La lecture d’un billet mis en ligne dernièrement par notre amie «une marocaine » à propos du « Gran Teatro Cervantes » de Tanger m’a rappelé mes recherches au sujet de cet édifice, entreprises quand j’écrivais la série de posts sur « Un autre Tanger ».
J’avais même rédigé un billet à ce sujet, jamais publié et que je m’empresse de ressortir de mes archives pour vous le livrer !
Le « Gran Teatro Cervantes » ! Quiconque s’intéresse de près ou de loin à Tanger connaît la façade de monument !
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Mais peu de gens savent exactement ce que se cache derrière.
Le « Gran Teatro Cervantes » a été le seul, oui je dis bien le seul, l’unique, théâtre au Maroc construit selon les règles de l’art théâtral européen classique !
Dans sa période de gloire, le Gran Teatro Cervantes réunissait dans ses « baignoires », ses loges, son parterre et son poulailler, près de 1.400 spectateurs face à sa scène magistrale.
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L’histoire de cette salle est peu connue et il est bon de la rappeler.
Construit entre 1911 et 1913, sur les fonds personnels de Manuel Peña et de son épouse doña Esperanza Orellana, richissimes bourgeois espagnols désireux de mettre en valeur l’influence ibérique sur la ville du détroit pour contrecarrer la double présence britannique et française, le « Gran Teatro Cervantes » devait représenter l’Espagne culturelle.
Les travaux furent confiés à l’architecte Diego Jiménez Armstrong et l’ensemble des matériaux nécessaires a été importé d’Espagne.
Les fresques ornant la coupole et l’intérieur de la salle sont l’oeuvre du peintre espagnol Federico Ribera Bussato, considéré comme le père de scénographie espagnole. Il a également conçu, en collaboration avec Jose de la Rosa, la scène avec de magnifiques tableaux représentant des scènes de la nature.
La façade du théâtre, décorée de statues importées Espagne, a été réalisée par l’artiste sévillan Cándido Mata.
Le Gran Teatro Cervantes fut inauguré officiellement et en grandes pompes, le 12 décembre 1913.
Durant plus d’un demi-siècle, il a accueilli :
· les plus grandes vedettes de la chanson de l’époque dont les noms ne disent pas grand-chose actuellement comme Juanita Reina (1947), Estrellita Castro, Carmen Sevilla, Imperio Argentina, Antonio Machín, Manolo Caracol, Lola Flores (1949), Antonio Molina (1940) Cecil Sorel.
· les troupes de théâtre les plus prestigieuses avec des têtes d’affiches célébrissimes telles que María Guerrero de Mendoza, Tórtola Valencia (1927), Margarita Xirgu (1929), Miguel Fletta et Youssef Wahbi et Fatima Ruchdi les stars du théâtre égyptien.
· la troupe de théâtre de Tanger «Al Hilal » qui regroupait quelques jeunes de la ville, y a présenté en 1929 « Othello » puis « Salah Dine Al Ayoubi » de Najib Hadded et en 1934 « Majnoun Leila » de Ahmed Chawki.
· des troupes de zarzuela (opérette espagnole) avec Angelina Villar y Pastora Imperio, Rosario y Antonio, la mexicaine Irma Villa, ou encore Ana María González, la Niña de la Puebla y Antonio Mairena.
· des voix de l’opéra mondialement connues Tito Ruffo, Carusso et Adela Patti.
La propriété de ce théâtre a été cédée en 1928 par le couple Pena-Orallana à l’état espagnol, qui est à cette date toujours propriétaire du terrain et des murs de cet édifice.
Cette salle prestigieuse a connu après l’indépendance un triste sort, et a fini par sombrer dans le délabrement total.
