Citoyenhmida a déjà commis, sur cet espace, quelques petits textes, qualifiés avec beaucoup de prétention des « nouvelles », fruit de son désir secret et inassouvi d’écrire !
Après une longue période de silence, ce désir est remonté en moi et je me suis laissé encore une fois à divaguer autour d’un petit sujet qui m’a inspiré une petite situation !
Pas d’intrigue, pas de psychologie, juste le moment d’une vie, que je vous propose de partager avec moi.
Lâchez vos critiques ! Je les attends avec impatience, je veux absolument m’améliorer ! Si je peux !
SARDINES, CHALEUR ET RAMADAN !
Le long après-midi de ce mois de ramadan s’étirait, traînait, à n’en plus finir ! L’appel à la prière de l’ « 3asr » avait retenti, depuis un moment, déchirant le lourd silence de l’après-midi! Le muezzin ne lancerait le prochain appel pour le « maghrib », qu’au coucher du soleil. Mais le soleil de cet interminable dimanche d’août se coucherait-t-il?
Comment allait-elle meubler les longues prochaines heures, ces centaines de minutes, interminables, gluantes de chaleur et d’humidité !
Impossible de sortir par cette chaleur ! Et même si elle sortait, où irait-elle dans ce Casablanca, écrasé de chaleur et comme asphyxié par la pollution ! Et surtout paralysé par le Ramadan !
Lire ? Impossible de se concentrer ! Elle aimait lire utilement, non pas feuilleter des magazines oiseux ou des romans faciles.
Dormir ? Non, cela n’a pas de sens de dormir durant les journées de ramadan ! Ce serait tricher, et elle n’aime pas tricher. Elle ne sait pas tricher d’ailleurs !
Alors la télévision ! Oui, un bon documentaire, comme elle les aime ! Elle allume son poste et passe directement sur ARTE !
Oui, les documentaires d’ARTE ! La solution idéale ! La meilleure manière de passer le temps, utilement !
Elle tombe sur un programme dont elle n’avait aucune idée, le regarde quand même jusqu’à la fin.
Elle supporte un moment la plage de publicité en attendant la suite ! Elle ne fut pas déçue !
Un documentaire sur la mer, sur la pêche à la sardine !
La sardine, son poisson préféré ! La sardine, ce poisson qu’elle n’échangerait pas contre tous les poissons fins du monde ! Ce poisson au goût si caractéristique !
La sardine que sa maman sait si bien préparer, avec pratiquement rien du tout ! La sardine que sa grand-mère savait si délicieusement accommoder dans de petits plats en terre ! La sardine, « le poisson du pauvre », oui mais quel merveilleux don de la mer ! La sardine qu’elle adorait, même dans les préparations en boites !
Elle regardait ce documentaire avec des yeux de gamine émerveillée : les techniques de pêche, le chalut, le lamparo surtout qui lui rappela son enfance, le mode de vie de ce petit poisson qui se déplace en bancs extrêmement compacts, l’histoire millénaire de la pêche de ce poisson, ses qualités nutritives !
Plus elle regardait ce documentaire, plus son appétence pour la sardine s’accentuait !
La faim aidant, chaque image de ce documentaire lui rappelait les belles sardines grillées qu’elle dévorait avec délectation, chaque fois qu’elle allait à Essaouira ou qu’elle passait par Asilah !
La faim aidant, elle revoyait les chalutiers débarquer des centaines de caisses de sardines sur les quai de la petite ville du Nord de son enfance ! Ces marins-pêcheurs qui travaillaient dur en entonnant des chants à la gloire de Dieu !
La faim aidant, elle sentait montait en elle une envie irrésistible de manger de la sardine !
Plus les images défilaient sur l’écran, plus cette envie grandissait, plus ses papilles semblaient frémir comme quand elle mordait dans la douce chaire d’une sardine grillée !
Dans la moiteur de cet après-midi de ramadan, l’envie devenait obsession !
Elle se leva, se précipita dans la cuisine, fouilla dans ses étagères, vida les tiroirs dans l’espoir de trouver une boîte de sardines, pour préparer une simple salade, quelques tranches de tomates, une ou deux sardines, un filet d’huile d’olive ! Et elle se serait régalée à la rupture du jeun !
