De mon temps, les professeurs de faculté étaient des personnes respectables et respectueuses !

Respectables, parce qu’elles représentaient le savoir et qu’elles le mettaient à la disposition de leurs étudiants ! Avec talent, avec humilité et surtout avec abnégation !

Respectueuses, parce que jamais il ne serait venu à l’idée d’un professeur de faculté de ne pas se présenter devant ses étudiants, sauf cas exceptionnel ! Et là, les étudiants étaient préalablement avisés et le cours remplacé dans la semaine qui suit !

Ceci était valable pour les professeurs à plein temps, dont certains étaient des sommités reconnues hors de nos frontières, comme pour les vacataires parmi lesquels on pouvait compter des hauts fonctionnaires ou même des ministres.

Telle était la situation et ceux de ma génération peuvent en témoigner !

Maintenant, la donne semble bien différente !

Je viens d’apprendre, avec stupéfaction et indignation,  qu’un professeur supposé dispenser  à la Faculté de droit de Rabat, durant ce premier semestre qui vient de s’achever, un cours sur « Les droits de l’homme au Maroc », ne s’est présenté qu’une seule fois devant ses étudiants !

« Les droits de l’homme au Maroc », matière nouvellement introduite dans le cursus de la faculté de droit, matière qui manque cruellement de bibliographie, de travaux de références, matière à laquelle les étudiants doivent être initiés avec le plus grand sérieux si l’on veut que le Maroc devienne pleinement un état de droit.

Et pourtant, ce professeur n’a pas estimé opportun d’accorder à ses étudiants  plus d’une heure de son temps en tout un  semestre !

UNE SEULE SEANCE,   durant tout un semestre !

Et durant cette séance, cet enseignant n’a pas pris la peine de distribuer (ou de  vendre) un polycopié à ses étudiant, ni de leur indiquer une bibliographie aussi succincte soit-elle ! Il les a juste invectivés au sujet de leur  niveau supposé être en dessous de ce qu’il considère acceptable.

Qu’un professeur de faculté ne se présente pas sans raison valable et sans préavis devant ses étudiants – ne serait-ce qu’une fois – est déjà une faute professionnelle et un comportement moral critiquable ! Mais que cette absence se répète durant tout un semestre, relève à mon avis, de  bien autre chose de plus grave et  condamnable à tous les points de vue !

Mais quand ce professeur, irresponsable,  se permet en plus de sanctionner la copie d’un étudiant en lui attribuant une note, quelque qu’elle soit, bonne ou mauvaise, j’estime que cela confine à l’acte de sabotage pur et simple de la noble mission d’enseigner !

D’autant que cet enseignant n’a aucune excuse, d’aucune espèce !

Les conditions de travail pour cet individu sont idéales : quelques dizaines d’étudiants tout au plus, et surtout des étudiants qui ont choisi la filière « droit en français »,  donc des étudiants motivés et curieux, des étudiants disciplinés et respectueux!

Et pourtant, ce professeur préfère les abandonner à leur sort,  après les avoir humiliés et avant de  chambouler  leur avenir soit en les sanctionnant injustement soit en  les gratifiant d’une note non méritée !

Et pourtant, ce professeur va se retrouver au milieu d’autres « experts » dans un cabinet d’avocats ou de consultants, qui lui paieront très cher ses heures de présence, volées à des étudiants !

Et pourtant, ce professeur se fera un honneur d’être membre – le plus souvent pour la forme – d’associations de défense de ceci ou de cela, ou encore de syndicats de défenses des droits des enseignants du supérieur ou de tenir tout simplement, dans les soirées mondaines,  des discours dénonçant l’incurie des gouvernants et les aléas du système !

Ce genre d’individus doivent être légion parmi le corps enseignant du supérieur public. Cela explique l’état désastreux de ce secteur !

Mais je tenais à dénoncer ce genre de pratique, en accablant précisément « ce » professeur en particulier parce qu’il a l’outrecuidance d’oser prétendre enseigner « les droits de l’homme au Maroc » !

P.S. : Pour avoir une idée plus complète sur l’enseignement du droit dan ce pays, je vous invite à visiter cet espace.

17 Comments on PROF DE DROIT? NON, BEZAF 3LIH!!

  1. moh says:

    @hmida
    je crois qu’il est temps d’appeler un chat un chat. ce genre d’individu doit etre denoncer avec nom et prenom en gros caractere. C gens makafahmoch bel ghamza, mais que veux tu notre premier ministre en l’année 2010 donne l’exemple de la bonne gouvernance nomme ces gendre, ses fils et fille, ses neuveux dans des postes clefs, meme dans les annees de plomb on a jamais vu ca . si seuleument il avait un quelque talent un premier ministre ou son neuveu qui ont du mal a formuler une phrase correct. moi je dit basta aucun respect pour les gens qui ne se respect pas lah in3al limayehchem.

