Ou les élucubrations d’un automobiliste à Rabat
J’avais une réunion à Rabat et j’ai décidé de faire le trajet Casablanca-Rabat en voiture. Ce fut la bêtise à ne pas commettre!
J’ai roulé tranquillement, ne dépassant jamais les 115 km/h. Mon véhicule étant équipé d’un petit signal sonore se déclanchant automatiquement dès que cette vitesse est atteinte, je suis donc ramené à la raison à la moindre incartade. Une fois sorti de l’autorute, je levais le pied de l’accèlérateur, connaissant bien la tendance des policiers de Rabat à pièger les automobilistes.
Mais, je fus quand même intercepté par une patrouile de police, supposée veiller sur le respect de la vistesse en ville.
Il parait que je roulais à 82 km/h au lieu des 80 autorisés sur ce tronçon. Nous étions plusieurs voitures ainsi “piégées” pour excès de vitesse sur un tronçon où les accidents sont extrêment rares, où le danger de rouler relativement vite est pratiquement nul et où le ralentissement progressif s’opère de lui-même du fait de la densité de la circulation. Mais, les policiers, en cette torride matinée du mardi, ont été intransigeants et ne m’ont lâché que contre l’établissement d’un PV et le paiement de quatre cents dirhams.
Comme ces messieurs avaient pris tout leur temps pour dresser leur constast, j’ai pris du retard et j’ai eu un mal fou à trouver où stationner. Finalement, j’ai déniché un créneau dans une petite rue et je suis arrivé à ma réunion de travail avec un bon quart de retard. Mes execuses m’ont valu un ironique : “saydouk 7tane ta!” (ils t’ont eu toi aussi).
Une fois la réusion terminée, j’ai tenté vaiement de retrouver ma voiture! Disparue! Avant que je commence à vraiment m’inquiéter, un gardien de voiture me signale que la police l’avait embarquée pour la fourirère. Il parait que j’étais garé en “stationnement interdit”! Bizarre, le long du troittoir des dizaines d’autres véhicules semblaient parfaitement à l’aise.
Je ne vous raconterais pas la galère que j’ai traversée pour récupéer mon véhicule, je suis sûr que chacun d’entre vous a déjà connu cet enfer. Mais celui de Rabat est spécial : les taxis, les frais de remorquage, la contravention, le temps perdu à courir d’un arrondissement à l’autre, d’une compagnie de remorquage à l’autre, les attentes, la morgue des agents de police qui n’arrivent pas à se retrouver dans leurs petits bouts de papier…..Bref, plus de 4 heures perdues bétement sans compter un nombre conséquent de billets de 100 dirhams.
Ayant récupéré mon véhicule, qui par miracle n’a subi aucun dommage, j’avais hâte de quitter cette ville écrasée de chaleur et d’humidité. Je n’avais rien mangé depuis mon de petit-déjeuner casablancais, j’étais épuisé.
Au rond-point de Kamra, à la sortie de Rabat, le bouchon était inextricable : sortie des bureaux, ruée vers la route côtière, valse des autocars, farondole des autobus et surtout une ribambelle de “chmakrya” plus agressifs les uns que les autres. La chaleur aidant, leur agressivité se faisait plus menaçante devant les vitées revelées des voitures….J’ai dû mobiliser tout mon sang-froid (exercicie difficle par cette chaleur, même si mon véhicule est climatisé), pour ne pas sortir et éloigner les trois jeunes de la rue qui voulaient absolument recevoir leur obole.
Dix minutes après, enfin libéré de ce traquenard citadin, j’ai respiré un bon coup, accèléré et je me suis retrouvé nez-à-nez avec une patrouille de police chargée au respect de la limitation de vitesse imposée.
Je n’avais pas envie de parler, de réfléchir à la bétise de la situation. Sans un mot, j’ai tendu au policier le dernier billet de 100 dirhmans que j’avais en poche et je suis reparti vers Casablanca sur le chapeau des roues……