Rien ! Elle ne trouva pas de boite de sardines ! Du thon, oui, rien que du thon ! Mais elle voulait des sardines, que des sardines ! Elle devait manger des sardines !
Elle éteignit la télé, dévala les escaliers et sauta dans sa voiture. Direction la médina ! Elle savait qu’à l’entrée de l’ancienne ville, sous les porches de la grande porte, certains marchands de fruits s’étaient transformés, depuis le début de Ramadan, en marchands de poissons frits !
Une nouvelle mode alimentaire était lancée depuis quelques années : accompagner la traditionnelle harira de poissons frits ! Elle n’avait pas adhéré à cette nouvelle mode, la trouvant totalement inappropriée et d’un goût douteux !
Elle fit la queue devant l’un de ces “fritteurs”. Elle acheta une douzaine de sardines frites, sans se soucier le moins du monde des conditions dans lesquelles elles l’ont été préparées et dans quelle huile elles ont baigné ! Elle avait ses sardines, enveloppées dans du papier cellophane, dégoulinant, brûlantes et surtout exhalant cette douce mais enivrante odeur à nulle autre pareille.
Bientôt, l’iode, la mer, les embruns, les algues avaient envahie la R4 surchauffée par les derniers rayons d’un soleil d’août à bout de souffle.
Elle accéléra, doubla toutes les voitures qu’elle pouvait, prenant des risques qu’elle savait stupides ! Elle voulait arriver à la maison le plus vite possible !
Au moment où elle stationna enfin devant chez elle, elle entendit le muezzin de la mosquée du quartier lancer un « allah akbar ! » libérateur.
Avant même d’arriver à la porte de son immeuble, elle avait déjà ouvert son paquet et entamé à belles dents sa première sardine !
En ouvrant la porte de son appartement du septième étage, elle n’avait plus qu’un morceau de papier blanc et froissé, dégoulinant d’huile ! Mais elle était heureuse !

[...] This post was mentioned on Twitter by Maroc Blogs, Citoyen Hmida. Citoyen Hmida said: chez citoyenhmida.org: SARDINES, CHALEUR ET RAMADAN ! http://www.citoyenhmida.org/sa.....t-ramadan/ [...]
Bien racontée, ta nouvelle!
Mais je t’avoue qu’à la lecture du titre, j’ai eu froid dans le dos! Me suis demandé si tu n’avais pas ramené Ramadan un peu trop tôt!
Je te signale juste une petite coquille qui a échappé à ta vigilance et qui concerne la transcription approximative de “L’appel prière de l’ « 3ars »”
Si je traduis littéralement, cela donne la prière du mariage!!
Je pense qu’il faut intervertir les deux consonnes pour avoir : 3asr…
Bonne journée lumineuse et chaleureuse!
@ too banal
Ce serait bien s’il y avait une prière du mariage ou on peut considérer que le “3ars” (mariage, fête) c’est le moment de rupture du jeu!
En tous cas, je corrige, illico!
En dévorant cette nouvelle, j’étais partagé entre deux attitudes diamétralement opposées.
D’une part, mon émotion de lecteur affamé de lecture prêt à se jeter voracement sur le moindre texte, racontant une histoire ou pas, mais captivant du fait de la magie du récit écrit ;
D’autre part ton invitation à une lecture critique, en réponse à ton attente d’être corrigé afin de te permettre de t’améliorer.
Pour le premier regard, bravo ! Tout y est ! A la fin de ce conte et pour peu qu’on aime autant les sardines que ton héroïne, ce qui est mon cas, on en a réellement le gout dans la bouche, d’autant plus intense que tu réussis même à recréer dans la psychologie du lecteur le sentiment d’avoir été à jeun lui aussi, moi aussi.
Pour le second regard, il y a effectivement dans cette nouvelle une série de faiblesses, de maladresses, etc, dues à ton manque de “professionnalisme” en la matière même si bien des barbouilleurs de papier (et de blogs) auraient des leçons à recevoir de ta part.
Mais tu as raison de te montrer lucide et humble, ce texte mérite d’être “nettoyé” afin de ne plus présenter les défauts de ses qualités.
Et j’en profite pour te remercier de me confirmer la pertinence d’un projet d’édition que je caresse (l’expression me trouble délicieusement) depuis longtemps !
