Un excellent sujet ne donne pas forcément un bon roman !

Fouad SOUIBA, personnage éclectique de la scène médiatique nationale – journaliste, chroniqueur, réalisateur, etc… – a publié son deuxième roman “LES SEQUESTRES” chez les éditions SMEIN en novembre 2014.

les séquestrés

L’auteur avait déjà commis un premier opus que j’ai l’occasion de critiquer assez sévèrement ici-même !

“Voilà donc une matière première romanesque formidable mais formidablement gâchée” : cette phrase de mon billet sur “L’INCOMPRIS DU HAY MOHAMMADI” vaut encore une fois pour ce second roman de Fouad SOUIBA!

L’auteur avait là un excellent sujet, une matière première tout à fait inédite, un moment de l’histoire de ce pays que personne n’avait encore abordé!

Le Maroc, quoique l’on dise, a connu son “printemps arabe” : il l’a vécu à sa manière et à son rythme ! Raconter comment le Maroc a vécu les six premiers mois de l’année 2011 est un défi que bien des romanciers auraient voulu relever et ils ne l’ont pas fait.

Fouad SOUIBA a même eut l’intelligence, le mérite et le courage intellectuel de voir dans ce que le Maroc et le reste du monde arabe ont vécu durant cette période la main de l’étranger.

Il a compris que les sociétés arabe en général et marocaine en particulier étaient en situation d’otages des médias étrangères: le titre du roman traduit cette triste réalité!

Le sujet donc de ce roman s’annonçait passionnant et les capacités diverses et variées de l’auteur de traiter ce genre de sujet laissaient présager une lecture enrichissante!

Dommage ! Fouad SOUIBA doit bien reconnaître qu’il n’est pas fait pour le roman !

Son roman s’ouvre sur une description de la Faculté de médecine de Rabat qu’il compare à “un être humain géant allongé tranquillos, pépère sur le ventre, comme à la plage” ! Sans nous arrêter sur le “tranquillos” et “pépère”, je ne crois pas que l’édifice de la Faculté de médecine de Rabat donne l’impression de représenter un être humain allongé sur le ventre !

Mais le “la” est donné !

Quelques pages lus loin, un supposé prince oriental – qatari, en fait puisque la chaîne de télé Al Jazera lui appartient – s’ennuie et “il s’affale dans un sofa géant (tiens encore ce qualificatif), bleu pétrole, à l’abri du casse-tête, du va-t-on à la sauvette“. Vous imaginez la scène? Moi pas du tout : qu’est-ce que le “va-t-on à la sauvette?”

Pour nous éclairer sur la psychologie du supposé prince, l’auteur nous précise qu’il “imprime un schéma à l’incommodité parfaite avec le contexte“! Vous y comprenez quelque chose? Moi que dalle!

A la page 155, on tombe sur cette phrase bizarre : “Treize quarante-sept sonnent en ce vendredi 26 juin 2006” ! Mais dans pays, dans quelle ville au monde et à quelle occasion les horloges sonnent-elles la 47ème minute? La 45ème, je comprendrais, mais la 47ème? Fouad Souiba aurait dû relire ou faire relire son texte avant publication.

L’accumulation, tout au long du roman, de ces petites négligences finissent par irriter le lecteur, sinon par le rebuter !

Revenons au fond !

Existe-t-il en fait un fond dans ce travail ?

J’ai essayé de suivre les deux héros dans leurs difficultés quotidiennes de nouveaux médecins marocains en chômage : quand je pense au manque sidéral de praticiens à travers le pays, je me demande comment deux médecins peuvent-ils être au chômage, à moins que leur aspiration première et ultime soit d’être des médecins-fonctionnaires !

Un médecin, gardien de voiture? Vous en avez déjà croisé? Ou kessal de hammam? Infirmier, on aurait compris, mais n’insistons pas!

J’ai essayé de suivre les deux héros dans leur exil en Libye et surtout leur arrivée dans ce pays, l’accueil rocambolesque qui leur a été réservé, le rôle que leur a confié un haut dignitaire libyen dont le personnage est plus près de la caricature la plus grotesque que de la réalité certainement pas très belle !