Durant les années 60, elle servait de salle de projection cinématographique où l’on pouvait encore voir, dans des conditions déplorables avec comme bruit de fond les cliquetis de l’antique appareil de projection, les pitreries du comique mexicain Cantiflas, les mièvreries avec Joselito, le gamin espagnol à la voix d’or surnommé « El pequeno ruisinol » et avec un peu de chance un film espagnol néoréaliste des années 50.
Cette salle, prestigieuse en son temps, est laissée dans un état d’abandon absolu par son propriétaire actuel, à savoir l’état espagnol, comme on le voit sur les photos suivantes.
Il faut signaler, pour l’anecdote malheureuse, que la municipalité de Tanger a réglé entre 1972 et 1992 aux autorités espagnoles un loyer ridiculement symbolique de UN DIRHAM pour cet édifice qui menace ruine !
Pourquoi cette situation ? N’a-t-il pas été possible de sauver ce monument de la culture tangéroise ?
Il semblerait que l’état espagnol ait projeté une réhabilitation du Gran Teatro Cerventes, en vue de le transformer en « Centre culturel de rencontres euro-maghrébines » et éventuellement plus tard en « Centre de recherches théâtrales » !
En 1994, l’architecte espagnol Vazquez Espi avait présenté au gouvernement de son pays un projet pour renforcer la structure du bâtiment et en 1994 une question orale a été posée au Sénat espagnol pour connaître le montant des allocations prévues pour la réhabilitation de cet édifice, qui il ne faut le perdre de vue, est toujours propriété de l’état espagnol.
En 2003, fut créée une « Asociación Cervantes de Acción Cultural y Amistad Hispanomarroquí » dont l’objectif est de participer à la sauvagarde du Gran Teatro afin d’en éviter l’effondrement total et définitif. L’ACAHM a pu singé e en 2006 une convention avec le Directeur des Relations Culturelles et Scientifiques du Ministère espagnol des Affaires étrangères et obtenir un budget d’environ 200.000 euros pour entamer les travaux nécessaires, dont la moitié aurait été dépensés dans des premières interventions d’urgence.
Mais l’état de délabrement avancé de ce site nécessite, semble-t-il, des efforts financiers et techniques beaucoup plus importants.
On peut toujours rêver !
Le sort de ce bâtiment prestigieux ne semble pas avoir intéressé jusqu’à présent ni les autorités locales de la ville, pourtant tellement promptes à réagir pour récupérer l’héritage foncier du Duc de Tovar, ni les autorités centrales plus concernées par le développement économique de la ville que par son épanouissement culturel.
P.S. Pour en savoir plus sur ce sujet, voici des références intéressantes pour les lecteurs hispanisants:
- « El Gran Teatro Cervantes: pasado, presente y futuro », article de Jose Luis Gonzalez Hidalgo, publié dans le « Boletín de la Asociación Española de Orientalistas », année XXXII, 1996, pages.: 133-142.
- « Presencia cultural de España en el Magreb », ouvrage collectif sous la direction de V. Morales Lezcano, Editions MAPFRE, Madrid 1993, pages. 192-193.
- « La pequeña Historia de Tánger », Alberto España, Edition Distribucion Iberica, (1954).




c’est toute la problématique de la place de la culture au Maroc que l”état d’abandon de ce bâtiment devrait évoquer.
Merci pour ces éclaircissements. Si j\’ai bien compris c\’est l\’état espagnol qui ce bel édifice en état de ruine. Dommage que le Maroc ne s\’est pas montre persuasif pour sa sauvegarde.
Un énorme gâchis !
Les autorités locales de la ville de Tanger pourraient faire appel aux experts qui se sont occupés du théâtre municipal de Casablanca.
Pourquoi ne le font-ils pas ?
@ Reda
La culture au Maroc est en effet le parent plus que pauvre de tous les budgets de l’état depuis l’indépendance, mais le cas du G.T.C. n’a rien à voir avec le Maroc : c’est un symbole de la culture espagnole, cela a été la plateforme de la puissance FRANQUISTE, c’est une propriété de l’état espagnol!