La littérature marocaine manque de bras, merci, bravo de te mettre ainsi sur les rangs !
A ta disposition pour parler plus concrètement d’un projet d’édition qui permettrait à bien d’autres talents émergents d’alimenter le marché de l’édition populaire (francophone) au Maroc, ou tout reste à faire…
La sardine, comme sa consoeur l’anchois, devrait être sacrée reine des océans et des mers. Les reflets argentés que renvoient leurs écailles, à toutes deux, lorsqu’elles sont fraîchement sorties des eaux et exposées sur les étalages ont un effet magique sur le regard. L’effet est à la limite de l’envoutement. Je crois d’ailleurs que je vais aller de ce pas faire un tour au marché.
@ Salvadorali
J’ai déjà “pondu” un certain nombre de textes de ce genre que tu peux consulter dans la rubrique “JE ME LACHE” de ce blog et j’attends avec sérénité toutes les critiques!
J’aimerai justement en connaitre les faiblesses et les maladresses, en toute humilité, juste parce que j’aime les choses bien entreprises!
En ce qui me concerne, je n’ai aucune vanité d’édition ou du moins je l’ai résolue en créant mon blog!
Les animaux devraient être sacrés rois de la terre !
Le spectacle d’un banc de sardines ou d’anchois évoluant dans une mer non polluée est envoûtant en effet.
D’ailleurs un film vient de sortir au cinéma qui présente la mer et ses créatures sans presque le moindre commentaire, pour nous aider à comprendre ce que nous risquons de perdre si les navires usines continuent à racler les océans.
Il y a longtemps, j’étais petit garçon, en lisant Rue de la Sardine de John Steinbeck (Prix Nobel de Littérature) j’ai été frappé par la façon dont il avait mis en scène la petite ville côtière (Monterrey) qu’il avait choisi comme cadre de ce magnifique roman :
“Un jour, tous les poissons ayant été pêchés, l’activité de la ville s’arrêta, l’usine de conservation du poisson et tout ce qui en dépendait…”
Bon, les guillemets ne se justifient pas vraiment parce que je cite de mémoire mais je constate aujourd’hui que ce que j’avais pris pour un artifice littéraire relève de la réalité.
Parfois, il ne reste plus aucun poisson à pêcher…
Je me suis laissé dire récemment par un ami qui travaille à l’OMP (office des pêches) que les gastronomes (friqués) ont découvert les poissons des grands fonds, en dessous de 2000 m je crois.
Il parait que ces poissons là sont extrêmement délicieux. Reste à savoir qui mérite vraiment de les manger ?
@ jaoud
En tant qu’enfant de la mer, j’ai toujours le plus grand respect pour les travailleurs de la mer et pour les produits de la mer! Surtout quand ces produits sont destinés à la frange défavorisée de la population!
@ Salvadorali
Aurais-je le même respect pour les poissons de grands fonds destinés aux gastronomes friqués? Je ne crois pas! De la curiosité, peut-être, mais à peine!
J’ai vécu dans une petite ville marocaine qui ressemble à la Monterrey de John Steinbeck, une ville où TOUTE l’activité tournait autour du port, des chalutiers, du poisson, notamment l’anchois, des conserveries et bien sûr des marins!
C’était hallucinant de voir que quand le poisson manquait – et il arrivait qu’il manquât pour mille raisons – la ville semblait en apnée : même les épiceries suspendaient leurs activités, le marché, les transports, la vie en somme s’arrêtait!
Il suffisait que les chalutiers reviennent le matin,le ventre chargé de tonnes d’anchois, pour que la vie recommence! Du quai du petit port jusqu’aux bureaux des banquiers, en passant par tout le circuit commercial!
C’en était troublant!
Cher Hmida, comme d’habitude,c’est un plaisir pour moi de te lire;concernant ta nouvelle sympathique, tout en respectant à peu prés le schéma classique du récit,tu t’es confondu un petit peu dans la concordance des temps: il aurait fallu utiliser le conditionnel présent pour exprimer le futur dans le passé et non le futur simple(lancera,se couchera..).
Amicalement.
@ Abdeljalil de Guyanne
Pour une surprise, c’en est une et très belle, de trouver ton commentaire!