Un couple de médecins marocains au pays de Kaddafi, se retrouvant lui chauffeur et elle chargé de je ne plus quelle mission domestique? Cela vous parait plausible, peut-être ….

Mais pour raconter tout cela et ce qui suivra, il aurait fallu que l’auteur domine la langue française ou qu’il écrive dans une langue qu’il maîtrise!

Quand un auteur écrit ” tenté si bien …” au lieu de “tant et si bien….”, cela signifie soit qu’il doit revoir ses connaissances de la langue qu’il utilise, soit qu’il n’a aucune considération pour ses lecteurs car il ne relit ses textes, soit qu’il doive changer d’éditeur!

En tous cas, par son deuxième opus, aussi mauvais que le premier, Fouad SOUIBA me conforte dans mon impression : il ferait mieux de s’adonner à ses autres activités – qui j’espère pour lui sont d’un autre niveau – et de laisser tomber l’écriture!

Ma critique est dure mais je trouve qu’il ne sert à rien d’encenser systématiquement toutes les nouvelles parutions, comme le font nos journalistes, en reproduisant la quatrième de couverture ou en répétant les mêmes formules galvaudées! La preuve par ces articles dont je doute que les auteurs aient feuilleté le roman de Fouad Souiba :

http://www.aujourdhui.ma/lifestyle/livre/%C2%ABles-sequestres%C2%BB-de-fouad-souiba-les-printemps-arabes-et-la-manipulation-119216#.ValSYqT1ZHw

http://www.libe.ma/%E2%80%8B-Les-Sequestres-de-Fouad-Souiba-un-roman-sur-la-manipulation-mediatique-du-Printemps-arabe_a59756.html

http://lecanardlibere.com/article_infos.php?infos=1677

Cela n’aidera pas la littérature marocaine de langue française à continuer à tenir la place qu’elle a dignement tenue !

18 thoughts on “Un excellent sujet ne donne pas forcément un bon roman !”

  1. @ hmida

    tu lui aura fait sa fête! au journaliste-cinéaste-romancier 😉 j’espère que ‘si Fouad lira ton billet ou que shab el hassanate le lui mettront sous le nez, ça serait d’utilité publique on dirait ! tranquillos, pépère et tenté si bien, ça ne devait pas passer inaperçu… et quelle honte encore plus grande pour les éditeurs marocains, qui bientot se gargariseront sans vergogne du prix mamounia ou je ne sais quoi…

    je me suis astreint à lire les trois articles que tu cites. j’en ai eu honte pour la presse marocaine. ni le journaliste de la MAP, ni Abdelahq Najid d’ALM ni Rachid Abbar du Canard Libéré n’ont lu ce roman, c’est clair.

    cela étant, à présent que je me suis basé en confiance éprouvée sur ton expertise critique en matière de littérature populaire, pourquoi faudrait-il que je m’inflige la lecture de ce navet pour pouvoir en dire tout le mal qu’il mérite ? autrement dit, me voilà pour une fois admis à critiquer-condamner un livre que je n’aurai pas lu 😉

  2. @ Salvadorali

    Si Fouad SOUIBA se donne la peine de lire ses mails ou de consulter sa page Face Book, il saura que j’ai publié une critique sévère (je l’ai prévenu) de ses deux romans!

    Le reste m’indiffère : à moins que ce “auteur” tienne compte de mes remarques, pour le bien de la littérature marocaine !

  3. Peut-on faire confiance à un “journal” qui a pompé sans vergogne le canard enchaîné sans y apporter le moindre talent ?
    N’est-il pas logique qu’un pseudo-journal-satirique conseille un pseudo-écrivain ?

  4. @ questionneur

    venant de toi qui nous pompe l’air sans vergogne parce que tu n’as pas d’autre talent, la question ne casse pas trois pattes à un canard…

  5. @ salvadorali

    Honnêtement et toute amitié, j’ai pardessus la tête de tes interventions intempestives contre les personnes qui laissent un commentaire sur MON blog !

    La question de Le Questionneur est d’une pertinence certaine et double ; celle du corporatisme d’une part et celle du manque de professionnalisme de nos journalistes d’autre part!