Le Maroc n’a aucun droit dessus, il pourrait exproprier l’état espagnol éventuellement! Est-ce politiquement faisable?
Il pourrait classer cet édifice “monument historique”; je ne connais pas la procédure mais la seule conséquence serait – si je ne m’abuse – que la façade soit gardée intacte! Ce serait aux juristes de se pencher sur ce problème!
@ Le penseur
Voudrais-tu faire disparaitre le G.T.C. que tu ne donnerais pas un autre conseil!
@Hmida
En effet ca ne serait pas une bonne idée, je retire mon sonseil.
Mais il faut les comprendre à Casablanca, pour eux la culture ca se passe aux night-clubs de Aïn Diab.
Le culte des vieilles pierres c’est bien joli mais les vestiges de la culture coloniale peuvent s’avérer nocifs… Sans doute, le vieux théâtre municipal de Casablanca devait-il être détruit, sans doutes arènes aussi mais à partir de là, c’est aux municipalités de prendre la relève de la toute puissance étatique en vigueur pour y substituer le génie du peuple…
Dans Le Reporter de cette semaine, une interview de Amal Ayouch, directrice artistique du festival de théâtre organisé par la fondation des arts vivants créée par Nouredine Ayouch. En effet, pas besoin d’un gran teatro grandiloquent pour faire prospérer des idées comme celle-là.
Au fond, le Gran Teatro est aussi beau qu’une défaite du Don Quichotte de Cervantès, cconçu pour être pitoyable, comme le fut la richesse de l’Espagne impériale bâtie sur l’illusion de l’Eldorado…
@Hmida: Le ton de ta réponse laisse penser que tu es nostalgique de l’Espagne de Franco. Ça explique ton attachement et ta défense bec et ongles de la situation actuelle au Maroc (j’allais écrire le Makhzan mais tu n’aimes pas voir ce terme).
@Salvadorali
“Au fond, le Gran Teatro est aussi beau qu’une défaite du Don Quichotte de Cervantès, cconçu pour être pitoyable, comme le fut la richesse de l’Espagne impériale bâtie sur l’illusion de l’Eldorado…”
J’ai aimé le ton théâtral donné à ce bel enchaînement de mots.
@ Reda
Je ne voudrais pas être impoli mais tu confirmes là ton étroitesse d’esprit monumentale, aussi monumentale que le GTC!
Moi, nostalgique du franquisme? Meskine Reda, tu dirais n’importe quoi pour faire croire que tu es moderne!
D’un autre côté, faut-il absolument et toujours incriminer les autorités, même quand elles n’y sont pour rien?
Je ne défends personne, ya sahbi! J’essaie d’y voir clair contrairement à toi, qui dis n’importe quoi, comme tu l’as fait chez Une marocaine en affirmant que le GTC a été vendu au Maroc pour la somme de 1 DH! Tu répètes les âneries que tu entends, sans vérifier! Pas très intelligent pour quelqu’un qui se prétend progressiste, et même plus !
@ Le penseur
Crois-tu que si les tangérois étaient de vrais intellectuels, ce théâtre aurait connu ce sort lamentable?
Si à Casa la culture passe par Ain Diab, à Tanger elle passe par Café El Hafa qui est en bien meilleur état que le GTC!
@ Salvadorali
A quoi bon disposer d’un théâtre, aussi monumental soit-il, si la ville ne dispose pas d’un public pour le remplir, pour en apprécier les prestations et pour le faire vivre?
Je pense à Rabat et à son théâtre Mohamed V : en général, les 3/4 des spectateurs sont porteurs d’invitation! Comment voulons-nous que ce théâtre – tout national qu’on veut bien nous le faire croire – puisse contribuer à la promotion des auteurs, des œuvres et de la culture en général?
Arrivés à ce point de la discussion (point Godwin)et en égard pour ton âge et ta santé, je vais m’abstenir de te répondre pour que tu ne pètes pas une coche et radote plus qu’il ne faut.