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by Maroc Blogs, Citoyen Hmida. Citoyen Hmida said: chez citoyenhmida.org: UN PROF DE DROIT? NON, IL NE MERITE PAS CE TITRE! http://bit.ly/5IWSPD [...]

  3. hmida says:

    @ moh

    Avant de mettre en ligne ce billet, j’avais l’intention de lui donner comme titre “Le genre de billet que je n’aime pas écrire!”. En effet, je n’ai pas l’habitude d’écrire des billets qui dénoncent une situation très précise et qui concernent une personne en particulier!

    Mais dans le cas d’espèce, j’ai trouvé que la matière supposée être enseignée par ce professeur méritait que l’on tire la sonnette d’alarme : si un prof de droits de l’homme bafoue les droits de ses étudiants, quel sera le message que ces jeunes recevront?

    Voilà le sens de mon billet, pas de donner des noms!

    Je laisse à cet individu le soin de régler son cas avec sa conscience, pour autant qu’il en ait une!

  4. Naim says:

    Salut

    Quelque chose me dérange dans ton billet: il y a ton vindicatif et qui tend à généraliser cette situation à tout le corps professoral universitaire. Tu peux comprendre aisément mon point de vue “d’Insider”.
    D’un autre côté, il est évident que des profs comme ceux-ci ont déjà existé par le passé, existent actuellement et existeront sûrement dans le futur. Les dénoncer est un devoir, voire même un plaisir.

    A bientôt.

  5. hmida says:

    @ Naim

    Une phrase de mon billet peut être comprise ainsi, en effet! Mais le sens général reste bien évidemment centré sur le comportement de CET individu en particulier!

    Mais des profs de facs compétents et dévoués, il en existe : j’en ai rencontrés, dans la vraie vie et dans la virtualité!

  6. Salvadorali says:

    Certes il n’est pas nécessaire de donner le nom de ce prof qui se reconnaitra éventuellement. Mais comment tolérer de tels comportements ?

    Pour avoir usé quelques années mes fonds de culotte sur les bancs de l’Université, j’ai constaté tout ce qu’il y avait à constater sur la conscience professionnelle et le dévouement des professeurs d’université.

    J’ai même eu l’occasion d’intervenir directement dans une affaire de harcèlement quasi sexuel dont était victime une parente de la part de son directeur de recherches. Je pourrais évidemment livrer son nom mais quelle importance au fond, il a été puni (sévèrement…) en privé et ça suffit comme ça.

    Mais il y a beaucoup plus grave en la matière.
    Sur le blog d’Ibn Kafka, qui souffre beaucoup pour la Palestine, j’ai été amené à évoquer le fait que le Syndicat national de l’enseignement supérieur a eu trop tendance à instrumentaliser la “cause” palestinienne, au nom de la politisation “fonctionnelle” de ce syndicat, aussi foireux que les autres au Maroc.

    J’avais assisté à une assemblée du SNES dans leur siège de Rabat et j’avais été frappé par un immense drapeau palestinien tapissant tout un mur de la salle. j’en avais fait la remarque à un ami et j’avais ironisé en disant que je comprenais mieux à présent la forfaiture de la sphère universitaire au Maroc, qui a trop longtemps soulevé de faux problèmes et qui ne parvient pas à se départir de sa logique militante voire subversive.

    Après tout si nos universités ont fini par devenir un terrain ouvert aux manoeuvres des islamistes, c’est parce qu’à un moment on s’est servi d’eux pour combattre les “progressistes”.

    Quant à l’absentéisme des professeurs, il est du à mon avis au fait que l’université ne sait plus à quoi elle sert vraiment aujourd’hui, tellement elle a servi a fabriquer des chômeurs de luxe et tellement les écoles supérieures privées ont pris le relais au nom de la réalité des besoins du marché.

  7. hmida says:

    @ Salvadorali

    Je ne connais pas très bien le milieu des enseignants du supérieur – quoique j’en fréquente quelques rares du genre “sekka al qdima” – pour généraliser mes appréciations!

    Pour ce qui est de l’absentéisme des profs, il ne saurait être excusé par aucun motif et encore moins pour un motif pécuniaire : un prof est payé pour enseigner, point barre! D’autant que rien ne lui interdit de faire autre chose en parallèle : c’est un des très rares secteurs de la fonction publique qui permette le cumul des salaires, à condition de ne pas “zapper” le service public!