    Alors, s’il te plait, arrête ton jeu de massacre ridicule et surtout dérangeant et malvenu : que tu imposes des règles sur le BNS, je le comprends, mais tu parasites CH je le comprends beaucoup moins!

  6. @ hmida

    comment fais-tu pour ne pas voir que ce questionneur n’est qu’un parasiteur ? et un semeur de zizanie !
    d’autre part, pourquoi permets-tu à des zozos de s’en prendre systématiquement à mon personnage, au point que j’ai du en arriver à m’engager sérieusement, si j’ose dire 😉 dans la répression de cette bande de trolleurs ? ton éthique de faire respecter tes visiteurs serait-elle à géométrie variable ?

    quant à la question du concerné sur le Canard Libéré, elle est d’une totale mauvaise foi.

    d’ailleurs lors de ses deux premières années d’existence, le Canard Libéré a donné bien des leçons de journalisme satirique et de caricature politique à ceux qui estimaient qu’un journal marocain dans la veine du canard Enchainé était un projet impossible !

    d’ailleurs le Journal hebdomadaire avait consacré un dossier spécial à la presse et à la caricature satirique au Maroc et bizarrement, le Canard Libéré n’était pas cité alors qu’il avait bouclé sa première année d’existence et venait d’organiser l’édition inaugurale du premier concours marocain de caricatures de presse…

    la raison en était que pendant ces deux premières années-là, le Canard Libéré avait refusé de barboter dans la mare pourrie de BJamai et cie…

  7. @ salvadorali

    je reprends textuellement le commentaire de Le Questionneur !

    “Peut-on faire confiance à un “journal” qui a pompé sans vergogne le canard enchaîné sans y apporter le moindre talent ?
    N’est-il pas logique qu’un pseudo-journal-satirique conseille un pseudo-écrivain ?”

    En quoi ces quelques mots constituent-ils une attaque à ta personne, à ton personnage, à ton blog, à ton équipe ?

    Tu frises l’hystérie, savadorali§

    Et s’il est de l’avis de Le Questionneur de ne pas apprécier LE CANARD LIBERE, faut-il pour autant considérer cela comme de la mauvaise foi !

    Je peux te dire que je n’aime pas cette publication : cela fait-il de moi un criminel !

    La vacuité de l’article paru dans ce “truc” au sujet du livre de Souiba confirme la mauvaise idée que j’en ai!

    Allons, du calme et le sérénité!

  8. @ citoyen hmida

    du moment que l’on parvient calmement et sereinement à discuter de tout, y compris de l’eau qui passe parfois dans le gaz, ça me va 😉

    cela étant, il se trouve que je pourrais donner bien des réponses concernant le Canard Libéré à ton ami le questionneur, et vous comprendriez tous les deux comment et pourquoi le CL n’a pas toujours été le piètre volatile qu’il est devenu… il suffirait qu’il me le demande courtoisement.

    quant à ton irréaliste accusation d’hystérie, tu sais à quel point je réfléchis en mode dépassionné 😉 tout le monde peut-il en dire autant ?

  9. @ hmida

    donc pour commencer, le CL n’a pas pompé le CE et encore moins sans vergogne.
    le fondateur du CL, le journaliste Abdallah Chankou, avait choisi malicieusement de lancer son hebdo satirique dans la veine du CE par défi et provocation; dans la tradition fondée notamment par le Cafard Libéré sénégalais, qui ne parait plus depuis quelques années.

    d’autre part ,le CL n’a pas été un pseudo journal satirique. là encore je me base sur ses deux premières années de parution, pendant lesquelles j’ai suivi de près le teneur et l’évolution de cet hebdo, qui s’était distingué notamment en se montrant très satirique et critique envers la partie de la presse marocaine qui avait fait le choix de s’en prendre aux institutions du royaume.

    l’erreur de AChankou ayant sans doute été de s’appeler le Canard Libéré, ce qui a suscité de la part de beaucoup de lecteurs qui auraient pourtant pu y prendre beaucoup de plaisir car il était remarquablement écrit, un réflexe stupide de mépris à priori.