@ Reda
Tu n’aurais jamais dû te lancer dans une discussion sans être bien armé!
Alors bye, retire-toi sur la pointe des pieds, et j’oubliais pour ma part le fameux dicton bien de chez nous :
الصحور مع الدراري كي فطار
PS : Quel hasard, l’anti-spam pour ce commentaire était bien choisi :3achalamlik
Le spécialiste du “point Godwin” fait encore parler de lui ; je ne sais pas s’il lui est déjà arrivé d’aligner 3 commentaires successifs sur un blog sans évoquer le “point Godwin” …
point Godwin par ci, point Godwin par là …
@ Le penseur
Ce fameux “point Godwin” trouve en là son meilleur exemple : plus une conversation dure plus un gus va faire une comparaison foireuse sur le nazisme ou a un quelconque totalitarisme! Sauf qu’avec notre spécialiste, il sort dès la première intervention l’argument massue, genre “makhzen”!
Mais bon, il trouve de tout sur le net!
Le seul moyen d’échapper à la fatalité des arguments godwiniens est de diriger les débats. la démocratie est d’abord un effort sur soi…
Mais bon, Reda lui au moins, il tient un blog !
@ salvadorali
Il ne faut pas céder au terrorisme, même soft ou quasi-soft, des commentateurs agressifs, sinon ils auront gagné la partie!
A vouloir être trop agressifs, ils tombent eux-même dans leur propre jeu et finissent empêtrés dans des divagations godwiennes!
Démocratie ne doit pas signifier faiblesse, ou pire autarcie!
Ah, le terrorisme intellectuel des uns et des autres… Mais ça a quand même quelque chose d’exaltant de confronter les thèses et la méthodologie de ces gens-là, sans compter la jouissance incomparable des pics d’adrénaline lors des combats !
Le seul problème est qu’on a beau savoir qu’ils sont victimes, notamment de ce que certains “meneurs” ont gravement déformé l’opinion publique, il n’en fait pas moins les mettre hors d’état de nuire, disons plus gentiment les désamorcer.
A propos d’opinion, je m’amuse à identifier dans les positions et les argumentaires de certains commentateurs ce que les discours de la tribu Jamai notamment ont intoxiqué les mentalités de la génération des 30-40 ans, ceux qui avaient 20-30 ans lorsque le Jamaisme a commencé à sévir dans ce pays, avec les délires de Khalid Jamai sur le “Makhzen” et ce qui d’après lui s’ensuit…
@ Salvadorali
Si la politique des différents ministres de l’éducation nationale a consisté à escamoter en partie l’enseignement de l’histoire, le rôle de Jaamï et Co a consisté à faire croire à leurs lecteurs que le Maroc à commencé avec l’apparition accessoirement de TelQuel et surtout du JournalHebdo.
Les deux ont fini par déboussolé complètement une jeunesse en manque de repères!
@ hmida
La politique des différents ministres de l’éducation nationale a surtout consisté à désamorcer ce que certains ont voulu utiliser l’intelligence du peuple contre les valeurs du système. Quand les socialo-communistes ont entrepris de diffuser les valeurs de la philosophie matérialiste par exemple dans une voie d’endoctrinement et pas de pédagogie ni d’humanisme, hop la philosophie a été remplacée par l’éducation islamique. Laabi et compagnie auraient du se douter du retour de bâton…
Pour ce qui est de la tribu Jamaï, l’insistance avec laquelle le père et le fils se réclament de l’héritage de leur aïeul Bouchta Jamai, l’un des signataires du manifeste de l’indépendance, trahit leur amertume d’un Istiqlal réduit à faire de la figuration politique dans l’ombre du souverain alors que la bourgeoisie “compradore” istiqlalienne aurait bien aimé l’avénement d’un régime citoyen, libéréde la tutelle monarchique… Mais pour ça il aurait fallu que l’Istiqlal parvienne à s’imposer comme parti unique, ce qui n’a pas eu lieu dans la mesure notamment où ils avaient eu considérablement besoin de pouvoir s’abriter d’abord sous la légitimité populaire de la monarchie marocaine.
