Hafid FASSI FIHRI (Editions Eddif – 2004)
Dans un élan de patriotisme littéraire, je continue ma quête de premiers romans écrits par de jeunes compatriotes, en limitant je l’avoue mes recherches aux auteurs francophones. Je tombe sur “Une saison de tourmente”. C’est l’histoire d’une fugue selon la présentation de l’éditeur.
Heureusement, l’auteur a eu l’honnêteté de nous adresser un avertissement, à la page 11 quand même, mais il l’a fait :
“Cette histoire a été écrite comme on avale, d’un seul trait, un brûlant verre de thé”.
En bon marocain, j’aime boire le thé et le savourer. Je n’ai pas souvenir que le thé se boive d’un seul trait, surtout quand il est brûlant.
En tous cas, la lecture de ce “romanticule” se heurte dès les premières pages à des fautes de langue impardonnables, qui sont pires que les brûlures du thé le plus brûlant:
Page 14 : “Tes yeux ont vu tellement de choses…Et pourtant, ELLES n’ont pas changé”. Je crois qu’on dit “un œil” – “des yeux”, le genre ne variant pas.
Page 15 : “Tes oreilles en ont entendu de toutes les couleurs”. Je veux bien que Rimbaud associe chaque voyelle à une couleur, mais c’était Rimbaud. cela me rappelle bien plus le quidam qui devant un tableau s’extasie : “Ce tableau est inouï”!
Quelques lignes plus loin :
“Une infime et minuscule ENTITE de bonté.” L’auteur voulait – je suppose – faire allusion à l’idée de “quantité”.
N’aimant pas le thé brûlant et encore moins les auteurs qui ne se donnent pas la peine de se relire ou de faire relire leur prose par quelqu’un de compétent, j’ai quand même pris la peine de feuilleter consciensement les 173 pages de ce roman….
Je ne suis pas arrivé à me faire une idée précise de ce que l’auteur voulait nous faire partager.