  8. Salvadorali says:

    Euh, je ne cherchais pas à les excuser en quoi que ce soit, j’essayais seulement de comprendre la mécanique foireuse qui a fini par ruiner l’université marocaine.

  9. Abdel says:

    hmida : “…Pour parler du cas de prof , … , je trouve que la faute essentielle revient à l’individu …: il reçoit de l’argent public sans contrepartie . Par ailleurs, le contrôle et l’évaluation des profs du supérieur n’existe pas chez nous.”

    Hmida, dans cette réponse,sans le vouloir, tu illustres toi même la responsabilité des pourvoirs publiques .
    1/ Il(le prof) reçoit de l’argent public . C’est bien l’état qui gère l’argent publique ( on dit gérer, n’est-ce pas ?). Il doit le depenser efficacement. C’est l’argent du contribuable. Ce contribuable , le plus logiquement du monde, et c’est ce qui se fait dans les pays développés, doit demander des comptes à l’état.

    2/”le contrôle et l’évaluation des profs du supérieur n’existe pas chez nous” : voici donc une circonstance aggravante qui montre que l’état ne gère pas tant que ça.

    Une dénonciation n’est efficace que si ceux qui détiennent le pouvoir d’employer ou de licencier s’en mêlent.

    Pour l’exemple, pour ton propre affaire, si tu charges quelqu’un pour faire les embauches, faire le suivi des travaux … c’est à lui que tu t’adresses naturellement si le projet prend du retard ou les attentes ne sont pas au rendez-vous.
    Et c’est une question d’efficacité aussi, si tu t’adresses directement aux employers tu risques de te faire envoyer dans tes 100 mètres. Et c’est d’autant plus probable si celui que tu as chargé de superviser ton projet n’est pas prêt de serrer les vis ou à les virer.

  10. hmida says:

    @ abdel

    Un prof de fac suivi par un “pion” pour savoir s’il est présent ou pas …Non franchement….

    Le projet d’évaluation des profs de facs a provoqué un véritable tollé même en France …..

    A ce niveau, si l’individu n’a pas de conscience, on aura beau de mettre en place tous les gardes-fous du monde, il parviendra toujours à passer au travers!

  11. moh says:

    @hmida
    J’etais contre ce qu’ecrivait Rachid nini, je trouvait qu’il tenait un language dangeureux poppuliste, il n’hesitait pas des fois a faire dans le denigrement. mais apparement mon cher Hmida ce genre de personne ne comprend pas belghamza, ils utilisent le proverb vous dites ce que vous voulez et on fait ce qu’on veut. Donc si jamais demain s’il y aura une marche par exemple contre une certaine famille( )je serais present.

  12. lixy says:

    C’est sa façon de protester contre l’absence de droit de l’homme au Maroc?

  13. hmida says:

    @ Lixy

    Je savais que tu étais parano, mais je n’ai jamais cru que tu étais borné! Mais tu viens de nous en donner la preuve par ce commentaire : c’est dommage, tu avais de bonnes dispositions pour être un militant démocrate convenable! Mais là, mon garçon, tu dépasses les bornes!
    Avec des gens comme toi et comme ce prof, le Maroc va vraiment droit dans le mur! Lamentable!

  14. Le Penseur says:

    Ce prof a du faire quelques années de droit, et tout le reste de travers.

  15. hmida says:

    @ Le penseur

    Je dirais plutôt qu’il a fait peut-être sa première année de droit et surement tout le reste de travers, en effet!

  16. pinkie says:

    Effectivement, moi j’ai été une victime. les examens approchaient et on n’avait aucune idée de ce qu’on devait réviser étant donné qu’on n’avait ni support ni polycope ni rien!
    En plus de cela, la prof ne nous a donné qu’un cours durant tout le semestre. après on ne l’a plus revue. Elle nous a abandonné alors que nous étions dans une situation plutôt critique!
    Elle ose clamer haut et fort que c’est une prof de droit! pff ouii à d’autres!!

  17. hmida says:

    @ pinkie

    J’espère pour toi que tu as pu te débrouiller de façon à pouvoir réunir une documentation intéressante et exploitable!

    En tout cas, je te conseille de ne pas tenir compte de la note de ce genre de prof surtout si elle est bonne : travaille ta matière à ta façon, documente-toi! Internet est là pour çà!

    Courage et bonne chance pour tes études!