Sanaa EL AJI tente de décortiquer un sujet tabou

Oui, je l’ai… Ma fille cadette, qui n’aime pas particulièrement l’auteure, me l’a offert à contrecœur. Juste pur me remercier d’avoir ingurgité d’affilée, il y a quelque temps, deux romans de Tahar BENJELLOUN pour lui démontrer pourquoi je n’aimais cet écrivain.

Donc, je me retrouve avec “SEXUALITÉ et CÉLIBAT AU MAROC – pratiques et verbalisation” de Sanaa EL AJI, paru en 2017 chez les éditions LA CROISÉE DES CHEMINS.

00016elaji

J’ignorais que Sanaa EL ALI était francophone : je ne connaissais d’elle que certains articles que je lisais par hasard et souvent par curiosité sur les colonnes de AL AHDAT AL MAGHRIBIYA et qui m’interpellaient par leur pertinence et surtout leur impertinence!

Après le livre de Leila SLIMANI – qui traite vaguement du même sujet – je me suis dit :

– Zut, je vais me farcir encore les débordements d’une féministe en mal de “publication”!

Or non !

Le livre de Sanaa EL AJI semble être en fait une version revue et adaptée de sa thèse de doctorat en sciences sociales présentée, sous la direction de Raphaël LIOLIER et devant l’université d’Aix-Marseille, sur le thème : “La sexualité des Marocains hétérosexuels avant le mariage: Contraintes et rapports de genre.”

Qu’un docteur en telle ou telle matière, surtout sociale, publie sa thèse et vulgarise en quelque sorte le sujet qu’il a abordé avec sérieux et méthode n’est pas évident et mérite d’être encouragé!

Sanaa EL AJI – ou son éditeur – aurait pu avoir l’élégance de nous prévenir de ce procédé ! On ne trouve en fait que la première phrase du livre qui y fasse référence quand l’auteure signale : “tout au long de la période qu’a duré ce travail de recherche….”.

Mais ne chipotons pas et passons à l’esseniiel : le contenu de l’ouvrage!

Je ne permettrais pas de le juger, car ce n’est pas une oeuvre littéraire, de fiction, ce n’est pas une création artistique mais un travail d’enquête, d’analyse et de d’explication, une recherche académique sur un sujet social délicat et sensible.

Je note que la publication de ce travail universitaire ouvre un débat public sur une situation que, – hypocritement, la société marocaine enferme, comme le dit si bien Sanaa El Aji, dans “une triple illégitimité, religieuse, légale et sociale” sans la faire disparaître de la réalité quotidienne.

La lecture du livre de Sanaa El Aji étant relativement aisée, je le conseillerai donc à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent au phénomène évoqué mais qui n’osent en parler autour d’eux, avec leurs parents ou même avec leurs ami(e)s.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image