La ligne éditoriale du Jamaïsme s’est donc caractérisée par une désacralisation méthodique de la sphère monarchique, en commençant par l’emploi systématiquement péjoratif du terme “makhzen”, qui par nature se prête à toutes les lectures. Donc grâce aux Jamaï père et fils, la dimension “welfare state” du makhzen marocain s’est réduite à peau de chagrin tandis que la dimension hypothétiquement abusive était outrageusement accentuée, avec les résultats que l’on sait : le Journal disqualifié… Sauf qu’en dix ans, l’entreprise a produit ses fruits et c’est à se demander si la culture Mounir Rahmouni n’était pas moins pire, malgré sa nunucherie moralisante et bien pensante, que la philosophie militante de ces drôles de paroissiens…
A mon avis, Khalid Jamai devrait s’essayer au One Man Show. Ou au duo avec Bziz, pour remplacer Baz… Baz !
@Hmida: “Je ne défends personne, ya sahbi!”
Faux. Il y a pas des personnes que tu défends car tu les vénères.
@ lixy
Et nous voilà partis pour une nouvelle discussion bizantine..Personnellement, j’aurais préféré savoir si tu avais la moindre idée pour sauver le Gran Teatro Cervantes ou plus généralement une idée pour faire bouger la culture à Tanger ou mieux encore au Maroc!
Mais non! Tu plonges les pieds joints dans une lamentable remarque, qui n’a ni queue ni tête!
@ Salvadorali
Autant que je comprends l’aigreur et la déceptionde Jamai Jr qui a été écarté du clan de FAEH dès le début des années 90, autant je n’arrive pas à voir clair dans la démarche du père Jamai. Le pauvre homme à 70 ans passés trouve des envolées lyriquement “révolutionnaires” qu’on a généralement quand on use ses culottes sur les bancs de la fac!
J’ai tjs trouvé cette retombée dans l’enfance politique de ce vieil homme assez dramatique en soi!
@hmida
Les Jamaï pére & fils ne croient pas un mots de ce qu’ils “pensent”, ils se sont donné un rôle et ils essaient de le jouer en bons comédiens.
Au fait ils font du théatre, un théatre de bonne qualité (au passage, ils auraient peut être une idée pour le Gran Teatro Cervantes).
@ Le Penseur
Waw, comme on dit en Amérique et plus particulièrement m’a-t-on dit à San Diego ! Voila ce qui s’appelle penser, mon cher ! Et voila peut-être aussi la solution pour que Bziz puisse enfin faire son métier dans un vrai théâtre au lieu de s’agiter un peu partout… Il faudrait confier donc à Ahmed Snoussi la mise en scène d’un spectacle sarcastique où tous les rigolos de la politique seraient invités à briller de tous leurs vrais talents ! Ils pourraient même proposer de racheter le Teatro au Dirham symbolique pour souligner précisément la charge symbolique de la chose. Et au moins ça économiserait du papier journal, hebdomadaire ou pas, sans compter les frais de procédures judiciaires sur le dos des contribuables, sauf bien sûr quand Aboubakr Jamaï paie les amendes qu’il doit pour ses plaisanteries…
@ Salvadorali et Le Penseur
Comme je vois qu’il n’y a pas de défenseurs des Jamai père et fils, je ne voudrais qu’on pense qu’on profite de la situation! Je n’aime pas me battre contre du vent, contre rien, contre “pas d’adversaire”! Ce n’est pas dans la culture d’ancien joueur de rugby et d’ancien judoka! Donc arrêtons d’accabler les absents!