    alors qu’un responsable du Canard Enchainé, en visite au Maroc à ‘occasion d’une conférence donnée par un de ses amis à l’institut français de casablanca, s’était montré très impressionné par la teneur et la verve satirique du CL au point de l’avouer à quelqu’un qui me l’avait rapporté… tu veux des noms ou tu me crois sur parole ? 😉

  10. @Salvadorali

    “tu sais à quel point je réfléchis en mode dépassionné”
    mieux vaut-ça que de se passionner en mode irréfléchi 🙂

    “quelqu’un qui me l’avait rapporté… tu veux des noms ou tu me crois sur parole ?”
    dis-nous juste dans quel train il était le quelqu’un.

  11. Si

    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot, te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;
    Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d’un mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
    Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître,
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n’être que penseur ;
    Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
    Si tu sais être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
    Sans être moral et pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,
    Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
    Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
    Tu seras un homme mon fils !

    Rudyard Kipling

  12. @ SALVADORALI

    je me fous du sort du Canard libéré et ton ami Chankou, qui n’a jamais été un journaliste valable!

    Mon sujet est le livre de Souiba !

  13. @ HMIDA

    ah bon ? à ta façon de conforter le questionneur et sa question sur le corporatisme et l’incompétence des journalistes marocains, qui expliquent en effet pourquoi un navet pseudo littéraire tel que celui de FSouiba a pu obtenir de tels articles sympathiques voire encourageants, on n’aurait pas cru que tu n’en as rien à f. 😉

    tu veux que je sois franc avec toi ? tu es un excellent blogueur, au top de la confrérie c’est clair, mais tu es nul en direction-modération de commentaires et de débats…

    à présent tu pourrais évidemment me faire une nouvelle crise de nerfs mais tu devrais te douter que cela m’en toucherait une sans faire bouger l’autre, pour reprendre cette expression que tu aimes employer toi-même 😉

    cela étant j’admets volontiers que tu nous contraignes à ne pas commenter en dehors des clous, sauf que tu ne t’es jamais donné la peine de nous tracer le cadre strict dans lequel tes visiteurs sont admis à agrémenter tes billets de commentaires appropriés ?

    PS
    Abdallah Chankou n’est pas mon ami, loin s’en faut, ce qui ne m’empêche pas de reconnaitre sa maestria professionnelle. il en fait mauvais usage mais ça n’est une autre affaire…
    d’ailleurs l’amitié n’entre pas en ligne de compte dans les jugements critiques, comme tu sais.

  14. PS @ hmida

    Désolé, il vient seulement de me revenir à l’esprit que “le cadre strict dans lequel tes visiteurs sont admis à agrémenter tes billets de commentaires appropriés”, c’est le sujet de ton billet, tout simplement. Accaparé que j’étais par mon jonglage avec les mots,et m’en auto-délectant, je n’y avais pas pensé…

  15. @ hmida

    tu es en train de comprendre, si tu n’es pas trop obnubilé par le sentiment qu’il s’agit de “ton” blog, que tu es la cible de la plus pernicieuse attaque trollique que “ton” blog a eu à subir depuis sa création.

    ne serait-ce que parce qu’elle révèle, en plus de ta pusillanimité, la logique de deux poids, deux mesures par laquelle tu traites tes invités.

    à croire que tu tiens tellement à avoir des commentateurs que tu t’aveugles sur la nuisance de certains.

    sur ce je te souhaite de bonnes vacances, je crois avoir suffisamment rempli mes devoirs de blogueur-commentateur pour l’année 😉

  16. @ salvadorali

    Mon blog existe depuis 11 ans bientôt et crois-moi des attaques, pernicieuses, vicieuses, intelligentes, violentes, biaisées ou autres !

    Je m’en suis sorti, dieu merci ! Et surement pas grâce à toi !

    Bonne vacances !

  17. @Info+
    Mer-si.

    @Salvadoraliéné
    Tu n’es pas crédible dans ton imitation de Salvadorali : celui-ci est incapable de cette autocritique, et surtout pas avec autant d’ironie.

    @Salvadorali
    À moins de dépasser le quota que tu t’es attribué, à l’année prochaine ! 😉

    @tous

    Bonnes vacances !

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