Une jeune institutrice raconte son enfer, ses espoirs, sa vie quoi …

Un titre fort sympathique “LES ATTACHANTS” …Une écrivaine que je ne connais pas : Rachel COREMBLIT…Un éditeur plutôt discret “Les Editions du Rouergue” Mais un sujet qui me passionne : l’enseignement, la vie des enseignants, leurs problèmes! Et c’est normal : je partage la vie d’une enseignante depuis plus de quatre décennies.

les attachants

J’ai donc tout de suite été intéressé par cette nouveauté de la rentrée littéraire 2017, dont je doute fort qu’elle intéresse les jurys des grands prix! Mais peu importe : le roman est une petite merveille.

Dans ce livre, Rachel Coremblit – enseignante dans le primaire puis formatrice – fait appel à sa mémoire pour nous raconter le quotidien d’une jeune institutrice dans un quartier périphérique de Toulouse, ville où les difficultés de la vie normle se conjuguent à celles nées de la diversité et de la crise.

Le témoignage de l’auteur est authentique et parfaitement rendu : elle ne peut pas avoir inventé tous les petits élèves

Le petit Rémy, le transparent Michel, les gros bagarreurs comme Allan ou Abdel, la coquette Karima, le malfrat en puissance Emir, Yaël le gamin de dix ans qui s’oublie et se salit encore en pleine classe, tous ces gosses et les autres ont dû exister dans la vie réelle de Rachel et Emma l’héroïne du livre les évoque avec amour, tendresse, nostalgie et pourquoi pas une certaine appréhension parfois :

“Emma les a regardés, ses élèves, ses enfants, sa troupe, ses mômes, ses monstres, ses pourritures,ses petits loups, ses horreurs, ses gamins, ses grands morveux, ses mignons. ses attachants, ses chiants. Ses attachiants. Sa classe”.

Quelques moments forts de ce livre sont à retenir. Ainsi, le calvaire de la nouvelle institutrice obligée d’assurer son horaire au gré des remplacements qu’elle effectue relève du cauchemar:

Le lundi, la première école se trouvait sur les coteaux ; petites sections ; des minus qui se mouchaient sur ses jambes du mois de septembre – premiers rhumes – au mois de juin – allergies… le mardi, grand écart. Une classe unique dans un petit village que même le GPS ne semblait pas connaître. Le jeudi, c’était juste l’horreur, un CP dans la banlieue nord

Mais parfois la tendresse l’emporte, souvent le doute, la colère en quelques occasions. Bref la vie d’une institutrice dans toute sa vérité!

Un témoignage authentique poignant de crudité et de sincérité, sans complaisance mais sans surenchère, d’une justesse à vous glacer le sang parfois.

En fait, un hommage aux enseignants qui ont choisi ce métier.

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