UN ROMAN FÉMINISTE QUI NE DIT PAS SON NOM …

Khadija MENEBHI n’est pas une inconnue dans la sphère publique marocaine : acteure de la société civile, chercheuse, professeur, doublement compétente en des matières aussi diverses que la philosophie et les mathématiques, elle vient de signer son premier roman : “LES DÉDALES DE LA MÉDINA” paru en mars 2017 aux éditions AKHIR-SAA.

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Après ses deux premières parutions, (MORCEAUX CHOISIS DU LIVRE DE L’OPPRESSION EN 2003 et RECIT DE FEMMES EN 2013), qui sont avant tout des témoignages, Khadija MENEBHI s’essaie à la fiction mais sans s’éloigner de ce qu’elle sait faire le mieux : témoigner, dénoncer et militer.

L’héroïne – ou plutôt les héroïnes – de son roman sont des femmes de caractère, fortes : Lla Fatna véritable chef de famille, ses filles auxquelles elle a transmis les genes de sa force, ses futures brus victimes de la vie mais pas victimes immolées sans défense, Mahjouba, la marieuse, celle qui tire les ficelles de la vie sociale d’une partie de la médina. Les autres femmes du derb, pour analphabètes qu’elles soient, ne manquaient pas de culture, parfois musicale souvent religieuse. Le récit a pour cadre la médina de Marrakech dans la période qui a suivi immédiatement l’indépendance.

Les hommes traversent le récit comme des ombres, “qu’on ne voyait pas”, à l’instar du mari de Lla Fatna, “totalement sous sa coupe” ou de ses fils qui ne contestaient jamais les décisions de leur mère.

Khadija MENEBHI nous présente donc – même si c’est à travers des clichés éculés et de lieux communs mille fois repris dans la littérature francophone marocaine – un roman qui se veut engagé, le roman d’une femme qui a pris en main son destin et celui de sa famille

Cette oeuvre se lit avec intérêt et un certain plaisir jusqu’à la page 97 où une regrettable et malencontreuse erreur technique nous prive de la lecture de 16 pages (pp. 98-99, 102-103, 106-17, 110-111, 114-115, 117-119, 122-123 et 126-127). Seize pages sur 142, cela rend toute lecture de la suite absolument incompréhensible.

Faut-il le regretter ? Certainement, car un livre est un objet sacré, comme toute création intllectuelle et il ne doit pas être mutilé!

Ces seize pages manquantes auraient-elles rendu meilleure l’oeuvre de Khadija MNEBHI ? Je ne peux en juger et c’est dommage.

Ce genre d’incident porte préjudice à l’auteure et à son effort; il montre les carences du monde de l’édition et ne contribue pas la promotion de la lecture dans notre pays.