Merci pour tes remarques, j’ai dû en effet me mélanger les pinceaux dans la concordance des temps, qui est l’un des pires (et des plus beaux) pièges de la langue française!
@ Abdeljalil de Guyanne
Après consultation de CitoyenneHmidette, qui m’a confirmé la mauvaise concordance des temps que tu m’as signalée, j’ai corrigé!
Merci à toi!
J’ai lu ta nouvelle avec beaucoup d’intérêt et de plaisir et je te resserve le mérite d’écrivain qui à partir d’un fait divers ou anodin produit un un texte littéraire. Du coté critique et en plus de la remarque juste de Abdeljalil de Guyanne, permet moi de faire les remarques suivantes:
-La répétition d’un mot ou d’une phrase peut apporter une valeur poétique au texte mais le mot sardine et « faim aidant « ne me semblent pas appropriés pour produire cet effet.
-Il aurait été souhaitable d’aménager un coté intrigue comme par exemple de n’annoncer qu’il s’agissait d’un jour de jeun, un jour de Ramadan qu’en dernier lieu et en guise de chute.
@ MG
“Ecrivain” est un bien grand mot mais je dois reconnaitre qu’il flatte agréablement mon petit égo! Mais je reste réaliste quant à mes capacités : “vanité, tout n’est que vanité”.
Pour tes critiques,dont je te remercie pour leur franchise, je dois te dire que je n’ai cherché à donner une tonalité poétique à mon texte! Au contraire, j’ai voulu qu’il reste réaliste!
Par ailleurs, si j’avais occulté le Ramadan, cette “envie” n’aurait pas lieu d’être, je crois!
SSalam:
je m’attendais plutot à une fin triste…comme tout allait normalement, je me disait que “elle” ferait sans doute une accident de route quand elle revenait vite…pour devenir aussi une Sardine, parmis ces 4000 sardines qu’on ramasse annuelement dans nos routes…mes doutes etaient fausse…le style Guy de maupassant ne vous tente pas alors??!
ca fait du bien de vous lire!
Au Maroc, l’édition ne devrait pas relever de la vanité mais du devoir de nourrir les gens, dans la mesure où l’homme ne vit pas que de pain mais de toute parole imprimée dans un livre bénéfique et sain… Militez, militez, il en sortira toujours quelque chose !
@Salvadorali
Le blog – quand il est bien tenu, sincère, authentique, sans arrière pensée – est à mon avis bien plus efficace que le “document écrit”!
D’abord, très peu de bloggueurs – aussi talentueux soient-ils – n’auraient pas eu droit à une place dans un journal et encore moins dans une maison d’édition! Pourtant, grâce au bloging, ils s’assurent un lectorat régulier!
Ajoutons le fait que le blog a une ouverture sur le monde que jamais ne connaitra le document écrit!
Plus encore le fait que le blog soit gratuit et interactif!
Je trouve donc que le blog bien compris répond largement au devoir citoyen de communiquer, de partager et de débattre!
@ idsblog
Je suis un rêveur optimiste, bien que certaines de histoires que j’ai raconté sur cet espace se soient soldées par la mort!
Quant au style de Maupassant, je sais rester à ma place : je suis bloggueur pas écrivain!
@ citoyenhmida
Ton blog est indéniablement bien tenu, sincère, authentique, sans arrière pensée mais à mon avis, tu serais bien plus efficace si ta prose et ton esprit étaient mis à la disposition des gens dans des “documents écrits”!
Crois moi, j’ai connu des journaux marocains ou bien des blogueurs n’auraient eu aucun mal à se faire une place ! Je déplore par contre qu’il n’y ait pas encore d’éditeur(s) au Maroc pour daigner faire attention aux talents qui fourmillent dans la blogsphère…
Quant à l’ouverture sur le monde, il est vrai que pouvoir etre lu instantanément et simultanément à Tokyo et à Valparaiso par des milliers de lecteurs potentiels qui n’auraient même pas à payer pour ça est irrésistible. Mais il existe également sur le Net des librairies en ligne et des sites de téléchargement (légal) de livres qui permettent de tendre une passerelle entre les deux mondes.
