UNE FEMME…UNE GUERRE …DES AVENTURES !

En général, quand mes filles me recommandent un livre, je sais que je ne serais pas déçu. Effectivement, chaque fois c’est une découverte, soit d’un auteur, soit d’un style, soit d’un genre.

Mon aînée m’a initié à la littérature contemporaine suédoise, avec l’incontournable “MILLÉNIUM” de Stieg Larsson et l’étonnant Jonas JONASSON et “Le vieux qui ne voulait pas feter son anniversaire” et ma cadette m’a guidé parmi les fourmis chères Bernard WERBER.

Imaginez-vous mon intérêt lorsque mon aînée m’a proposé de lire “L’ESPIONNE DE TANGER” de l’espagnole Maria DUENAS paru, dans sa traduction française, en mai 2012 chez les éditions Robert Laffont.

l espionne

Le roman, dans sa version originale sous le titre “El tiempo entre costuras” avait connu un énorme succès; il a été traduit en 25 langues et a été adapté en mini-série pour la chaîne de télévision Antena 3 en 2013.

Alors quid de cette espionne de Tanger?

Je ne cache pas le sentiment mitigé qui m’a guidé lors de la lecture de 600 pages de ce roman d’aventure, car il s’agit bien d’un roman d’aventure, qui se déroule dans l’Espagne pendant les années qui ont précédé et suivi la Guerre civile.

Dans ce cadre historique dramatique se déroule une aventure humaine, mitonnée d’un peu d’espionnage, saupoudrée de beaucoup d’exotisme, émaillée d’une dose d’action, avec beaucoup de glamour, et pour faire bonne mesure enrobé d’une légère couche de bons sentiments et d’un peu de morale politique où les gentils sont les anglais et les méchants les allemands nazis et leurs sbires espagnols franquestes.

J’ai eu beaucoup de peine à entrer dans le roman : peut-être que la traduction en français n’a pas facilité cette prise de contact immédiate avec les personnages et l’ambiance générale.

Ensuite, le coté “exotique” du Maroc sous protectorat espagnol et de Tanger, ville internationle, ne m’a pas du tout intéressé tant l’aueure ne s’est donné la peine de prendre de la distance avec des clichés et les lieux communs concernant le sujet.

Mais finalement, la trame du roman a fini par me prendre et c’est avec un grand plaisir que j’ai suivi les tribulations de cette jeune madrilène, petite main dans un atelier de couture devenue grande couturière, introduite dans les milieux huppés de Tétouan, capitale du Maroc dit “espagnol”, puis de Madrid de l’après guerre civile et transformée en espionne au service des britanniques.

Le récit mené tambour battant est truffé de rebondissements mais reste très crédible, tant les personnages sont bien brossés et les situations bien construites.

L’ESPIONNE DE TANGER est finalement une bonne lecture pour ces longues nuits d’hiver ou pour vos prochaines vacances au bord de la mer.

Ce n’est pas un chef-d’oeuvre mais du travail d’artisan réussi, d’autant qu’il s’agit d’un premier roman.