Mais nous pouvons parler du rôle du théâtre : cet art a pu éveiller et entretenir la conscience nationale durant le protectorat et aussi galvaniser les foules populaires au début de l’indépendance!
Que de messages il a pu faire passer et avec quel talent!
Dommage qu’une certaine presse n’ait pas su reprendre le flambeau!
@ hmida
Mon cher, tes scrupules t’honorent et ton estime a de quoi rendre fier !
Cela dit, les arts martiaux ni le Rugby, que j’ai moi-même pratiqués, (le Rugby nettement moins que les arts martiaux je dois avouer) n’interdisent la confrontation mentale, disons intellectuelle, voire carrément dans la sphère des symboles ou le Yin notamment n’en finit jamais de contrarier le Yang…
Bref tout ça pour préciser que nous au moins quand on s’en prend à quelqu’un ou a quelque chose, au moins c’est drôle sans cesser d’être respectueux… Tout le monde, tu en conviendras, ne pouvant pas en dire autant
A part ça, le festival de théâtre privé organisé par la fondation des arts vivants de Noureddine Ayouche (le père de son fils qui fait du cinéma) me parait etre aujourd’hui l’héritage conceptuel du Masrah Ennass de Tayeb Saddiqi et il serait peut-être temps pour le grand public de s’emparer réellement de cet événement ? Le théâtre est une affaire trop sérieuse pour être confié aux seules fondations, qu’elles soient privées ou pas.
En cela Driss ksikes a raison, le théâtre c’est avant tout la voix politique de la cité et des citoyens en liberté. Reste à savoir dans quels mesure on n’assiste pas aujourd’hui à une confrontation de modèles de société par écoles de théâtres interposées ?
Sachant que la certaine presse dont tu parles a depuis longtemps semble-t-il identifié le créneau…
PS : Un recueil d’aphorismes et proverbes collectés par feu Abdessamad Kenfaoui, qui fut l’autre père fondateur du théâtre populaire et même prolétaire marocain, est en cours d’édition et devrait bientôt être disponible en librairie. C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. On parlera sans doute beaucoup, bientôt, de la vie et de l’oeuvre de Ken le Magnifique…
@Salvadorali
En plus du théâtre, Aboubakr Jamaï et Feu Abdessamad Kenfaoui ont un autre point commun : Abdessamad Kenfaoui occupait une fonction de cadre à la CNSS et Aboubakr Jamaï oubliait de payer les cotisations à la CNSS.
Ce qui nous fait un deuxième point commun, après le théâtre bien entendu.
@Hmida
Je tiens à rappeler que nous ne nous écartons pas du sujet du billet.
Une petite remarque : de deux choses l’une, ou mon blog n’a plus de lecteurs (ce qui m’étonne, les statistiques prouvent le contraire) soit BOubker Jamai n’a plus de fans pour le défendre!
Lu dans la presse ce matin :
A Casablanca une troupe de théâtre a présenté une pièce où la scène se situe dans un hammam avec des comédiennes vêtues d’un habit en plastique collant à la peau … pour simuler la nudité du hammam.
Résultat :
Les blaireaux du PJD qui siègent au conseil de la ville leur suppriment la subvention annuelle, et les laissent à nu pour de bon.
Faudrait pas leur charger la barque à ces vertueux musulmistes ! Après tout les Blaireaux sont très utiles pour confectionner des blaireaux, cette chose dont on se sert pour se mettre le poil à zéro…
Quel dommage que l’auteur et le metteur en scène de cette pièce (ça serait pas encore un coup de Driss Ksikes et de mettrice en scène attitrée, par hasard ?) n’aient pas suffisamment vu “L’oiseau des terrasses”, ce magistral film tunisien qui raconte notamment les émois d’un jeune garçon dans un hammam, ça au moins c’était légitime parce qu’artistiquement maîtrisé.
Décidément, la société si vile ne sait plus à quels seins (ni à quelles fesses, moulés dans du plastique ou pas) se vouer…
Les blaireaux en question, à force de fouiner comme fouines sous les habits de femmes, ils ont du mal à se faire blairer.