Bon, je t’avoue que bien qu’étant devenu moi même blogueur, la philosophie du tout Internet ne m’enchante pas des masses. Il y a je crois dans les autoroutes de l’information une illusion d’universalité encore difficile à dissiper, tellement nous sommes encore dans la période fiévreuse de cette interconnexion électronique généralisée.
Pas si généralisée que ça en réalité : qui au Maroc a vraiment accès à Internet en général et aux blogs en particulier ?
Tous ceux qui auraient potentiellement besoin des informations et des richesses qu’il contient, les écrits des blogueurs notamment ? Tous les enfants des écoles, auxquels depuis “La Boite à Merveilles” du regretté Sefrioui on ne donne rien d’authentiquement marocain et de consistant à lire ?
Les élèves des collèges qui ont tout intérêt à muscler leur capacité de lecture en prévision de ce qui les attend et qui se noient dans les jeux vidéo voire les pages sportives d’une presse globalement médiocre ?
Les étudiants universitaires, qui consentent à la rigueur à se taper des pavés de droit, d’économie et de comptabilité mais que rien ne peut ensuite encourager à lire pour le plaisir ?
ça en fait un marché tout ça ! C’est à se demander ce qu’attendent les investisseurs à la recherche de gisements de rentabilité ?
Des blogs pour remplir le devoir citoyen de débattre et de communiquer, oui, mille fois oui, mais aussi des citoyens pour remplir des blogs responsables à ce titre. Et pour former des têtes bien faites autant que pleines, susceptibles d’accueillir une conscience et une culture citoyennes, tu le sais, il n’y a pas de meilleur miracle technologique que celui rendu possible par Gutemberg : lire des livres !
Bravo, Hmida ! Je l’avais dit, tu as l’âme et la plume d’un écrivain (quoique le terme semble ne pas te plaire).
Je me permets de te dire que le titre choisi pour ta nouvelle promet plus que ce que rapporte le contenu car le lecteur reste quelque peu sur sa faim au terme de l’histoire. On s’attendait, par exemple, à un événement causé par la soif que laisse supposer la relation existant entre les trois mots du titre :sardines, chaleur et ramadan .
Cher Hmida, ce qui tu dis à propos du blog est bien vrai, mais je suis de l’avis de Salvadorali, tu dois aussi penser à écrire pour éditer. Si des compétences comme toi s’abstenaient de publier qui le ferait donc ? La production virtuelle donne des ailes pour se lancer dans la merveilleuse aventure de l’édition.
Dans l’attente de voir un de tes écrits dans les vitrines des librairies, reçois mes vifs encouragements.
@ Le jardinier ds mots
Le titre de ce petit texte laisse en effet attendre une autre fin. Et au départ, je prévoyais une autre fin! Mais qui n’était pas “socialement correcte”! Dans mon idée initiale, le personnage allait céder à son envie de croquer ses sardines, bien avant le moment “fatidique” de la rupture du jeun! Scandale! Blasphème! J’allais me faire traiter de tous les noms : beaucoup auraient mal compris qu’il ne s’agissait que d’une petite histoire, sans intérêt!
@ Salvadorali et @ Le jardinier des mots
En ce qui concerne l’édition, je persiste et signe : je ne sens pas intéressé par l’édition! Ceci dit, je rappelle que je suis un lecteur boulimique : mais je peux me le permettre! Acheter des livres n’est pas une mince affaire et au Maroc combien y a-t-il de clients-lecteurs potentiels? Et surtout combien y a-t-il d’éditeurs prêts à se lancer dans l’édition “populaire”?
Je ne pense pas qu’un éditeur marocain ait le courage ni surotut les épaules d’un François Maspéro?
L’édition pour compte d’auteur peut-être envisagée! Mais je n’ai ni le temps ni la patience pour m’y consacrer! Et surtout je trouve que ma prose ne mérite de tels efforts et de tels sacrifices!
Alors je continue à écrire ce que je veux, comme je veux, sur le sujet que je veux en ayant en plus le plaisir de partager mes écrits et mes réflexions avec des personnes parfois forts agréables et enrichissantes intellectuellement, parfois avec d’autres personnes agressives et d’un apport assez stérile!
Mais le plaisir d’échanger est en tout cas là et il est très spécial!
