de Rabat.

    Peu importe au “citoyen” que le président de sa commune soit « balance » ou « lampe »,
    qu’il soit « rose » ou « tracteur » ! Ce qui l’intéresse
    c’est le billet “bleu” qu’il peut palper et craquer entre ses doigts crochus…

    Tout le reste lui est complètement étranger !
    car c’est le citoyen qui n’a guère changé

  5. Hmida says:

    @ Omar

    Je n’insulterai pas, comme tu le fais, le CITOYEN et la CITOYENNE de base en les accusant d’avoir palper et fait craquer entre leurs doigts crochus le billet bleu”!

    S’il y a eu “doigts crochus”, s’il y a eu “palpage” et “cracaque”, s’il y eu “billets bleus” (au pluriel le plus pluriel …beaucoup plus pluriel que ce que tu peux imaginer), c’est au niveau de la formation des bureaux. Les journaux en ont parlé, la justice en a était saisie!

    Le citoyen et la citoyenne de base, du moins ceux qui ont voté, ce sont fait avoir encore une fois…Ceux qui n’ont pas voté aussi d’ailleurs!

  6. omar says:

    je n’insulte personne, pas besoin de recourir aux grands mots, c’est bien la triste réalité, et je ne parle pas des rares exceptions, je parle de la règle générale,
    les candidats anciens ou nouveaux ont compris depuis le début, que pour arriver à leur fin, il suffit de récolter un nombre de voix plus élevé que l’adversaire, peu importe la manière,
    les électeurs anciens et nouveaux ont compris depuis le début, que si ces candidats se démènent tant, c’est pour ramasser de l’argent ou du pouvoir, par la suite sur leur dos, alors ils se font payer leur voix sur le champ et rubis sur ongle, et peu leur importe ce qui qdviendra par la suite,
    c’est un grand marché au sens le plus strict du terme, offre et demande,
    ce n’est même pas un marché de dupes, puisque candidats comme électeurs savent ce qu’ils font en connaissance de cause
    le jeu démocratique, se réduit malheureusement à ça chez nous, et où même un ouallalou devient une figure “emblêmatique”, alors qu’il se laisse photographier au 1er plan à côté du “teigneux” le plus calotté et le plus cutotté de Rabat, et dont la réputation est le moins qu’on puisse dire est des plus louches

  7. mounir says:

    @too banal, je respecte sincèrement ton choix