Même sous une burqa ils voient un corps nu, finalement c’était inutile d’inventer les rayons X.
@ Le Penseur
Mdr ! Je veux dire : mort de rire ! Mais ta réplique, en réponse sympathique aux barbus qui piquent, avait à mes yeux le défaut d’offenser les Fouines, ces charmantes petites prédatrices qui n’ont d’autre tort que d’avoir su s’adapter, en étant ce qu’elles sont, aux contraintes écologiques…
Bon t’auras compris que je suis un sympathisant come-outé de la cause animale, je parle de coming out en matière de militantisme écologique dans la mesure où pendant longtemps, les zécolos ont passé pour de dangereux subversifs. Mais à présent que même Total se fait racler le cuir au tribunal quand il mazoute trop de pauvres petits zoiseaux et que les Verts parviennent à s’imposer politiquement à la France du grand capital (désormais ça rime avec tribunal), il fait bon se revendiquer naturiste, je veux dire : partisan de la Nature, sachant que les naturistes sont aussi ceux qui préfèrent vivre tous nus et c’est d’ailleurs ce qui attend l’humanité dans pas si longtemps, à voir le rythme auquel nous détruisons notre environnement… Quand on se retrouve à 200 m sous terre dans un abri antiatomique climatisé, à quoi bon des vêtements, pas vrai ?
Puisqu’on est là à essayer de parler de théâtre, afin notamment que certains ne se croient pas encouragés à venir parler d’autre chose, voila une belle idée de pièce, t que les comédiens jouent tous nus ou pas, là n’est pas la question… Un groupe de marocains discutant dans un abri antiatomique au lendemain d’une apocalypse nucléaire…
Sérieusement, le ressort du huis-clos est d’une telle efficacité dramaturgique qu’on se demande pourquoi certains théâtreux se croient obligés d’inventer des trucs abracadabrants pour mieux affirmer qu’ils font vivre le théâtre ? L’auteur et le metteur en scène de la pièce censée se jouer dans un hammam débordant de femmes nues plus ou moins débordantes de santé, auraient dû méditer la mésaventure de cette comédienne algérienne qui, en plein jour à Paris !!! s’est récemment faite asperger d’essence dans la rue par deux compatriotes qui lui reprochaient de jouer une pièce intitulée “à mon âge je me cache encore pour fumer” et dont l’action se déroulait dans un hammam, précisément.
Question : à quoi bon provoquer des choses dont on sait pertinemment qu’elles ont une chance solide de se produire et quand on n’est pas réellement en mesure d’assumer pleinement ?
Qu’à Paris le théâtre d’avant garde remplisse pleinement sa fonction de bastion de toutes les libertés conquises par la société occidentale, notamment depuis qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale le mouvement DaDa a fait exploser toutes les traditions théâtrales, c’est une chose ; qu’à Casablanca des créateurs mal inspirés voire mal embouchés se servent des planches pour militer en faveur de thèses somme toute irrecevables dans l’état dominant des mentalités, c’en est une autre.
@Salvadorali
C’est vrai qu’elles auraient pu choisir un autre sujet, moins provocateur, et pourtant ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent, je ne sais pas moi …
Une scène où ca se passe dans une gare de tarin par exemple … pendant le ramadan … avec des sandwichs …
@ Le Penseur
Bonne idée ! Du moment que la troupe profitera du Ramadan pour faire relâche, et si en plus c’est une comédie musicale, que demande le peuple ? A part bien sûr manger, manger, manger ? Comme si les gens ne mangeaient pas déjà assez pendant ce sacré mois sacré !
[...] du sort du théatre Cervantes de Tanger. Un autre blogueur et connaisseur de la ville, Hmida a enchaîné sur le même sujet et produit un billet sur ce monument menacé de [...]