@ Salvadorali
J’ai lu ta “version nettoyée” de mon texte : je préfère la mienne, avec ses nombreux défauts, elle m’est plus personnelle! Voilà une raison pour lesquelles, je crois, je ne supporterai l’édition : le nettoyage imposé par l’éditeur.
@ Le Jardinier…
Merci pour ton arrivée en renfort de mes arguments, que j’ai eu tu l’imagine beaucoup de plaisir à développer, pour la beauté du geste autant que pour la bonne cause, on ne sait jamais ! Pour moi, la merveileuse aventure de l’édition devrait aboutir ici à ce qu’on trouve davantage de livres que de journaux dans les cafés au Maroc, pour comencer. ça serait disons une sorte de révolution culturelle, une nouvelle “nayda” pourquoi pas ?
@ citoyenhmida
C’est toute la différence qu’il peut y avoir entre un yaourt maison et le standard des danone, yoplait, jaouda et autre chergui. J’aime les yaourts maison et surtout “fermiers” mais je me régale autant des chergui voire des danone. d’autant que seul danone sait faire des danone parait-il, ce qui suppose qu’on peut rester inimitable en faisant de la très grande série…
Cher Hmida,
Je ne me permettrais pas de ‘nettoyer’ le fond, mais voici deux ou trois coquilles que j’ai relevées après une lecture plus ou moins attentive:
“Comment allait-elle meubler les longues prochaines heures, ces centaines de minutes, interminables, gluantes de chaleur et d’humidité?”
“Impossible de sortir par cette chaleur ! Et même si elle sortait, où irait-elle dans ce Casablanca, écrasé de chaleur et comme asphyxié par la pollution? Et surtout paralysé par le Ramadan !” -> CE Casablanca ASPHYXIE + point d’interrogation!
“Dormir ? Non, cela n’a pas de sens de dormir durant les journées de ramadan ! Ce serait tricher, et elle n’aime pas tricher. Elle ne sait pas tricher d’ailleurs !” . Elle …
“Alors la télévision ! Oui, un bon documentaire, comme elle les aime ! Elle allume son poste et passe directement sur ARTE !” AIME — ALLUME: pourquoi changes-tu de temps ici?
NB J’aurais raconté l’histoire au présent, comme tu le fais dans ce paragraphe, pour donner une impression de proximité, d’instantanéité et de vie. Mais c’est cela le choix de celui qui écrit … C’est ta perception de ce personnage attachant et de cet événement anodin, qui dit bien plus qu’il ne représente, c’est cela qui compté! Et rien d’autre.
“La faim aidant, elle revoyait les chalutiers débarquer des centaines de caisses de sardines sur les quaiS de la petite ville du Nord de son enfance ! Ces marins-pêcheurs qui travaillaient dur en entonnant des chants à la gloire de Dieu !” ->quai au pluriel
“La faim aidant, elle sentait montait en elle une envie irrésistible de manger de la sardine !” … elle sentait MONTER …
— “une boite de sardines” -> boîte
“Elle éteint la télé, dévala les escaliers et sauta dans sa voiture.” éteint, dévala et sauta: pourquoi ce changement de temps dans une succession d’événements ‘brefs’ et donc rapides?
éteint -> éteignit ou éteint, dévale et saute (impression de vivacité!)
“Bientôt, l’iode, la mer, les embruns, les algues avaient envahie la R4 surchauffée par les derniers rayons d’un soleil d’août à bout de souffle.” ENVAHI
Je te dirai un peu plus tard mes impressions à la lecture de ta ‘short story’ que j’ai appréciée.
@ Ahmed
Bravo pour ce regard auquel rien n’échappe!
Tu mets le doigt sur un point très important pour ceux qui écrivent directement sur leur PC : des fautes ÉNORMES échappent au correcteur automatique!
Bien sûr que je m’étais donné donné la peine d’écrire ce texte à la main, je j’aurais (sans doute) jamais laissé passé des énormités comme celle que tu as signalées.
Mais pour l’anecdote, je te dirais que “Elle atteignit la télé” m’a semblé un peu lourd et j’ai préféré “elle atteint la télé”, étant convaincu que j’utilisais le passé simple!
En tous cas, ce n’est pas demain la veille que j’écrirai un livre! Mais d’ autres “short stories”, oui, pourquoi pas!